‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 274 sur 975 · CROSBY, LORD TRESSILLYAN, HÉLÈNE, DURO- CHER · texte numérisé non relu

CROSBY, LORD TRESSILLYAN, HÉLÈNE, DURO- CHER

LORD TBEssiLLYAiN, Saluant respectuettsement. Miss Hélène!.. (A part.) C'est bien elle que j'ai vue hier à l'Opéra... plus jolie encore qu'aux lumières... c'est rare !..

HÉLÈNE. Qui me proc;ire, Milord, l'avantage de votre visite"?

TRESSILLYAN. Je vais vous le dire en peu de mots... J'ai vu de vous des lahleaux charmants...

HÉLÈNE. Où Cela, Monsieur?

TRESSILLYAN. .Mais... partout...

CROSBY, à part. C'est bien étonnant, car ils sont tous chez moi !

TREssiLLY.vN. Je Ics ai vus... c'est vous dire que j'ai été ravi... enthousiasmé!

DUROCHER, à part. Et lui aussi!

TRESSILLYAN. J'adorc Ics aris... mais je n'aime pas les artistes, c'est bizarre, n'est-ce pas!.. A moins qu'ils ne .soient comme vous, miss Hélène, adorables, enchanteurs'.. Et attendu qu'il manque à ma collection un ouvrage de \ous... j'en veux un... il m'en faut un'...

HÉLÈNE. Je vous remercie, Milord, de l'honneur que vous voulez bien me faire... mais je n'ai pas de tableaux; je viens de vendre le dernieràraonsieur Crosby.

CROSBY. Le voici, Milord.

TRESSILLYAN, regardant le tableau avec son lorgnon. Un paysage ! . , avec de l'eau, de la verdure et des arbres. C'est justement ce que je voulais. C'est ravissant ! Et c'est, monsieur Crosby, un marchand de tableaux... au fait c'est son état... qui vient d'acheter celui-ci !.. Combien avez-vous payé cela, mon cher?..

CROSBY. Cent guinées, .Milord.

TRESSILLYAN. C'cst pour rien.

DUROCHER, à part. Ah ! mon Dieu !

TRESSILLYAN. Je VOUS cu doniiB cent cinquante.

CROSBY. Non, Milord.

TRESSILLYAN. DcUX CCntS.

CROSBY. Cela m'est impossible, sur mon honneur...

TRESSILLYAN. Alofs!.. deux ccut cinquante , et n'en parlons plus... il est à moi... (.ippelant.) Holà...

HÉLÈNE, bas, à Durocher. Vous voyez bien !

Di ROCHER, à part. C'est à confondre!

CROSBY, à part. Ah çà , est-ce que réellement cela vaudrait cela... si ce n'était la défense de lord Clavering!..

TRESSILLYAN. Que l'on porlB cela dans ma voiture...

CROSBY, haut, à Tressillyan. Pardon, Milord... j'ai dit à votre seigneurie que cela ne se pouvait pas... c'est déjà vendu et d'avance pour l'Allemagne et pour la Russie... {Il prend le tableau qui est sur le chevalet.)

DUROCHER, à part. Ah bah!

TRESSILLYAN. C'cst différent... je n'insiste plus, je prierai seulement miss Hélène do vouloir bien, [lour le même prix, m'en composer un dont je vais lui donner le sujet...

CROSBY, qui est passé prés de Durocher. Eh! bien, Monsieur, avez-vous peur encore que je ne m'en retire pas ?

nuROCHER, à demi-voix. .Ku contraire. Monsieur... votre fortune est faite... et la mienne aussi.

CROSBY. Que voulez-vous dire?

DUROCHER. Ne retournez-vous pas à Londres?

CROSBY. A l'instant... j'ai ma voiture qui m'attend.

DUROCHER. J'y monte avec vous et en route nous parlerons affaires... et vous verrez... je ne vous dis que cela!

CROSBY. A vos ordres. Monsieur. {Lord Tressillyan cause bas avec Hélène, et Crosby enveloppe le tableau dans une toile.)

DUROCHER, à part. Quand il verra ma Niobé, ma bataille de la Moscowa... etc., etc.. en tout dix tableaux... dix cliefs-d'œuvre !.. à six mille livres seulement, l'un dans l'autre... (.-1 Crosby.) Je suis à vous. Monsieur. Soixante mille francs de capital... je me retire des arts...

LA PROTEGEE SANS LE SAVOIR

DUROCBER.

AiB nouveau de M. Numa fils.

Venez, Monsieur, et donnez-moi la main; Vous allez être enchanté, je le jure,

Venez, Monsieur, dans votre voitu;-e Nous causerons tous les deux en clieniin. Oui, r Angleterre et la France, lieureu\ sort,

Dont mon cœur accepte l'augure !

Toutes les deux vont être enfin d'accord,

(.1 pari.) Par malheur ce n'est qu'en peinture !

ENSEMBLE

DUHOCHER.

Venez, Monsieur, et donnez-moi la ma'D, Vous allez être enchanté, je lu jure.

Venez, Monsieur, et clans votre voiture Nous causerons tous les deux en chemin,

CROSBT.

Allons, Monsieur, et donnons-nous la main ; Vous le voulez, j'en accepte l'augure.

D'être enchanté, Monsieur, je suis certain. Nous causerons tous les deux en chemin.

LORB TRESSILLÏAN.

C'est hien heureux, ils s'éloignent enfin; Et de grand cœur je bénis l'aventure : C'est bien heureux, ils s'éloignent enfin, Et que le ciel les conduise en chemin.

HÉLÈNE

Que me veut-il? ah! je le cherche en vain. Et singulière est pour moi l'aventure ; Que me veut-il? oui, je le cherche en vain. Nous voilà seuls, il va parler enfin?

(Durocher sort avec Crosby par la porte du fond ]

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