AXIOME V
<c Des choses ^ai ii?ont rien de commun entre, a ailes ne peuvent pas être comprisses l'une par a Tafiti^e, ou l'idée de V^ne ne, renferme pas'l'î:* a dée de l'autre » ,
Cet axiome est faux, en ce qu'il suppose que des êtres, qui ont quelque chosé de commun, peuvent être compris l'un par, l'autre^ ou que la notion de^ l'un renferme celle de l'autre. Les idées que mfm mm^ formons d'uaftei (âios0 patr 6e quielle a de comxnun avec d'autnes, n^ s(^t que des idées partielle qui jf^oUs la représenfent d'un^ lùanière vague^ gén^rald'i et par consê^g^ent fort imparn fsùÊte. TèlLe eat^ pao^ exemple , l'idée ^d'animal 7 eUê ne sé fol^meque de la portion qui est com^ muM à lan^otîofi de l'homme, età œlle de Hout ce qui a vie et sentiment.
.l84 TRAITÉ
Si des êtres ont quelque chose de commun, on peut donc concevoir en partie l'un par l'autre; ou la notion de l'un renferme en partie celle de Tautre. Elle rènferme ce qu'il y a de commun çntre eux, mais elle ne contient pas les qualités qui y mettent de la différence. Spinosa ne sup* pose que la notion de l'un doit renfermer sans restriction la notion de l'autre, qu'afin de pouvoir prouver qu'il ne peut pas y avoir plusieurs substances; car., s'il y en avait plusieurs, elles seraient constituées substances par quelque chose de coînmun. Elles seraient donc par ce cinquième axiome conçues l'une par l'autre. Or cela est absurde par la troisième définition, Il ne peut donc y avoir qu'une substance^ C'est ainsi que Spinosa accommode toujours sés définitions et ses axiomès, à la thèse qu,'il ^ dessein de prouver*
AXibMB* VI.
« Une idée vraiecloit convenir avec son objet. »
Quand tes cartésiens ont dit : nous pouvons affirmerd'une chose tout ce qui est rçnfermé dans l'idée claire et distincte que nous èri avôiis , c'est qu'ils ont supposé que ces sortes d'idées sont vraies ou conformes aux objets auxquels* on les rapporte. Ainsi ce que j'ai rehiarqué à l'occasion de leur principe, peut s'appliquer à ce sixième axiome. J'y renvoie
DES SYSTEMES. l85
Spînosa, fonné par la lecture des ouvrages de Descartes, ne connaissait ni l'origine ni la génération des idées; on en peut juger par la manière dont il les définit.
«J'entends par idée, dit-il le concept que « forme l'esprit, comme étant une chose pen- « saute» Je l'appelle, concept^ ^X, non perception, « parce que le hiot de perception paraît indiqjier « que l'esprit pâtit, au lieu que celui de concept* « exprime l'açtion de l'esprit. ^
Mai5^ comment cette idéè^ produite par l'action de l'esprit, peut-elle être, vraie ou. confprme à un objèt, et à quél signé peut-on s'en assurer? C'est à quoi Spiposa n'a pas de* réponse. Il se contente de supposer qu'il y a des idées vràies, et il (apit, sans douté ,^ que ce scwat les tiennes.
11 est aisé à l'jUnaginatiùn de se. faire des idéés-, il lui est aussi facile dé se^ persuader qu'elles sont vraies. Ob conclura donc, avec l'axiome de Spinosa , qu'elles sont conformes à l'objet auquel on les rapporte; et, en ne raisonnant que sur des notions imaginaires , on croira approfondir jusqu'il la natufe même des trhoses. Voilà ce qui est ârrivé à ce philosophe. \ ^