‹ Œuvres completes de Condillac, Volume 2Chapitre 34 sur 57 · PROPOSITION XIV · texte numérisé non relu

PROPOSITION XIV

ce iie tilEfitt y ^>hiir, ^txti ïïè ^tit eùti^eyiiif frvr*a^ttl^e stibsWti^èé que Bfe^^

Démonstration.

. if Dès que Dieu est un être absolument infini , « dont on ne peut nier aucun des attributs qui <c expriment l'essence de la substance ( Défin. iv), « et qu'il existe nécessairement { Prop. xi), s'il y .« ^yay;. qi:^elque substance distincte de, Dieu, il ^ faudraif ..l'expliquer par xjuelque attribut de c< Dieu. Dès lors il y jurait 4^ux substances de «même attribut; ce qui (Prop. v) est absurde, a Doûc /il n'y a pas d'àuère substance que Dieu, «et par conséquent on n'en saurait^ concevoir « d'autre : car celle qui serait conçue, le devrait « être comme existante. Ô'r, par la préihière p"ar- « tie dé cetté démonstration, cela est absurde: à donc il ne peut y avoir, et on ne peut concevoir « d'autre substance que Dieu.' »

Je me répéterais trop si je voulais faire voir tous lès défauts de cette démonstration je renvoie à ce que j'ai dit. '

Premier corollaire.

<|Pe^là il suit dairement,' qu'il n'y a qu'un « Dieu, c'est-à-dire (Prop. vi) qu'il n'y a dans ta « nature^ qu'une segule substance, et qu'elle est ab- « solujapent infinie, <^omme nous^ l'ayons ;£ait en- « tendre dans le schoUe de la dixièrae proposition. »

Remarquez que la^ démonstration n'est appuyée que sur une définition de mot, et jugez si on était

DKS SYST£MES. 217

autorisé à employer dan% le corro)[lairç cefte expression dans la luUure.

Deuxième corollaire,

. « Il suit, en second lieu, de cette démonstra- *c tion, que la chose étendue et la chose pensante a sont des attributs de Dieu, ou (Axiome i) des « affections de ses attributs^<» i

Il n'y a personne qui ne puisse se former une idée abstraite de la substance, et réaliser cette idée, en supposant qu'elle répond ^un objet <Jui existe en effet dans la nature. Cela fait, on^ ne pourra plus se représenter les êtres finis comme autant de substances; car l'idçe abstraite de la substance une fois réalisée, on se Représentera la substance partout la même , partout im^nuable , nécessaire; et, quelque variété qu'on suppose daQS les êti^es finis , on ne les concevra plus comme faisant m^ltitude; on les ^imaginera comme une seule et même substance qui .se modifie différe]:^ment. Voilà ce qui est arrivé iài Spiiiosa.

; Les plus s^nciens philosophes ont aussi avancé qu^l n'y a qu'une seule substance. Mais , par la ipapière dont les stoïciens s'expliquent, il parait que cette substance n'est-iinç qu'improprepient, et»qu'elle est dans le vrai un composé., un amas de substances. Ils ne la, disaient une, que parce qu'ils, la considéraient sous l'idée abstraite de

byGoOgl

O^'g TRAITÉ

tout, et cotume ^tatitUa^ciAleolion de toiBt oe cpû existe, ou même ils n'ont jamais tn^^cherd^ à déterminer ce qui en constitue Tunité. Spinosa, voulant se mettx^e àTàbri de t?e reproche, Fa fait une à force d^abstraction. Mais si la substance des stoïciens est trop composée |)aur être une, la sienne est trop àb^ttaite potrr'être'qucSqiie cfeo&e.

« Tput'ce qùf -est,, est eu Dieii, et rien pe peut ct^^isl^ ni gtre cqn^çu sans Dieu. »

Démonstration. ^

(cîl liy a pas d*^iutre sub^ance *que ©ie«, wi « ri'eii sâutait concévoirtl*atitre (Prop. *ïv);^c'^- <( â-dire^Défin. inl) qu'il ei^ la areulecho^ qui «oit « en 'eîle-mêmie ét qui se conçoive por eflte-roéme. « Mais les modes (Déf, v ) ne petivet^ *exifrter m « êtré conçus ^us k substance, ih ite peuvent « donc exister qilfe dans la tiaturè divine, ^ <( ne peuvent être conçus que par eMe. *Ot, %6t<t «ce qui est, est sdbàtance ou tnodé (:Ax. i), « Donc, etc. » » . '

'Dfes cf éatures we'sônt donc plus que tles modes de la stfc^anée divihe, comtoe SfUtaosâ %t ^ira t)lus bas ï Imaginatioïi tto^ ^xtWr^gto^ et'IKrëp mal 'prouvée poor tious y iarî^tèt.

Remarquez toujours que ^ démomitrafiOBs

DES msioëmes, a 19

inots çiuxqud^ A a olkadlé des idé€$ abstraites ; ^mais on n'isti peut «tea çonduré t^onr les ohcises

Dans ce schoUé/'Spihôsa r;éf)dtid à qilëlques objectons ^u^il se ïail^airé par cfertx qui me conçoivent pas que la sùbstâiKie éteildùfe soit tin at-^ tribut del^ieu, et que la iiîâtiètè Appartienne à ta nature divine; taàis, cbiMie i\ he dbnhfe ti ses 'rëpoh»5es d'autre fdndëméïif qùe les J)l'OpoSïtions qufe nous avons déjà îréfutées, jé crois pottvoîr iné iiispénsér de tràduire te mot'Ceau,

. r tFÉDB(D^mN XV].

M Une iafinité de choses, c'est-à-dire tout ce « .qjui .peut jtomber sous uû entepdejnent infini, a do>t suivre en «ujue infinité de façons de la nétf cessité de la nature divine. »

Démonstration.

« Cettç proposition doit être manifeste à tout «le monde, pourvu qu'on fasse Attention que, c( dès que l'est^d^e^)} i^pergçit la définition « d'une chose quelconque , il en conclut plusieurs <tf ptopriëtéft -tpA , mi v sêhw^iA àiét^aaitement jcc de la définition de cette chose ôuide Mn essence;

<c et on en condut d'autant phis dç propriétés, a <|ue l2i définition âe la diose jéxprii)ie plus de «réalité, c'est-à-dire qu« son esseme renferme « plus de réalité. Orv puisque Ti^sence . divine a « une infinité absolue d'attributs ( Déf. vi), dont « chacun en son genre exprime une essence in- (( finie, il doit suivre, de la nécessité de sa na- « ture, une infinité dç -choses en , une infinité de a façons^ c'est-à-dire toutes les choses qui peuvent. « tomber sops un entendement infinL »

^ Voilà une définition (la sixième ) qui e^t bien féconde. J'ai eu raisQ^ de remarquer la précaution avec laquelle Spinosa Ta faite. Il suppose visiblement, dans cette démonstration, que la définition et l'essence ne sont qu'une mCTâe chose. Cependant la sixième définition ne prouve pas, quoi qu'il en dise, que la nature divine ait une infinité attributs, dont chacun en son genre exprime une essence infinie; elle noUs appifettd seulement ce qu'il entend par lé mot de Dieu.

Premier corollaire,

« De là il suit, que Dieu est cause efficiente « de tout ce que peut apercevoir un entendement « infini. »

Deuxième corollaire.

« a*" Qee Dieu est cause par lui-même et non « par accident. »,

Troisième corollaire.

(c 3^ Qu^il est absolument la première cause. »

Spinosa n'a point défini ces mots, cause e/ficiènte, cause par soi-même, cause par accident, cause première. Il aurait cependaùt été d'^itant plus obligé de le faire, qu'il parait par la suite leur donner uïi sens bien différent de celui qu'ils ont communément.

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