‹ Œuvres completes de Condillac, Volume 2Chapitre 26 sur 57 · AXIOME II · texte numérisé non relu

AXIOME II

a de qui ne peut être conçu par un autre , doit « être conçu par soi-même. »

Cela serait vrai, s'il n'y avait pas> d<» choses.

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que nous ne concevons hl par elles-mêmes ni par d'autres.

Autant que je le puis comprendre , une chose €st conçue par elle-même, quand on en a l'idée immédiatement; et elle l'est par une autre, quand l'idée en est renfermée dans celle d'une autre que l'on connut. Or, de ce que l'idée d'une chose ne se trouve dans aucune des idées qu'on a déjà, il ne s'ensuit pas qu'on doive l'avoir immédiatement; on peut ne4a point avoir du tout-

Ou Spinosa prend le mot de concevoir par rapport à nous, auquel cas il a tort dé ne pas remarquer qu'il y a des choses que nous ne concevons pas, c'est-à-dire dont nous ne saurions nous former l'idée ; ou il prend ce mot par rapport à une intelligence qui embrasse tout et qui voit toutes choses telles qu'elles sont, auquel cas ce second axiome est vrai; mais ce n'est pas à Spinosà à en faire l'appUcation.

Il y a deux langages qu'on devrait soigneuse^ ment distinguer : l'un s'applique aux choses, et ce serait celui de l'intelligence suprême; l'autre ne s'applique qu'à la manière dont noq^ les concevons, et c'est le seul dont nous devrions nous servir. Mais Spinosa les confond toujours. C'est une observation qu'il faudrait souvent répéter : ce sera assez de l'avoir faite à l'occasion de cet axiome.

l8a TRAITÉ

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