‹ Œuvres completes de Condillac, Volume 2Chapitre 17 sur 57 · ARTICLE TI · texte numérisé non relu

ARTICLE TI

>' -I^Ul nâture des êtres.

La force particulière à un être simple , je L'ap-^ pelle la natui*e de cet être : tous les changemens qui arrivent à un être $OQt donc une suite de sa nature. Ainsi que de l'aggrégat de plusieurs xqo* nades naît le phénomène- du corps, des forçç^ combinées de ces mêmes monades résulte un autre phénomène, c'est celui de sa force motrice. Cet^e force est donc la nature du corps, c'est-à-dire qu'elle est le principe de tous les changemens qui se fQnt dans le phénomène de l'étendue mobile et impénétrable.

Cette force se conserve toujours la même dans chaque corps, le repos ipême ne peut l'altérer. Car un cprps ne saurait être un instant sansréuair toutes les forces des êtres simples dont il e^jt l'aggrégat* Il y a donc toujours dans l'univers une même quantité de force.

Quoique les forces de tous les corps tendent à une même fin, elles n'y tendent pas toutes égar. lament. £lles paraissent se faire obstacle les; unes / aux autres et c'estJà ce qui produit le phénomèf^e de la force d'inertie ou de résistance.

Ainsi pour rendre la notion du corps complète» il faut ajouter aux idées d'étendue, de mobilité et d'impénétrabilité, celle de force motrice et celle

de force d'inertie. Un corps est donc un aggrégat d'êtres simples qui par l'ordre qu'ils conservent entre eux, produisent les phénomènes de l'étendue, de la mobilité, de Timpénétrabilité, delà force motrice et d6 la force d'inertie.

Si on fait abstration de la force motrice, on aura l'idée de la matière, c'est-à-dire, d'une 5ubs-^ tance étendue, mobile, impénétrable et douée d'un^ force d'inertie.

Enfin considérons la réunion de ^toutes les forces motrices , et nous aurons la nature universelle, c'est-à-dire le principe de tous les phénomènes de l'univers.

Le système des cartésiens est peu philosophique. Au lieu d'expliquer les choses par des causes naturelles^ ils font à chaque instant descendre Dieu dans la machine, et chaque effet paraît produit comme par miracle. Ici Dieu s'en tient à créer et à conserver les êtres simples, il abandonne le reste à la nature. C'est la nature qui dans chaque corps, dans l'univers entier, est le principe de tout. Elle est comme un ouvrier qui travaille sur la matière qu'il trouve toute créée. Dieu donne sans cesse l'actualité aux êtres simples, et sans cesse la nature produit l'étendue, le mouvement et les autres phénomènes.

PBS SYSTÈMES.

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