‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 156 sur 975 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

JEAN ET SES Compagnons, ÉRIC, MARTHE, entrant la première, et s'élançant vers son /ils, qu'elle embrasse ; RATON, entouré de tout le peuple; RANTZAU, CHRISTINE, FAL- KENSKIELD, GOELHER; derrière euv KOLLER; et au fond, Peuple, Soldats, Magistrats, Gens de la cour.

MARTHE, embrassant Éric. Mon fds !.. blessé! il e-it blessé!

ÉRIC. Non, manière, ce n'est rien. (Elle l'embrasse à plusieurs reprises, tandis que le peuple crie :) Vive Ratun Burkenstatf!

RATON. Oui, mes amis, oui, nous avons enfin réussi; grâce à moi, je m'en vante, qui, pour le service du roi, ai tout mené, tout dirigé, tout combiné.

TOUS. Vive Raton!

RATON, à sa femme. Tu l'eiitends, ma femme, la faveur m'est revi nue.

MARTHE. Eh! qui! m'importe à moi! je ne demande plus rien ; j'ai mon (ils.

RATON. Mais, silence. Messieurs! silence!.. J'ai là les ordres du roi, des ordres que je viens de recevoir à l'instant; car c'est en moi que noire auguste souverain a une contiance illimitée et absolue.

JEAN, à ses compagnons. Et le roi a raison. (Montrant son maitrc qui lire de sa poche l'ordonnance du roi.) Une fiUneuse tète, .'■ans que cela paraisse ! Il savait bien ce qu'il faisait en jetant l'or à pleines m tins. (Av.'c joie.) Car de vingt mille florin-, il ne lui reste rien, p,is une rixil il.'.

RATON, tout en décachetatit le papier, lui f lisant signe de se taire. Jean!..

.lEAN. Oni, notre miitri". (A ses compagnons.) En rev.inc'.ie, si ça avait mal t luriié, nous y passiims tous, lui, son fils, si famille et ses garçims de boutique.

RATON. .lean, taisez-vous!

JEAN. Oui, notre maître (Criant.) Vive Burkenslaff!

riATOX, avec satisfaction, tl'est bien, mes amis; mais du silence. (Lisant.) «Nous, Cliiisfian VII, roi deDauemirk, à « nos fidèles sujets et habitants de Copeidiague. Après avoir (I puni la tralii-on, il nous reste à récompenser la fidélité Il dans la personut! du comte Bertrand de llant/.an, (pie, « sous la régence de notre nirre, la reine Marie-Jidie, iiods « nommons notr' pi'eniier ministre...

RANTZAU, d'un air modeste. Moi, qui ai demande ma reti'aite, et (pii veux me retirer des alfaiivs...

RATON, sévèrement. Vous ne le pouvez pas, monsieur le comte; le roi l'ordonne, il faut obéir... Laissez-moi achever, de grâce! (Continuant à lire.) « Dans la per.sonne du comte « de Rantzau, que nous nom.iioiis premier ministre, (Avec a imphase.) et dans celle de Raton de Burkeiistair, négo- « cianl de Copenhague, que nous nommons <l uis notre mai- « son royale, (Baissant la voix) premier marchand de so:e- « lies de la cour mne. »

TOUS. Vive le roi !

JEAN. C'est superbe! nous aurons les armes royales sur notre boutique.

RATON, faisant la grimace. La belle avance ! et au prix ipie ça me coûte!..

JEAN. Et moi, la petite place que vous m'aviez promise?..

BAioN. L lisse-moi trampiille!

JEAN, à ses compagnons. Quelle ingratitude!., moi qui suis cmse de tout... aussi il me le piiera !

RANTZAU. Puisque le roi l'exige, il faut bien s'y soumetre, Messieurs, et se charger d'un fardeau qu'allégera, (.-lu.v magistrats.) l'affection de mes concitoyen-;. (.-1 Éric.) Pourv.ms, mon jeune officier, qui dans cette occasion avez couru le; plus grands riscjucs... on vous doit quelque récom|)en e.

ERIC, avec franchise. Aucune : car je puis le dire maintenant à vous, à vous seul... (A demi-voiœ.) Je n'ai j.imais conspiré !

RANTZAU, lui imposatit silence. C'est bien ! c'est bien ! voilà de ces choses qu'on ne dit jamais... après.

RATON, à part, tristement. Fournisseur de la cour!

MAitruE. Tu dois être content... c'est ce que tu désrais.

rkton. Je l'étais déjà par le fait, excepté qu; je fournissais deux reines, et qu'en en renvoyant unj, je perds la m litic lie ma clientèle.

MAiiTHE. Et ta as risqué ta fortune, ton exist'iicj, celle de ton fils, qui est blessé... dangereuseaient pejt-è:re... et p lurquoi '!

iwvitfi, niuntrant Rantzau et Koller. Pour que d'autres en profitent.

MARTHE. Faites donc des conspira ions!

RATON, lui tendant la main. C'est dit... désormais je les rcgardi'rai passer, et le diable m'euiiiorte si je m'eu mêle!

Toiu LE pEUi'LE, entourant liantzau et s' inclinant devant lui. Vive leciiuile deRantzin!

FIN DE BERTRAND ET RATON

VIALAT ET C", IMPRIMEURS ET ÉDITEURS

iioSBi.. Commeni, Monsieur, tous connaisseï le gou'crneur. — Acle 3, scène 4.

LA BOHÉMIENNE

ou

l'AMÉRIQUE E^ MVÔ

DRAME inSTOKHjrK KN CINy ACTES ET EN l'RlKE

Représenté, pour la pre:>ilére foli, ik Paris, sur le (hrùtrc du Gymnnse Urniuatlque, le 1" Juin I St»

EN SOCIÉTÉ AVEC M. MÉLESVll.LE.

— Il Çh£h5Xi« Il

LORD GAGE, gouverneur de Boston.

MISS HENRIETTE, sa fille.

LIONEL LINCOLN, colonel de dragons

de Virginie.

ARTHUR, capit.iine au même régiment.

t^rreonnagce.

ZAMBARO, bohémien.

BATHILDE, sa ni.e.-.

SIR COKNEY, sccrélair.' du gouverneur.

J.\K, garçon d'auberge.

Soldats américains, matelots, peuple.

La scène se passe, au premier acte, dans la maison de campagne de lord Gage, à deux lieues de Boston. — Au.r deuxième, troisième et quatrième, dans iauberye de la Couronne, sur le bord de la tner. — Au cinquième, dans le palais du gouverneur.

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