‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 106 sur 975 · SCÈNE V, L.\ REINE, KOLLER · texte numérisé non relu

SCÈNE V, L.\ REINE, KOLLER

LA REINE, la regardant sorlir. Vois l'avei e.itea lu , Kidler... ce soir à l'hôtel du comte del'.dk ;iiskield. . C: dîner où doivent se trouver réunis et Strneiisé.! et tous ses co'.- L'giies, c'est ce que j'allais vous appcii, Ire ipiand ou cslv.'iia iioui interrompre.

KOLi.EB. Eh bien! qu'importe?

i.\ REINE, à demi-voix. Ce qu'il importe! C'e>t le ciel i|ui nous livre ainsi tous nos ennemis à la fois. 11 faut iio.is en emparer ou nous en défaire !

KOLLEi. Que dites-vous?

LA REINE, de même. Le régiraeal que vous com.il mdez est cette semaine de garde au palais; et les soldats dont vous pouvez disposer sufliseut pour une pareille expé litioii qui Il ■ ileniande que de li proiuptitude et de la hardiesse.

KOLLER. Vous croyez...

LA REINE. D'après ce i(ue j'ai vu hier, le roi est tripfiible piiiir prendre aucun parti, mais il approuvera !o h ceux qu'on aura pris. Vue fois Slriiensée renverse, les preuve; ikî iiiui pieront pas coii're lui et cou'rc la roiue. Miis r.Miversoiis-le! ce qui est fieile, si j'en crois celte liste que vous m'avez confiée, et que je vous rends! C'est le seul miyeu de ressaisir le pouvoir, d'arriver à la régence et de gouverner sous le nom de Christian VIL

KOLLER, prenant le papier. Vous avez raison, un coup de main, c'est |dus tôt fait; cela vaut mieux (|ue t(jub>s les menées diplomatiques, auxquelles je n'entends rien. Dé; ce s lir je vous livre les ministres morts ou vifs. Point ili; giàie; Slruciisée d'abord, Gœlher, l'alkeiiskield et le cjintj lî!i- Iran 1 de Raiitzau !..

LA REINE. Non , non, je demande qu'on épargne c.bii- 'i.

KOLLER. Lui moins que tout a itre, car je lui e.i veux personnellement; ses plaisant ries CJUliiiuell s contre les militaires qui ne sont pas soldais et qui gignent leurs grades dans les bareaux, ces intrigtuits eu épudettes, co.uine il 1 s appjlle...

n REINE. Que vous imporle?

KOLi.vai. C'est moi qu'il dé i;jne par là, je le sais, et je m'en vengera'.

n REINE. Pas iiiainLenant !.. Nous avons besoin de lui! il

FiERTRAND ET RATON.

nous est iipcessaire pour nous rallier le peuple et la cour. Sou grand nom, sa forluue, fes talents personnels, peuvent seuls donner (le la consislance à notre parti... qui n'eu a pas ; car tous les noms que vous m'avez donnés là sont sans influence nu dehors; et il ne sulTit pas de renverser Slniensée, il faut prendre sa place, il faut s'y maintenir surtout.

KOLLER. Je le sais!.. Mais chercher des alliés parmi nos ennemis...

LA REINE. Rantzau ne Test pas, j'en ai des preuves; il aurait pu me perdre, il ne l'a pas fait ; et souvent même il ui'a avertie indirectement des dangers auxquels mon impriKlciicc allait m'exposer; enfin je suis certaine que Struenser, shu collègue, le redoute et voudrait s'en défaire; que lui d ' smi ciité déleste Struensée, qu'il le verrait avec plaisir tomber du rang qu'il occupe; et de là à nous y aider... il n'y a qu'un pas.

KOLLER. C'est possible; mais je ne peux pas souffrir ce Bertrand de Rantzau; c'est un malin petit vieillard qui n'est l'eimemi de personne, c'est vrai, mais il n'a d'ami que lui. S'il conspire, c'est à lui tout .seul et à son béneliee ; en un mot, un conspirateur égoïste avec lequel il n'y a rien à gagner, et, parlant, rien à faire.

LA REi.NE. C'est ce qui vous trompe... (Regardant vers la coulisse à gauche.) Tenez, le voyez-vous dans cette galerie, causant avec le giand chambellan? il se rend sans d^iule au conseil; laissez-nous; avant de l'attirer dans notre parti, avant de lui rien découvrir de nos projets, je veux savoir ce qu'il pense.

KOLLER. Vous aurez delà peine'.. En tout cas, je vais toujours répandre dans la ville des gens dévoués qui pn parerouiro|iinion|)ublique. Herman et Chrisliaiisont deseonspiraleurs secondaires qui s'y entendent à merveille ; pour cela, il ne s'agit que de les payer... Je l'ai fait, el niainteiianl à ce soir; comptez sur moi et sur le sabre de mes soldats... En fait de conspiration, c'est ce qu'il y a de plus positif. (// sort par le fond en saluant Rantzau qui entre pur ta gauche.)

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