‹ Œuvres completes de Condillac, Volume 2Chapitre 36 sur 57 · TR4ITÉ · texte numérisé non relu

TR4ITÉ

. Premier corollaire.

« Donc Texistence de Dieu est une vérité éter- <f nelle comme son essence. »

Deuxième corollaire.

a Dieu ou tous ses attributs sont immuables, a Car, s*ils changeaient, quant à Texistence, ils « changeraient aussi ( Proposition précédente ) a quant à l'essence, c'est-à-dire, comme il est évi- « dent, qu'ils deviendraient faux, de vrais qu'ils « so»t; ce qui est absurde. »

PROPOSltlOPT XXI.

« Tout ce qui lsuit de Fabsolue oàture de quel- « que attribut de Dieu, a dû tou}om^ exister, et « être toujours infini; ou il est, par cet attribut « d'où il suit, éternel et infinie »

Démonstration.

« Coocévez, s'il est possible , que dans un attri- « but àe Dieu quelque chose de fini, et qui ait <c une exiistenoe pu «ne durée déterminée , suive « de «a nature absolue. Prêtions pour exemple « llidée de Dieu dans la penséè. La pensée, dès « qu'on U conçoit comme attribut de pieu, est ^ nécessairement (Proposition xi) infinie de da a nature. Mais, en tant qu'elle renferme l'idée de

DES SYSTÈMES, .^l'J

« Dieu, on la suppose finie. Or (Définit, ii) on oc nè la peut concevoir finie, si elle n'est terminée <c par la pensée; mais eilcvne peut être terminée a par la pensée, en ^ant que la pensée constitue « ridée de Dieu, ear alors la pensée est supposée « finie. C'tôt donc par la pensée, en tant qu'elle <t ne constitue pas l'idée de Dieu, «t qui cepena dant (Proposât, xi) doit exister nécessairement. « Il y a donc «ne^ pensée qui ne constitue pas « l'idée de Dieu. Par conséquent l'idée de Dieu €c pe suit pas nécessairement de la nature de cette oc pensée, en tant que cette pensée est absolue; a cap on conçoit cette pensée comme constituant « ét ne œnstituant pas l'idée de Dieu; ce qui est v a contre l'hypothèse. C'est pourquoi, si l'idée de <c Dieu dans la pensée, ou quelque autre diose « (le choix de l'exemple estindifî^nt, parce que oc la démonstration est universelle), dans uurût- <c tribut de Dieu suit^ la nécessité de la naturé « absolue de cet attribut, cette idée ou cette autre « chose doit nécessairement être infinie : ce qui « était la première partie, y*

<c Ce qw suit nécessairement de la nature dé « quelque attribut ne peut pas avoir une durée « déterminée. Si vous le niez, supposons qu'une <c chose qui suit de la nécessité de la nature de « quelque attribut de Dieu, soit dans quelque at- « tribut de Dieu , par exemple, Vidée de i)ièu dans « la pensée, et suppasons qu'elle n'ait pas toujours

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i< existé, ou quelle doive cesser d'exister. Puisque <c nous supposons que la pensée est un attribut de « Dieu, elle doit Exister nécessairement et immuaoc blement ( Proposition xi «t Corollaire ir de la a Proposition xx ). Âinsi la pensée devra exister a au delà de la durée de l'idée de Dieu , elle exis- « tera sans cette idée ( car nous supposons que a cette idée n'a pas toujours été ou qu'elle ne sera a pas toujours) : or cela est contre l'hypothèse; « car nôus supposons que la pensée étant donnée, « l'idée en s^it nécessairement. Donc l'idée* de a Dièu dans la pensée , ou une chose quelconque (C qui suit nécessairement de la nature absolue de «c quelque attribut de Dieu, ne peut pas avoir une <c durée déterminée ; mais elle doit par cet attri- « but être éternelle, ce qui était la seconde partie, ce Notez qu'il en faut dire autant de quelque chose « que ce puisse être, qui ^ dans un attribut de iK Dieu suive nécessairemè|^ de la nature absolue ic de Dieu. »

Cette façon de raisonner est si singulière que je ne concevrais pas comment elle peut tomber dans l'esprit, si je ne savais combien on s'aveugle quaiid on a une fois adopté un système. Si c'est là raisonner sur des idées clairés, j'y suis fort trompé. Pour moi, je ne puis suivre Spinosa dans ses suppositions. L'idée de Dieu dans la pensée^ la pensée tantôt finie^ tantôt infinie y qui constitue ou ne constitue pas Vidée de Dieu, sont des choses

DES STSTiMES. HCtg

trop abstraites, ou plutôt ce sont des mots où j'avoue que je ne comprends rien , et où j'ai peine à croire qu'on puisse comprendre quelque chose , Spinosa aurait dû apporter un exemple qui eût donné plus de prise à sa démonstration.

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