‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 124 sur 975 · SCENE HI · texte numérisé non relu

SCENE HI

CIIRISTI.XE, GOELHER, R.VNfZ.XU, entrant par la porte du fond; KOLLER.

GOELHER, courant à lui avec cnipresseni"nt. K\\ ! monsieur 1 ' c.iMite, venez rassurer Madem liselle, qui est dans un efl'roi... j'ai I eau lui répe'ier i|ue ce ne sera rie.i... elle est tout e une, toute troublée.

R.wrzii', froidement et le regardant. Et v.iu-, partagez bie i vivement ses peines... cela doit èire... un amanl hieu épris. Ali'rri'vant Kuller.) .\li! vousvoili, colonel?

KOLi.Eii. Je viens prendre les ordres du conseil.

G lELUKR, vicemcnt. Qu'a-t-il décidé?

RANrzvu, froidement. Ou a be.iucoup parlé, délibéré; Struensée voulait qu'on entrât en arr.inge.ncntavec le peuple.

LAGNY. — liiiiiriiiicrie du VuLAT el Cia. — Hîo S —

BERTRAND ET RATON

ciiEi.iir.ii, viccmeiit cl avec approhatiou. 11 a r.iisuii ! piHilqiKii r;i-t-oii mécontenté?

UANTZAU. M. de F.ilkmskii'lil, i|iii est poui' l'éiiersio, voi:lait (l'aiitros argiimeiils; il voulait faire avancer do l'arlil- Icric.

coELiiKR, ile mcinr. An fait! c'est le inoye;i t\\-\\ finir; d n'y aipie cchii-Ià.

RANTZAi'. Moi , j'élais d'nn avis <\n'\ a d'aliord élé géilér, lonient repoussé, et qui forcément a fini par prévaloir.

KOI.LER, CHRISTINE ET C.OEMIEH. Elipiel eSt-il'?

RANTZAi', froid'nivnl. De ne riell faire... c'est ce (|n'ils fo;it.

fiOEEiiER. Ils nont peut-être jus tort, pare.; qne, ciirri, quand le peuple aura liieil crié...

RANiZAU. Il se lassera.

coELiiER. C'est ci; que j'all lis din\

KOLI.ER. Il fora comme ce matin.

wkKïZkv, s'afisrxjunt. Oh! mon Dii'Uj rtni.

coÊuiER, se rassurant. N'ost-d pas vrai?.. Il lirisera les vitres, et voilà tout.

KOLI.ER. C'est ce qu'ils oiil déjà fait à tiuis les hùtols des minislrcs, [A Gœlher.) ainsi qu'au vôtre, .Mon-iciil',

coEMiER. Eh bien ! par i-xeniiile !

RANiZAU. Quant au mien, je suis tranquille; je les on défie bien.

G.iEi.nER. Et pourquoi cela?

iiAMZAU. Parce que, depui.s la derniéro émeute, je ii'ai pas fait rcnietire nu seul carreau aux finrôlvesdi' mon liôlel. je me suis dit : Çi servira pour la première foi;.

cmtisïiNE, l'Ciju'.ant près de lafcmHrc. Cela si' calme, cela s'apaie nn peu.

r.oELiiER. J'en étais sûr ! 11 ne faut pas s'e!Trayer de toutes ces clainenrs-!à. Et qu'en dit mon ond.- le ministre de la marine?

RANTZ.U', froidement. Nous ne l'avons pas vu. [Aivc ironie.) Son iudispo^iiion, qui n'était que li''i,'ère, a pris depuis les derniers troubles un caractère a-sez grave. C'est comuie' une fatalité; dèsiin'il y a iînicule, ilost aO lit,il est nud.rdi:!

COELIIER, avec intention. El vous, vous Vous portez bien?

iiANiZAU, souriant. C'est peul-Clrc ce qui vous fâche. Il y a des gens que ma sauté iiVet de mà^iVaiso humeur et ([ui voudraient me voira l'e\tiémi;é.

r.oEi.iiER. Eh! c|ui doue'?

RAMZAiJ, toujours assis, el d'un air yoguenard. Eti ! ivnis, par exemple, ceux qui espèrent hériter de moi.

coEi.iiER. Il y eu a qui pourr.iieiU hériter de votre, vivant.

RAMZAii, le regardant froidement. .Monsieur de Cu'llier, vousi|ui, eu ijualdé (11' conseiller, avez fait votre droit, av.zvous lu l'article 302 du Code daiios?

goelher. Non, .Monsieur.

hantzau , de nténie. Je m'en doutais. Il dit (|u"il ne suflit pas (pi'une succession soit ouverte', il fa it encore être apte à succéder.

GOELHER. Et à qui s'adresse cet axiome?

lUMZAii, rfc même. A ceux qui manquent d'aptitude.

COEUIER. Monsieur, vous le prenez bien bau, !

RAMZAi', se levant et sans changrr de ton. Pardon!., .\llezvous demain au bal de la reine?

GOEUiER, at'ce colère. Monsieur !

RANTZAU. Dansez-vous avec cite?.. Les qualiides sonl-ils de Votre compodtion?

COELIIER. Je saurai ce que signifu: c ; pcr.iiflajo.

RAMZAU. Vous m'accusiez de le prendre trop haut!.. Je de.-ceuds: je me mets à votre portée.

COELIIER. C'en est trop!

cHRisrmE, près de la croisée. Taisc'z-vous donc! je crois que cela recommence.

GOELnER, avec eljrui el remoutanl le llié:Ure. Encore! e-t-ce que cela n'eu finira pas?., c'est uiiiqqinrlable!

c,i:iisiLNi:. .\\i'. mon Dieu! tout est perdu!.. Ah! mon

Sr.ÈNE IV.

KOI.T.Efî , à l'e.vlnhnité du IhVdre , à r/auehe ; GOELHER, CllUlSTlN!-, E.\EKE\SKIELn, UAMZAU à l'extrémité, à drodc.

FAi.Kr.NsiciEi.il. Rassnrez-ViMis! ces cri- ipie l'on entend d.ins le hiinlain n'ont plus rien d'effiMy mt.

GŒi.iiER. Je le di~.iis bien... re'A ne pouvait p.is durer!

ciiRisïiNi;. Tout est donc leVunué?

FAi.KENSKiEi.D. Pas cncoro ! il\ai,îG»la va mieux.

HVNTZui ET KOLLKR, c/i.iMM « part, et d'wi air fâché. Ah! mon Dieu !..

FAi.KEN KiR'.D Ou av.iil bo lu iv\)é'er à la multitude que l'on n'avait pas attenté à la liher:é de Rjrkenstaff, que luimême, sans doute p.vr prudeiieo ou pir n.o lestie , avait vonlii se dérober aax ^loinienrs qu'on lui préparait, et se s ni-::raii-o à tous les rep'ards ..

luNizvi;. Au moment d'im Irionqihe, ce n'est guère vrai- .senibhi *e.

!■ M.KKNsKiELD. Jo lie dis pss iiouj aussi OU aurait eu [leiité;re de li peine à eouvaincre ses partisans, sans l'arrivée d'un régiment d'infuilerie, stii' lequel nous ne comption-. p is , et qui , pour se reiulh^ i\ si\ nouvelle g.irnison , traversait Ooivenhagne tambour battant el enseignes déployées. Sa pr.'sence iiialtenJlie a changé la disposit'ou des esprits; on a eoaimeneé à s'eatendre, et, .siir les assurances réitérées (]u'o:i ne né'gUgerail rien pour rechercher el découvrir Raton liurken taflr, ch.\cuu s'v.st relil-é chez soi, excepté quelipics individu-; qMi sertlljlaiCiit Jllli'îillrc àlàche d'exciter et de cun tiiuier le désoi'iU'ê.

KOLi.icR, à part: Ce ,s.iiit les rt Mrcs!

FAi.KENStiiELii. Ons'ci'i 6.4 ciliparé,

KO'i.LE:;, à part. 0 cieî !

r.LHENSKiELU. Et cmniue, cette fois, il faut eii finir...

GSLiiRR. C'est ce que je répète depuis ce matin.

F^LKEVSKiELi). Coimiio il lie faut plus que de pareilles se 'lies se r.Mio-.ivellent, nous s.mimes décidés à prendre des m -sure-; sévère'.

lUNiZvU. Q.ielssonl eeuv qu'on est parvenu à siisir?

EALKENSKiKLD. Dcs goiis ob-cui's, incoiinus...

icoi.i.KR. Sait-on leurs noms?

EALKENSKiELD. Ibîruiau et Christian.

Koi.i.Eii, à part. Les nuladroits!

F.vLiii;N5KiKL[). Vous couipreuez que ces misérables n'agissent pas d'eux-mêmes, qu'ils avaient reçu des instructions et do l'argent; et ce i[u'il nous importe de savoir, ce sont les genî qui les font agir.

UANizAi), regardant h'oller. Los nommeront-ils?

KALKENSKiELD. Ssiis douto!.. lour gràco s'ils parlent, et fusilles s'ils se taisent. (.-1 Ranlzau.) Je viens vous prendre pour Is interroger et arriver pa^ là à la docouverlc d'un

cumiibit... !....,■) , \ ■ i .. \, . .■•■ .. .\

KoLLE.u, .s'arançànl vers Falltenslcield. Dont je crois tenir déjà (piel pie, r.iuiilications.

FALKENSKiKLU. Vous Koller!

KOLI.ER. 0,n,Mnri.sdgncur. [Apart.] Il n'y acjueêc moyen de me sauver.

HANTZAU. Et p'onrquoi ne pas nous avoir l'ait part plus têjl de vos lumières à ce sujet?

KOLI.ER. Je n'ai de certitude qm^ d'aiijo n'd'biii, et je m'étais empressé d'accourir. J'attendns h lin du conseil poMc

DlinTttAND ET HATÛN.

piirloi- nu comte Striionsôe; miis, iiiiis(|iii.' vous voilà. M( ssi'ij;ncurs...

FALKiiiNSKiEi.n. C'cst bicii... Noussoiiimos pi'ùls il VOUSCIÎtiMiiIre.

ciutisTiiNK, qui était au fotul avec Giiiher, a redescendu le lliéàtre de qriel(ines pas. Jii nin retire, uiou père.

RM.KKNSKiEi.D. Oui, |)our iiMel(|ues iii'-tauls.

ciiniSTlNE. Messieurs... (liUc Ictir fait la rérérence.sortpar la porte à (fauche; Clirlher la rscomluit par la iitain jusque-là, et se dispose à sortir par le fond.)

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