‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 34 sur 975 · M. DE MIREMONT, CÉSARINE, O.SCAR, BERNARDET · texte numérisé non relu

M. DE MIREMONT, CÉSARINE, O.SCAR, BERNARDET

OSCAR, allant au-devant de AI. de Miremont, à qui Césarine donne le bras. Que c'cstraimable .'i vous, monsieur le comte, de venir ainsi à un déjeuner de garçons!

BERNARDET. Et dc si bofluc hourc encore! cane m'étonne pas. L'exactitude est la politesse des... supériorités en tout genre... A ce titre, vous deviez arriver le premier.

M. DE MuiEMONT, û ûscttr. Oui, moii cher ami, j'ai voulu v.'iiir de bonne heure pour vous prévenir qu'à mon grand r.'gret je no pouvais [las déjeunor avec vous!

OSCAR. 0 ciel !

M. DE AUREMONT. Et VOUS faire moi-même mes excuses.

BKiiNVRDET, lias, il Oscar. Que vous disais-je?,.

M. DE MUiEMONT. Nous avons ce matin, an Lu.xembourg, h la cbamlu'e des pairs, une séance où je suis indispensable.

OSCAR. Connnent!.. vous ne pourriez pas y manquer?..

M. DE MUIEMONT. C'cst préciséfflont c<: (pie tout h l'heure me dirait ma femtne.

LA CAMARADERIE

oscAH, na'fvement. En vérité?..

M. Dii MiuRMOiST, d'un air 'frave. Parce que les femmes ne se (lûiilenl pasHc l'importance des choses; elles voient une partie de pUvisir qui les séduit, et voilii tout... mais nous autres!., c'est différeni !

liEnNARDET, Je présume que monsieur le comte a souvent à combattre. . et contre un redoiitahle adversaire?..

M. DE juiiEMOM-. Mais i)un,Ce-arine est vraiment fort raisonnable... Je lui cède volontiers, et même avec empresseraenl, dans toutes les petites occasions ([ui peuvent lui être agréables: mais dès qu'il s'agit d'allaires graves, d'alTaircs d'État... elle sait bien qu'il est inutile de me prier... et elle ne l'essaie même pas.

cÊSARiNE. Aussi cc matin, Monsieur, vous me rendrez la justice de dire i|ue je n'ai pas insisté'.

M. DE Muir.MONT. C'cst vrai.

ciiSARiNE. Kt cependant, si vous l'aviez bien voulu, vous auriez pu ne pas causer cc dés ippointement à ce pauvre Oscar, et donner congé à la chambre haute, qui devrait bien s'habituer à marcher sans vous... car, enfin, si vous étiez malade...

SI. DE MiREMONT, d'wi air sét)ére. Ma femme!..

cÉSARiNE. Allons, ne vous fâchez pas, je me tais... je n'ai pas envie de nie faire une querelle, et puisque vous le voulez absolument, que rien ne vous arrête... allez au Luxembourg; j'irai pendant ce temps-là à la séance du Conservatoire... sitoulel'uis vous ne vmisy oppos:'z pas (^nr-ore...

M. DE MiREMOM, s'incUnant et lui prenant la main. Ma chère amie...

cÉSARi.NË. J'ai dans la loge du ministre une place que sa femmi; m'a ollerte, et qn'lieurensi'mont je n'avais pas refusée.

M. DE MIREMONT A la boiiue heure.

BEnNARDET, à part. C'est là qu'elle voulait aller!

CESABiNE, gaiement, à Osrar. Ce sera du moins un dédommagement qui ne me consolera pas de ce que je perds, mais qui lu'empêeliera d'j' pen-er... (.4 .)/. de Mirenvml.) Partez vite; la voiture vous conduira d'abord au Luxembourg et viendra me rejoindre ici... où j'ai à parler à monsieur Befnardet.

BERNARDET. Trop hcurcux d'être à vos-ordres!

cÊSARiNE. OsL'ar, donnez donc le bras à voire cousin... jusqu'à la voiture...

M. DE .MuiEMONT. Couime VOUS voudi'ez, mais e'e,-t inutile.

BERNARDET. .Ic le CTois bicu, monsieur le comte n'a pas besoin de bras; il a pour son âge une vivacité et une verdeur... Il est plus jeune i|ue nous.

OSCAR, d'un air malin. Je m'en rapporte à ma cousine !

CÉSARINE. Vous èlês bùte, Oscar.

OSCAR, r/anf. N'est-ce pas, je suis drôle!.. (.4 part.) Elle est un peubégueule, macousine, maiselle estbien aimable... [Offrant sun bras à M. de Mirenmnl.) Je vous conduis jusqu'en bas... (.4 Bernardet.) Je doniii; les derniers ordres pour le déjeuner... (A Cesarine.) et je reviens.

M. DE MIREMONT. Adicu, ma femme!., ne sois pas fâchée contre moi, et surtout ne t'impatiente pas. Dans un quart d'heure je te renvoie la voiture. (H sort awc Oscar.)

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