CHAPITRE PREMIER
Des noms substantifs.
Les qualités que nous démêlons dans les objets , ^,^ *t"'
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paraissent se réunir hors de nous sur chacun d'eux ; et nous ne pouvons en apercevoir quelques-unes, qu'aussitôt nous ne soyons portés à imaginer quelque chose qui est dessous, et qui leur sert de soutien; en conséquence, nous donnons à ce quelque chose le nom de substance^ de stare sub , être dessous.
Quand on a voulu pénétrer plus avant dans la nature de ce qu'on appelle substance, on n'a saisi
on en-
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que (les fantômes. Nous nous bornerons à la signification du mot, persuadés que cedx qui ont nommé la substance n'ont prétendu désigner qu'un soutien des qualités ; soutien qu ils auraient nommé autrement, s'ils avaient pu l'apercevoir en lui-même tel qu'il est. Les philosophes qui sont venus ensuite ont cru voir ce quelque chose que nous nous représentons; et ils n'ont rien vu. vîeni'^de'S^ Dc substaïice on a fait substantifs pour désigner ""^^ en général tout nom de substance.
propremen' des Nous uc vojous que dcs iudividus. Si leur qua-
noms de subs- i • . /^ • . ^ . • i
tance. litcs vicnncut a notre connaissance par les sens ,
nous nommons ces individus substances corporelles ou corps; et nous les nommons substances spirituelles ou esprits j si leurs qualités , de nature à ne pouvoir faire impression sur les organes, ne sont connues que par la réflexion. Corps et esprits sont donc des noms substantifs, parce qu'ils signifient des substances.
oxîènsion ' 5« ^^^^ comme les qualités qui modifient les inroms c qua- (jj^^^j^g corporcls OU spirituels sont elles-mêmes susceptibles de différentes modifications, notre esprit , qui les saisit sous ce point de vue , les voit exister sous d'autres qualités qui les modifient; et aussitôt il met leurs noms dans la classe des substantifs , parce qu'il y a mis ceux des substances. C'est de la sorte que nous étendons la signification des mots. Être dessous est ici l'idée commune sur\laquelle nous fondons toute l'ana-
GRAMMAIRE. [fil
logie; et, d'après cette idée, le mot vertu, par exemple, est regardé comme un nom substantif.
Voilà donc deux sortes de substantifs. Les uns j^^XtaS! sont des noms de substance, auxquels cette dénomination appartient proprement : tels sont maison^ arbre ^ cheval. Les autres sont des noms de qualités, auxquels cette dénomination n'appartient que par extension : tels sont sagesse, probité, courage; ceux-ci se nomment absttnùs , parce que ces qualités existent dans notre esprit, comme séparées de tout objet.
Si nous n'avions pour substantifs que des .,^«« suistan-