‹ Œuvres completes de Condillac, Volume 2Chapitre 37 sur 57 · PROPOSITION XXIII · texte numérisé non relu

PROPOSITION XXIII

« Tout mode qui est nécessaire et iftfini a dû a nécessairement suivre de la nature aKsolue de « quelque atttribut de Dieu, ou de quelque attricc but modifié d'une modification nécessaire et « infinie. »

Démonstration.'

« Un mode est ce qui est dans un autre, par « quoi il doit être conçu (Défin. v)^ c'est-à-dire a (Prop. xv) dans Dieu seul, et ne peut être conçu « que par Dieu seul. Si ton conçoit donc qu'un « mode e^ infini. et existe nécessairement, il faut

a3o TJ^ATti

<r que ce soit par quelque attribut de Dieu , tant a que Voti conçoit que cet attribut exprime l'infi- <c nitéetlanécessité d'exister^ ou,cequiestlaméme « chose (Défin* viii), Tétemité, c'est-à-dire (Dé- <c finit. VI et Prop. xix) en tant qu'on lè considère a absolument. Un mode qui est nécessaire et inct fini, a donc dû suivre de la nature absolue de « quelque Attribut de Dieu; ce qui se f^it ou im- « médiatement (Prop. xxi), ou par le moyen de a quelque modification qui suit de la nature aboc solue de l'attribut, c'est-à-dire (Proposition ][)ré- (f cédente) qui soit nécessaire et infinie. »

Je demande ce que c'est qu'ùn mode qui suit nécessairement" de la nature absolue d'un àttribut de Dieu, soit immédiatement, soit par le moyen d'une modification qui modifie l'attribut. Spinosa ne l'explique mille part, et n'en rapporte aucun exemple. Il n'est donc pas possible de dçviner quelle vérité renferme cette prétendue démonstration. ^

PROPÔSlTlOfT xxiv. .

(c L'essence des choses que Dieu a produites « ne renferme pas l'existence. »

Démonstration,

«Cela paraît par là première définition; car « une chose est cause d'ëlle-méme et existe par « la seule nécessité de sa nature, quand sa nature

DES STST^nfES. a3i

(considérée en elle-mênie) renferme l'existence. » Corollaire.

« De là il suit que Dieu est non-seùiement là •c cause cpLÏ fgit que les choses conmiencent « d'exister, c'est encore par lui qu'elles se oon- « servent existantes; ou, pour me servir d*un «terme scolastique, 'Dieu est cause essen^ of rerum. Car, soit que les choses existent, soit « qu'elles n'existent pas, nous découvrons que « leur esfsence, quand' nous y voulons faire âfteW- « tion , ne renferme ni l'existence ni la durée. « Par conséquent leur essence ne peut êtçe cause <c ni de leur existence ni de leur durée. Mais Dieu (c seul peut l'être, à la seule nature de qiii il ap « partient d'exister (Corel, i de la Prop. mv)w »

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