VI
Les auîrcs rapports se marquent par des préposilit>us.
45o GRAMMAIRE.
OÙ fit-il voir la raison? Sur la scène : rapport au lieu , marqué par une préposition , sur.
Quand fit-il voir la raison? Dans cette enfance,
dans ce chaos rapport au temps, marqué par
une préposition , dans.
Qu'avait-il fait auparavant? Apres avoir cherché
le. bon chemin, et rapport de l'action du verbe
à une autre action qui l'a précédé, marqué par une préposition, après.
Comment Corneille était-il alors ? inspiré d'un génie extraordinaire, et aidé de la lecture des anciens : rapport du verbe à l'état du sujet, et ce rapport est marqué par des adjectifs qui modifient Corneille.
Ces accessoires appartiennent au nom, et se rapportent en même temps à l'attribut que le verbe exprime. Car il ne suffit pas, Monseigneur, de donner au sujet d'une proposition , des modifications qui lui conviennent : il y a, parmi ces modifications mêmes, un choix à faire, et il faut donner la préférence à celles qui ont le plus grand rapport avec l'action. Tout autre accessoire serait faux, louche ou du moins inutile. C'est ce dont nous traiterons plus particulièrement dans l'art d'écrire.
Comment Corneille a-t-il fait voir la raison? en accordant heureusement la vraisemblance et le merveilleux : rapport au moyen ou à la manière, marqué par une préposition , en ; préposition qu'on peut supprimer, parce qu'elle se supplée.
Pourquoi a-t-il fait voir la raison? Pour acquérir de la gloire : rapport au motif ou à la fin , marqué par une préposition,/>oi/A
Enfin, par qui la raison a- 1- elle été montrée? Par Corneille : rapport à la cause marquée par une préposition jjyar. En général , autant on peut faire de questions sur un verbe, autant il peut avoir d'accessoires différens; et si on excepte l'objet, dont le rapport est toujours marqué par la place seule , celui des autres accessoires est toujours indiqué par une préposition énoncée ou sous-entendue. Vous pourrez encore remarquer que ces exemples confirment ce que nous avons dit, que les prépositions sont, par leur nature, destinées à indiquer le second terme d'un rapport.
Je viens de dire que les prépositions sont énon- son^fréq»»-'"''* *
, , ..p , <Jans toutes les
cees ou sous-entendues : c est qu en enet on les langues. omet souvent, et ces omissions sont fréquentes dans toutes les langues. Quelquefois même nous omettons le verbe, qu'on regarde, avec raison, comme le principal mot du discours, et sans lequel il semble que nous ne puissions pas prononcer un jugement. Je vous ai fait remarquer "plusieurs de ces ellipses dans le passage de Racine. Si j'y ai suppléé pour vous rendre raison de la phrase, vous sentez que celui qui lit n'a rien à suppléer; car vous voyez que les idées qui sont exprimées enveloppent celles qui ne le sont pas. En effet, quand nous décomposons notre pensée,
c'est en quelque sorte malgré nous , et parce que nous y sommes forcés. Nous voudrions, s'jl était possible , la présenter tout à la fois ; et en conséquence nous omettons tous les mots qu'il est inutile de prononcer. Ce tour plaît par sa précision à celui qui lit, parce qu'il lui présente plusieurs idées comme elles sont naturellement dans l'esprit, c'est-à-dire toutes ensemble. Detousicsnr- Eu résumaut ce que nous avons dit dans ce
cessoiresflii vpr- J.
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substantif tm, uu verDc Dcut être susceptible, sont lobiet, le
les autres appai- A 1 -' J
prSèmné'nt tcrmc , Ics circonstauccs de temps, celles de lieu,
aux adicrlils . n i 1
tiont on a tait nuc actiou quc suppose celle que le verbe ex-
tles verbes. X 1 1 A
prime, le moyen ou la manière, la cause, la fin ou le motif. Parmi ces accessoires , les uns appartiennent proprement au verbe être : telles sont les circonstances de temps et de lieu; les autres appartiennent plus particulièrement aux verbes adjectifs, ou plutôt aux adjectifs dont on a fait des verbes. Un exemple suffira pour vous rendre la chose sensible. Il aimait dans ce temps-la V étude avec passion. Substituez au verbe aimait les élé- • mens dont il est l'équivalent : vous aurez, il était
dans ce temps-ïa aimant a^^ec passion V étude. Or, dans cette phrase , il est évident que dans ce temps'la modifie était, et c\\\avec passion est un accessoire de l'adjectif aimant.
Le disronrs Nous avous VU Ic discours se décomposer en
réduit a ses vrais 1
différentes parties. Nous y avons découvert des
propositions principales , subordonnées , incidentes, simples, composées. Nous avons trouvé dans ces propositions des noms substantifs, des adjectifs, des prépositions et des verbes. Nous avons observé les différens accessoires dont le sujet, le verbe et l'attribut peuvent être modifiés; et nous avons remarqué tous 1^ signes dont on se sert pour exprimer toute espèce d'idées et toute espèce de rapports. Voilà donc le discours réduit à ses vrais élémens, et nous en avons achevé l'analise.
Mais , Monseigneur , vous avez vu que les hommes , pour abréger , ont imaginé des verbes adjectifs. Or ces verbes, qu'on prend pour des élémens, n'en sont pas. Ce sont des expressions composées, équivalentes à plusieurs élémens. Il y a encore d'autres expressions de cette espèce. Nous en allons traiter dans le chapitre suivant.