PROPOSITION XVII
« Dieu agit par les seules lois de sa nature , et « il n'y a aucun être qui le puisse.côntraindre. »
Démonstration.
« Nous venons de démontrer (Prpp. icvi) qu'une « infinité de choses suivent de la seule nécessité (c de la «lature divine, ou, ce qui est .la rnérat^ « chose., des seules lois de cette natute , et nous « avons démontré (Prop. xv) que rien ne peut (C exbter ni être conçu sans Dieu, mais que tout « est en Dieu. 11 ne peut donc rien y avoir hors (C de lui qui le déteranine ou qui le force à agir, a Par conséquent Dieu agit par les seules lois de «sa nature, et il n'y aucun être qui le puisse a contraindre. »
^ Premier corollaire:
<K II suit, i^* qu'il n'y a aucune cause, sM'on
« excepte la perfection de la nature divine, qui, a soit intrinsèquement , soit extrinséquement , « porte Dieu à agiir. » -
deuxième corollaire.
« 51^ Que Dieu seul est une cause libre. Êrî ce effet il n'y a que lui qui existe par la ' seule né- « cessité de Sa nature ( Prop. xi et CoroL de la a Prop. XIV ), et qui agisse par la seule nécessité «de sa nature (Ppop^ préôéd*). Par conséquent c< (Déf. VII ) il est la seiile cause libre. »
C'est là ce que tout autre appellerait une cause nécessaire«
Scholie*
Spinosa répdnd par ses principes â quelques objeetiçtis qu'il se Élit. Pour abréger ce chaplWe, déjà' trop long, je fie tt^dulfai point cc(*scholie. îe reïnarqucraï seuletnent que , pour expliquer commetit toutfeà chosés suivent die k nature divine, il dit qu^elles en Suivent par une. nécessité pareille à celle par laquelte il^uit de toute éfernité, et suivra étefneltemeht de la' nature dia triàngle , que ates troi^ angles ^oht >égat^jc à deux droits. €da étfemt, je ne sais ^lus ce que ét^ qu'être cause; car je ne sache pàs qu'ott "sie soit jamais avisé dç 4irjB que la ??^ï^W^ du triangle fiit cause efficiente par soi-même et première de l'égalitt des tt^is^éAi^ 'du triàngle à àêùn ^ït-oits-
Ï)ÉS 9VSTil«£S. Iif^
Je ne sais pas non plus ce que c'est, dans le langage de Spinosa, qu'agir par rapport à Dieu, pavoe qiwjeiie'Ydisrpaâ que k nature du triangle agissé pour produire l'égalité de ses trois augles à deux droits^
Si donc tout suit de la nature divine par la même nécessité que Tégalité des trois lingles d'un triangle à deux droits suit de Ta nature du triangle, j'en infère une évidente (Contradiction: c'est que dans la nature tout se fait sans qu'il y ait d'action. Mais il n'est pas nécessaire dé presser si fort Spinosa. *
FKOFOSiTION TLVlU.
a Dieu est cause immanente de tout, eft il n'en « est pas caus.e passagère; »
a Tout ce qui est, est en Dieu, et dbit éïre a conçu par Dieu (Prop. xv) ; ce qui est la pre^ « mière partie. Il n*y a point de substattice tiors a de Dieu (Prop. :«[V), c*èst-à-dîre de chdsésf qui « hors de Dieu soient en elles-mêmes (Dëfl iix ), « ce qui est la seconde: partie : donc. Dieu est c< cause, etc. »
QucAque Spioesa. veuille dire dire par le& mots de entt^ immanemè et de oaust passagère qu'il n pasi déÉaii&> oii> ocmacat le peu /àt solidité dea proportion» «or lèsoppeUî» il s^apfiuiai
TRAITJÉ
PROPOSITIOTT V XIX.
<c Dieu, ou tous les attr^Hits de Dieu sont éter- « nels. »
Démonstration*
« Dieu esèune substance (Déf. vi) qiii (Prop. xi) « existe nécessairement ,c'est-à-dire -( Prop. vu), <c à la nature de laquelle il appartient d'exister « ott, ce qui est la même chose ^ de la définition a de laquelle suit t existence. Dieu (Prop. viii) est « dono^ternel. »
(Se II faut entendre par les attributs de Dieu ce et qui (Déf. iv) éxprime l'essence de la substance « divine, c'est-à-^dire ce qui appartient à la subscc tance : c'est, dis-je, cela même que les attri- « buts doivent renfermer. Or l'éternité appartient a à la nature de la substance (Prop. vu). Donc, « chaque attribut doit renfermer l'éternité, donc « ils sont tous éternels. »
Cette proposition, bien expliquée, est certainement vraie; mais il paraît, partout ce que j'ai dit, qu'elle est ici fort mal prouvée.
Scholie,
« Cette prdposition parait aussi fort clairement « par la manière dont j'ai démontré l'exfetçnce «de Dieu (Prop. xi); car la démonstratien^que « j'en ai donnée, fait voir qife l'existence; de Dieu
DES SYSTÈMES. ^Îl5
<c est, commp son essence, une éternelle vérité. «D'ailleurs (Prop. xjx des principes de Des- « cartes ) j'ai encore démontré d'une autre façon « l'existence de Dieu. Il n'est pas nécessaire de . <c répéter ici cette démonstration. »
PROPOSITIOIÎ XX.
« L'existence^t f essence de Dieu ne sont qu'une' « même chose. ».
Démonstration.
a Dieu, par la proposition précédeiite , est «étemel, et ses attributs le sont également, <c c'est-à-dire (Définition vin), c^xacun dç ses at- « tributs exprime l'existence. Donc, les même^ «attributs, qui (Définition iv) expliquent l'es- « sence éternelle de Dieit, eitpliquen* aussi son « existence étemelle, c'est-à-dire que ce qui cons- « titue l'essence de Dieu, constitue aussi son e^is- « tence : donc, son essence et son existence, etc. »
Voilà bien des mots souvent répétés, et dont je doute qu'on puii^se se faire des idéesxlaires et déterminées. Quand je passerai sur de pareilles démonstrations sans rien dire^ cîest que je renvoie à ce que j'aurai remarqué sur les propositions qui leur servent de fon4ement. On peut s'apercevoir qùe je ne relève pas tous les défauts d«& dernières démonsldrations; mais les critiques qu£ ont précédé peuvent les faire découvrir.