‹ Œuvres completes de Condillac, Volume 2Chapitre 10 sur 57 · II · texte numérisé non relu

II

« dront le» ncikms qU^il est bon A'sAU^mc à eès ni moXB entendement el wlonté^ plti^ distinctes ët (c même plus' familièrôs. »

/amikèrés^ ùè\a ^ 't^Pti t plud dùtinêtês^ la suite fem Voir que Mallebrânche se trompe. Aini^i il a manqfaéle^ointlephis essentiel. La philosophie n'a que trop de notions qui ne sont que fanriliàros ; car il ést difficile d'aedoutumer àdes idées exactes , dés hommes qui ont contracté ThabU^dt de lie servir des mots^ sans se mettre en peine d'en déterminer le sens autrement que par quelques comparaisons assez disparates. Aussi les préjligés ne prennent'-ils nulle part dtà plus pit>foildes racines que dans ki téte d'un philosophe^

4 II £imdra seulement pretidre garde que ces (c rapp^s de l'esprit et de la matière ne sont pàs « entièrement justes et qu'ôn ne compare en- « semble ces deux dioses que pour Rendre l'écrit « plus attentif et faire comme sentir aux auts^es « ce que l'on veut dire» »

Quoi ! au moment que Mallebrahebe &it attention que ces idées ne sont pas assez nettes ni assez distinctes et qu^t se propose de les rendre exactes, il emploie un moyen qui, de son aveu^ aq lieu dev donner des notions justes de ce qu'il veut dite> le feUa seulement comme sentir! Les comparaisons ne donnent point d'idées des choses , elles ne sont propres qu'à nous familiariser avec celles que nous avonsi

Mak iV est aasM orditiaîre def prcfudrtl pour des QolidQs exactes^ des hotioils qui ne $ont que femilièresi MallbbFancbe s'y est laissé tromper iHi^méme.: Il pi*dmet à la Vérité des idées nett^ ét distinetés^ et cependant il ne tâche qu'à nau^ rendre famittèrés les idées Vagues qu'il se fait de Tentendement et de là yolonté. A peine aura-t41 ^HÎ sa compak'aisan de l'esprit av^ la matière, qu'il croira avoir tenu tout ce qu'il a promis; et on le retra se berrir des mots de volonté et d'entendement arec là même sécurité que s'il avait parfaitement démêlé tout ce qui concerne la ttature de ces facultés. On voit que le défaut de ce philosophe est celui qtie je reproche en général i touâ ûmiL qui font des systèines abstraits. Il veut se £lire l'idée d'une autre dont la nature est toute dltSérèiïie. G'ëst-là un dès moyens qui comme |e Tai dit 'y eonttibue à la fécondité de cjes sortes de , ^systèmes*

« La matière ou l'étendue renferme en elle « deux propriétés ou deux facultés. La première

faculté est ëelle de recevoir différentes figures, « et la seconde est la capâoité d'être mue* De i< même l'esprit de l'homme feiiferme deux fait diltéô : la première, qui est rentcndement, est « celle de recevoit* plusieurs idées < c'est - à -» dire, « d'apercevoir plusieurs choses : la seconde, qui

' Ghâp. Il,

« est la volonté, est celle de recevoir plusieurs in- « clinations, ou de vouloir différentes choses t>.

Ce début offre^t-il donc des idées si nettes et si distinctes? Peut-on bien se rendre raison de ce qu'on voit, quand on se représente la faculté qu'a râme de recevoir différentes idées et différentes inclinations , par la propriété qu'a la matière de recevoir différentes figures et dififérens moiivemens ? Mais la suite me paraît encore plus inintelligible. Mallebranche va d'abord expliquer les rapports qu'il trouve entre la faculté de recevoir différentes idées', et la faculté de recevoir différentes figures.

«t L'étendue est capable de recevoir deux « sortes de figures. Les unes sont seulement extéflc rieures, comme la rondeur à un morceau de « cire : les autres sont intérieures , et ce. sont celles (c qui sont propres à toutes lés petites parties dont <c la cire est composée ; car il est indubitable que a les petites parties qui composent un morceau de a cire , ont des figures fort différentes de celles qui « composent un morceau de fer. J'appelle donc <c simplement figure celle qui est extérieure, et a j'appelle configuration la figure qui est inté- « rieure, et qui est nécessaire à toutes les para ties dont la cire est composée, afin qu'elle soit « ce qu*elle est ».

« On peut dire de même que les perceptions « que l'âme a des idées , soût de deux sortes. Les

DESr STâTÈMES. 85

« premières, que l'on appelle perceptions pures, <c sont, pour ainsi dire, superficielles à l'âme; « elles ne la pénètrent et ne la modifient pas « sensiblement. Les secondes, qu'on appelle sen- « sibles, la pénètrent plus ou moins vivement. « Telles sont le^ plaisir et la douleur, la lumière a et les couleurs, les saveurs, les odeurs, etc. « Car on fera voir dans la suite, que les sensa- « tioos ne sont rien autre chose que des manières a d'être de l'esprit ; et c'est pour cela que je les a appellerai des modifications de l'esprit }>.

Dans les premières éditions de la Recberchei de la vérité, le rapport des idées aux figures est exprimé d'une autre manière. Après avoir distingué de deux sortes de figures, dont l'une est intérieure, et appartient à toutes les petites par^ ties dont un corps ; est composé, et l'autre est extérieure, on y remarque que les idées de l'âme , sont de deux sortes. Les premières représentent quelque chose hors de nous, comme un quarré,^ une maison, etc. Les secondes représentent ce qui se passe en nous, comme nos sensations, la douleur, le plaisir

Sans doute Mallebranche sentit dans la suite quelque inquiétude, et craignit 4^ n'avoir pas donné des idées assez exactes. En effet, quel rap-

* C'est ainsi qn'il s'exprime encore dans la qnadrièine édîHoa. >

port y a-t41 cotre 1$ figtere eKtërieiipe d'un cepps et idée qui repré^nte ce qui est hors de noiis ; entre les figures intérieures, propres aux petites parties d^uii corpi , et les idées qui se passent eu nous-mêmes ? Il a donc pru mieux marquer ce rapport, en considérant les Wées comme étant, péur alttsi dire, superficielles à l'âme ; et les seii* sations , commie la pénétrant phis viveme^. Mais en vérité qu^est^e que les idées et les sensations, (fuând ot| les imagine de la sorte !

Mallebranche s'efforce de mettre entre les idées et les sensations plus 4© différence qu'il n'y en a. ïl n'a garde de peUsJer que les idées soient des modifications de l'âme ; odmme si les mêmes sensations qui modifient l'esprit^ ne ^ffisaient pas. pour représenter jes choses qui soiaiC hors de nous. L'entêtement des cartésiens à ee sujet, vient de leur ignorance $ur l'origine des idées, et on ne saurait croire combien ils ont contiîbué à embrouiller toute la métaphysique.

« La première et la principale -dès convenances « qui se trouvent entre la faculté qu'a la inatièrp « de recevoir différentes figures et difiBérentesconcc figurations , et celle qu'a Ykme de recevoii* dif- « (érmteê idées et différentes modifications, c'es^t a qûe dp même que la faculté de recevoir dife- « férentes figures et différentes configurations «dans le corps, est entièrement passive et ne «r renferme aucune action; ainsi la faculté de rc-

DES rrSTÉMES. 87

^ oevoir dUS^entea idé^ et différentes qiodifica- «c l;îons dans l'iesprit, est entiéTeiiient passive et <c nf renferaoïe auome action; et fappette cette Kf fecttlté ou oette oftpacité qa^a Vkmt de i^oevoir « Ijoutes ces dbiosés, eniendement ».

L'esfxrit ne forme donc par iui«tûèsie -aociines idées, elles viennent à lui toutes fettes^. Ypità les conséquences qu^on adopte, quand on «16 raisonne que d'après des comparaisons; mais quand <m voudra consulter ifexpérience, oô^erra que ^entendement n'est passif qne par rapport ant: idées qui viennent immédiatetnent des sens , let que les aatres sont tontès son oiivragc. C'est ce que je croisr avoir proqvé ailleurs K »

ce L'autare convenance en^ la ]£aCfilté passive « de râine et eelk de lanfatière, o?^ stqipe^ ccmnne €( la matière n'est point véritablement dumgée « par le changement €|ui arrive à sa figure .. . — , 4( e^inst . l'esprit ne reçoit pQinft de ! changement a considérable par la diversité des idées^^ qn'U

' 0e€ft sans doute parce qu% ne change que dans H3a fiuperfiôe. Mais serait-^ee à idire quei'eisprit db Mallebranche , aprèe s'é|re instruit de tout ce qu'il a mis dans la red^rche de la vérké, ^étMt à pep pm^le œéine qii'mipara^ànt?

« De plus y comme l'on peut dire que la matière « reçoit des changemens considérables , lorsque ce la cire perd la configuration propre à ses parce ties pour recevoir celle qui est propre au feu « et à la fumée . . . . , ainsi l'on peut dk^e que a l'âme reçoit des changemens fort considérables, ce lorsqu'elle change ses modifications, et qu'elle « souffi'e de la douleur après avoir, senti du « plaisir ». ..

L'âme change autant par le passage d'une ignorance parfaite à une véritable science, que par celui du .plaisir à la douleur, i .

^ Il faut conclure que les perceptions pures sont « à l'âme , à peu près œ que les figures sont à la « matière; et que les configurations sont à la ma- « tière, à peu près ce que les sensations sont à « l'âme ».

Il ajoute dans les dernières éditions :

« Mais il ne faut pas s'imaginer que la compact raison soit exacte ». *

Il est assez singulier qu'après avoir blâmé les autres, de n'avoir pas donné de l'entendement une notion asse2 nette et assez distincte, il n'entreprenne d'y s'uppléer que par une comparaison qu'il avertit bien de ne pas prendre pour exacte. Il n'appartient qu'à l'imagination de se représenter les idées par les figures, et les sensations par les configuratioqs. Si on veut concevoir net* tement les choses, chacun sent que cette méthode

n'en fournit pas les moyens. Cependant Mallebrancke ne voit rien à ajouter à ce qu'il a dit, et il passe à la seconde faculté de l'âme, pour la comparer avec la seconde faculté de la matière.

« De même que l'auteur de la nature est la tf cause universelle de tous les mouvemens qui a se trouvent dans la matière, c'est aussi lui qui « est la cause générale de toutes les inclinations a naturelles qui se trouvent dans les esprits : et, « de même que* tous les mouvemens se font en « ligne droite, s'ils ne trouvent quelques causes « étrangères et particulières qui les déterminent, « et qui les changent en des lignes courbes par « leurs oppositions;, ainsi, toutes les inclinations « que npus avons de Dieu sont droites , elles ne « pourraient avoir d'autre fin que la possession « du bien et de k vérité, s'il n'y avait une c^àse « étrangère qui déterminât l'impression dç la na- « ture vers de mauvaises fins »-

Qu'aurait fait ]V)[allebranche,*si cette expressien^métaphorique , des inclinations droites , n'avait pas été • française ? Sa comparaison mt2L\X sans doute beaucoup perdu : le mouvement des corps en lij^e droite est certainement une imagé bien sensible et bien nette des inclinations droites des esprits. Aussi, ce philosoj^he va-t-il substituer le mot de mom»ement k celui A'incknation ; c'est apparemipent pour plus d'exactitude. iDr-

go TRAITli

«c II y a «me différence fort considérable entre «c l'impression ou le mouvenmit que l'auftèur de « la nature produit dans la matièpe, rimppeasêpn « ou le mouvement Ters le bien en général^ que « le même auteur imprÛKie samt cesae dans Fes- « prit. Car la matière est toute sans action; elle « n'a aucune forœ pour arrêter son mpnyementy « et le détourner d'un coté fdutôt que d'un autre. « Son mquvement , comme l'on vient de diiie, se « fait toujours en ligne droke; et, lorsqu'il est « empêdié de se continuer en cette manière, il « décrit une ligne çh^culaire, ht plus grande qu'il <€ e^t possible, et par conséquent,. la plus appro* « chante de la ligne droite; parce qiie c'est Dieu V qui lui imprime son oMiiveinent, et qui r^le 4c sa dét^rpiination. Mais A n'en est pe^ 4e jmme «^ la volonté. On peut^dire, en uti seii^> qu'^U? « est agissante, parce quie BOtt?e âme pwt déterr tt miner diversement TiiMdioatîaii et l'wiwssien « que Dieu lui doniie^ Car , quoiqû^eUe m prisse cr pas arrêter cette mipreasion, ^Ue p^ en un « sens la déterininer du coté qu'il lui plaît, et ^ «causer: ainsi tout: le dérèglement qui se ren^ Cl contre dans ses mclinaticms, i0i toutes les mi* tr seres qui sont des raites nécewdf es et cerlf^iaies « du pécii^ . .

Dieu ^seul règle les déterminatiom dp mouve^ ment dci ia,mati^ltt,rparo€ qq'clfe'e^jsaiuafotQr et sans action : les esprits, au contraire, détermbimt

^iiiH]Aéipi>es le movnmnen^ qui leur est imprimé, il y a donc eu eux i:;iie force, une action. M^is qu'cpt-ce qise eetle £drce et cette aûtk», demapdera-t-on à MaUebranche ? îTert-ce que le ipcmvemeixt qm yi^iA de Di^u ? X'esprit n'agit donc pas plus que laioatière, etlemouvemeent deoieure tel que Dieu l'aura lui-même déterminé? Est-ce (^eielqiif dhose de di£Bérçnt <^ oc mouvement ? Il y a donc dans Vàme-mie force, une action, qui ne tiennent pas de fiiau ?

En suivant les eompavaisons que fait Malle-^ branche, il n^est pas possible dupliquer pourquoi t'âme aurait pluto); que la matière le pouvoir dç jdétenoiner l'impression que Dieu lui donne. En vafn|pot<«iI recours au sentiment inté«rieui* à la foi f , «pour s'en conTainc^e. Plus il pronv^a par-là que liotcs sommes maîtres^ de nos déterminations, pfus it f^a voir que ces piiacipes sont défectueux; si, au lieu de rendre raison de latî^hose i}s jettent dans des ab(»urdités. Voyons detno les'e^liôations que donne ce philosophe;

Quand l'àntie détermine le mouvement iquWle réçpit de Dieu, be n*est pas? ëdon lui qu^^cile fassp qudque chose; c^ qu'elle s'arpête, se repose, et qu'elle ne suit pas toute lln^ression de ce mpouvement. Il y a en elle un acte, mais |1 est d'une nature toute singulière, (c C'est un acte im-

'Éclaircissement!. r t.: . . .

« manent, qui né produit rien de physique dans ce notre substance; un acte qui dans ce cas n'exige « pas même de la vrai cause quelque efifet phy> « sique en nous, ni idées, ni sensations nouvelles; a c'est-à-dire, en un mot , un acte qui ne fait rien, « et né fait rien faire à la cause générale^ en tant; « que générale. ..•*»•.

Qui l'aurait cru, qu'il y eût des actes qui consistent à se reposer, à ne rien faire? Mais quand l'âme est occupée de son inaction, qu'elle agit sans rien faire , le mouvement que Dieu lui donne, diminue-t-il ? Point du tout; Dieu la pousse toujours vers lui d'une égale force, et cela conduit à découvrir une différence merveilleuse entre le mouvement de l'amm^et celui de la matière. Le mouvement de l'âme ne cesse pas, même parle repos ^ dans la possession du hien^ comme le mouvement du corps cesse par le repos^. . '

a J'avoue, ajoute Mallebranche, que nous n'a- « vous pas d'idée elaire^ ni même de sentiment <c intérieur de cette égalité d'impression ou de « mouvement naturel vers le bien ». Il faut qu'il soit bien prévenu en faveur de ses principes, pour soutenir une chose dont, de son aveu, il n'a point d'idée, et dont il n'a pas même cops*

' Éclaircissement i.

* Éclaircissement I. '

DES SYSTÈHES.

cience. Mais, tous ceux qui font des systèmes ^straits, en sont réduits 1^.

Dans la matière tout se fait par le mouvement. L'idée du mouvement est donc une des plus familières. Ainsi il était naturel que Mallebranche l'employât pour expliquer ce qui se passe dans Pâme, mais les difficultés où il s'embarrasse font voir combien les idées qu'il se fait sont peu exactes.

Le mouvement tel qu'il appartient à la matière n'est autre chose à notre égard que le passage d'un corps d'ûn lieu à un autre.^ Mallebranche définira-t-il de même le mouvement qu'il attribue k l'âme? Non, sans doute. Quelle idée en donnera-t-il donc * ? L'âme sent les besoins de son corps, elle sent le mouvement qui le por(^ vers les* objets destinés à sa couyeri^ation. Il arrive delà que le mouvement du corps n'est point sans le sentiment de Fâme. Voilà pourquoi on les a confondu sous un même nom : mais ce mot est bien éloigné de faire connaître la nature de ce sentiment.

Pour passer aux différentes inclinations à la volonté et à la liberté, voici les principes que Mallebranche établit.^

Dieu ne peut avoir d'autre fin principale que lui-même. Il a pour fin moins principale les créa-

* U ne défilât nulle part ce qu'il entend par le monyement de rftme.

* LiT« ly, chap. i.

94 TRAITi

ttirès; il reut leur conSëivàtiem , i\ les aime, mâis c'est pour lui, et il ne peut prôpremérit y a^oit en lui d'atitre amôùr que Tairibut de lui-même . Les itidinatioti^ naturelles dfe§ espi^itâ étant Cèr*taineînent dés impteteioÉte cMtihuelies de la volonté de Cèltri qui lés à crééà ét (Jiii les consërw, Il eèf ce me semblé hécéssairé, dit MaÙfebrandhe , qûé ces îhclinàtiotià soièrit ehtièrétUcfnt séniblables à celles de Ifeur ct^éàtéîir ét dé léUr Cohserrateur. De cé|)rihcipe, où il y a uii cè niesembït, il conèlut positivenieiit qué Dieu n'imprimé en nous qu^un amour qili est Heliii du biéti éh géttéral. Mais pourquoi substituer Tariiour du lie6 en génél*ai à Faniaur de Dîèù ? tl me paràît qtié , poxïT Kéxactitilde dé la cohsécjuencé, il listUait dire cjùe Dieu tfirflprime èrt iioufe qué l'àmoûr de luiriiêriié ; saris douté que Alallebrahché a tniéilk àimé êtfe peu conséquent que dé contredire trop lisiblement Texpériéricé.

Ce liloùvetnént vers le bien én géfiérai est selon lui le principéde toutes nos inclinatiohs, dé toutes iïos passions ét de tous nos stmout^ Pour lé comprendre il suffit d'imaginer que Tâtilé le déterraiue Vérs deè objets particuliers ; de là ce philo^phe tiré les idées qil'iUée fait de là vbldnté et d^ la liberté. « Par ce mot de volonté^ dit-il je pré-

* Liv. Vf y cbap. i.

* Ut. 1, chap. i.

a tends désighier fiaipréssi^n ou U mou^femeni « naturel qui Hous porte vers te bien indéterminé <k et en général; et par celui 'de Ubçrtéy\M n'entends <* autre chose que la force qu^ à V esprit de déhour^ flt net cette impression i^ers les objets qui nous pbtt^ « s^, et fitire ainsi que nos inclinUtions Aam* « relies soient tenfiinéès à quelque objet particuoc Heri, lesquelles étaient aupiaraTdiit vagues et in'' c déterminéès vet*s le bien en général ou uni-i- « ^ersel^ c'est-à-diré, vers Dieu qui est le seul bien ««n général^ paroe qu'il est le seul quii^^nfiètaie « tous les biens» ~ .

Premièremeiit, est-Ui^aîsonnable^ sous prétexté que Dieu renferme tous les biens ^ de le con* fondre avec, quelque diose d'aussi vague ^ d'aussi indéterminé et d'aussi abstrait que lô bien eh général?

En second lieti^ quelle idée peutHDn Be £iire de la volonté, si par ce mot cm entend un mouve» ment qùi porte Tàme vers un bien indéterminé? 11 serai«àsotthaîl;er queMallebrancbeeut trouvé uii corps mu vet*s un poirit en général. Ce philosophe ne comprend pas qu'il pût y avoir en nous des amours particuliers si nous n'étions mus vers le bien en général, lime paraît au contraire qu'il n'y a point en nous d'amour qui ne se borne à de& objets bien déterminés. Ce qu'on appelle amour du bién en général n'est pas proprement un amour, ce n*est qu'une manière abstraite de con-

96 TRAITK .

sidérer nos amours particuliers. Malle'braiiche ^ prévenu pour les principes abstraits qu'il negardait comme la source de nos connaissances, a cru que nos amours devaient avoir la leur dans un amour abstrait. Mais on voit ici bien sensiblement combien cette manière de raisonner est peu solide* Tel est le système que M àllebranche s'est fisdt pour expliquer la nature de l'entendement et de la volonté. Le fondement sur lequel il porte se réduit proprement à ce principe : les idées et les inclinations sont à Vume ce que les figures et le mowement sont à la matière : principe qu'il dpit à la comparaison qu'il fait de deux substances toutes différentes. Il ne faut donc pas s'étonner s'il a si peu réussi à se faire des idées exactes. Ces notions influent dans bien des endroits de ses ouvrages ; mais il serait trop long d'en suivre toutes les conséquences. Pour montrer sensiblement où elles peuvent conduire, je me bornerai à les faire servir de principes à une proposition évidemment Causse, mais dont je donnerai une démonstration géométrique comme les métaphysiciens en donnent.

THÉORÈME, Ou proposition à prouver.

L'amour -et la haine ne sont qu'une même chose.

BES SYSTÈMES. ^ DiFINITIOIT PREMIÈRE.

ÎJsmow est un mouvement qui nous porte vers tm objet. .

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