‹ Œuvres completes de Condillac, Volume 2Chapitre 9 sur 57 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

CINQUIÈME EXEAtPLEi Tiré de Mallebranche.

On peut conclure des chapitres préôédeils, quel pour bâtir un système il ne fout qu'un mot dont la signification vague puisse se prêter à tout; Si on en a plus d'un, le système eti sera plus étettdw et plus digne de ces philosophes qui lie pènsént pas qu'il y ait rien hors^ de la portée de lèui*'éëprit. De pareils fondemens sont peu solides, ïiais' l'édifice en est plus hardi/ pins extraordinaire^ et par4à plus feit pour plaire à l'imagitiation. •

Peut-être me soûpçonnera-ton d'â^if cfcer^hë^ à rendre lés philosophe^ ridicules : mais leUt*S"j^rt)^ près raisonnemens vont montrer si j'ai ekâgéré les défauts de leur méthode. Je commencerai pat Mallebranche, parce que c'est un métaphysicïén,

DES SYSTÈMES. 8l

que la beauté de son esprit a rendu des plus cé* lébres;. Voyons comment il se conduit pour se faire des idées de l'entendement, de la volonté, de la liberté et des inclinations. Ces choses sont toutà-fait du ressort de la métaphysique, et elles mé- ' nîtaient bien d'être traitées comn* beaucoup ^'autrqs. ^

<c L'esprit de l'homme, dit ce philosophe', n'éoc tant point matériel ou étendu, est sans doute « une substance simplë et sans aucune composite tion de parties; mais cependant on a coutume te de distinguer en lui deux facultés, savoir, rente tendement et la volonté^ lesquelles il est néces^ « saire d'expliquer d'abord pour attacher à ces flc deux mots une notion exacte ; car il semble que « les notions ou les idées qu'on a de ces deux facul- « tés ne sont pas assez nettes ni assez distinctes. »

Il semble que les cartésiens soient faits pour remarquer l'inexactitude des idées des autres, ils ne réussissent pas également à s'en faire eux** mêmes d'exactes. Mallebranche en va être la preuve.

CL Mais, parce que ces idées soflit fort abstraites « et qu'elles ne tombent point sous l'imagination, « il semble à propos de les exprimer par rapport « aux propriétés qui conviennent à la matière, ic lesquelles se pouvant facilement imaginer, ren-

' Recherche de U vérité y Ut. i , 4:hap. i.

Page 1