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tion. S'ils ont été obligés d'imaginer les mots que vous avez trouvés faits , ils ont suivi , en les choisissant, la même méthode que vous avez suivie vous-même en les a}3prenant.
Mais, comme vous, ils l'ont suivie k leur insu. Si on avait pu la leur faire remarquer de bonne heure, les langues auraient fait des progrès rapides, comme votre français en fera. La lenteur des progrès ne prouve donc pas qu'elles se sont formées sans méthode; elle prouve seulement que la méthode s'est perfectionnée lentement. Mais enfin cette méthode a donné peu à peu les règles du langage; et le système des langues s'est achevé, lorsqu'on a été capable de remarquer ces règles. Cette méthode Qp la pcusée , considéréc en général, est la
a des règles com- * O ^
rcTrangut/eTdes mémc dau^ tous les hommes. Dans tous, elle vient [ieU'àchlcuw. également de la sensation; dans tous, elle se compose et se décompose de la même manière.
Les besoins qui les engagent à faire l'analise de la pensée sont encore communs à tous; et ils emploient tous à cette analise des moyens semblables, parce qu'ils sont tous conformés de la même manière. La méthode qu'ils suivent est donc assujettie aux mêmes règles dans toutes les langues.
Mais cette méthode se sert, dans différentes langues, de signes différens. Pins ou monis grossière, plus ou moins perfectionnée, elle rend les langues plus ou moins capables de clarté, de
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précision et d'énergie ; et chaque langue a des règles qui lui sont propres.
On appelle s^rammaire la science qui enseigne objet de la
l \ ^ i c grammaire.
les principes et les règles de cette méthode analitique. Si elle enseigne les règles que cette méthode prescrit à toutes les langues, on la nomme grammaire générale ; et on la nomme grammaire particulière^ lorsqu'elle enseigne les règles que cette méthode suit dans telle ou telle langue.
Etudier la grammaire , c'est donc étudier les méthodes que les hommes on suivies daiis l'analise de la pensée.
Cette entreprise n'est pas aussi difficile qu'elle peut vous le paraître : elle se horne à observer ce que nous faisons quand nous parlons; car le système du langage est dans chaque homme qui sait parler. D'ailleurs un discours n'est qu'un jugement ou une suite de jugemens : par conséquent, si nous découvrons comment une langue analise un petit nombre de jugemens, nous connaîtrons la méthode qu'elle suit dans l'analise de toutes nos pensées. C'est ce que nous allons rechercher dans les chapitres suivans. JNous commencerons par observer les analises qui se font avec le langage d'action.
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