‹ Œuvres complètes de CondillacChapitre 73 sur 131 · VI. a · texte numérisé non relu

VI. a

pouvoir faire une proposition. L'affirmation est en quelque sorte moins dans votre esprit que dans les mots qui prononcent les rapports que vous apercevez.

touies^reT^."- Comme les mots développent successivement ,

tics d'un raison , . . . i i • i ,

renieni, quoi- (Jaus uuc Dropositiou, uu lucemeut dont les idées

aue simultanées * •■ ' j o

i\eb'p"fniVur- s^"* simultanées dans l'esprit, ils développent,

<-essiveinenlp<<r i •, i •,• .

le moyen àvs clans uuc suitc dc propositions, un raisonnement

s igue!> artificiels.

dont les parties sont également simultanées; et vous découvrez en vous une suite d'idées et d'opérations que vous n'auriez pas démêlées sans leur secours, a iTààTvZ Puisqu'il n'y a point d'homme qui n'ait été sans

puissance de de- t» l • .«r» • 1 •! î • \

mêler ce qui se 1 usafije cles siOTcs artifaciels , il n en est point a

passe dans son O c> V

esprit. q^j j^g idées et les opérations d/e son esprit ne se

soient offertes , pendant un temps , tout- à-fait confondues avec la sensation ; et tous ont commencé par être dans l'impuissance de démêler ce qui se passait dans leur pensée. Ils ne faisaient qu'apercevoir ; et leur perception , où tout se confondait, leur tenait lieu de jugement et de raisonnement; elles en étaient l'équivalent. Vous concevez combien il était difficile de débrouiller ce chaos. Vous avez néanmoins surmonté cette difficulté, et vous devez juger que vous en pouvez surmonter d'autres.

Tout animal Dès Quc nous iic Douvous apercevoir séparé-

qui a des sen- 1 11!

ruUe°d'apèîJe- mcut ct distinctcment les opérations de notre âme

voir des rap- ^

ports. que (lans les noms que nous leur avons donnes,

c'est une conséquence que nous ne sachions pas observer de pareilles opérations dans les animaux, qui n'ont pas l'usage de nos signes artificiels. Ne pouvant pas les démêler en eux, nous les leur refusons ; et nous disons qu'il ne jugent pas , parce qu'ils ne prononcent pas comme nous des jugemens.

Vous éviterez cette erreur, si vous considérez que la sensation enveloppe toutes les idées et toutes les opérations dont nous sommes capables. Si ces idées et ces opérations n'étaient pas en nous , les signes artificiels ne nous apprendraient pas à les distinguer. Il les suppose donc; et tout animal qui a des sensations , a la faculté de juger, c'est-à-dire d'apercevoir des rapports.

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