‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 382 sur 975 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

LUZY, POT-DE-VIN, OCTAVE, CÉLINE, tous les deux en grand costume de mariés; Paysans.

CHCEOR.

Ai» de 7a Petite Gouvernante

Célébrons le mariage Dont ils ont forme les nœuds Tous les deux :

KiG

LE MARIAGE ENFANTIN

A (lis ans dans leur ménage, Ils unt le lemps d'étie heureux.

CELINE.

Quoi! la chose esl bien cerlaino; . ' Moi Madame et vous Monsieur?

Quel bonheur!

Oui, je le croirais à peine.

Si ce n"61ait Mon bouquet.

CHŒUR

Célébrons le mariage, etc.

OCTAVE. Et moi donc, je n'en reviens pas encore... (Saufaut de joie.) Et si tu savais comme J!' suis content!

cÉLl^E, le Tcletiant. Monsieur de Balainvillc, nos vassaux nous regardent.

Luzv, s'avançant. Madame de Balainvillc me pcrmettra-t-cUe de lui présenter mes compliments de fcliritation?

cÉLmE, courant. Ah! c'est monsieur de Luzy; mon Dieu! comme vous venez tard aujourd'hui; ni'avczvous appporté les bonbons que vous m'aviez promis?

nzv, lui présentant itn cornet. Je n'ai eu garde d'y manquer.

OCTAVE, la tirant par sa robe. Sladame de Balainvillc, y songez-vous?

CÉLINE- Tiens, pourquoi donc? est-ce que, quand on est marié, on ne peut plus manger de bonbons? (En manycant un.) Ce sont des pistaches.

OCTAVE, qui veut en prendre dans le cornet. Du tout, ce sont des dragées... {Céline ferme le cornet.)

CÉLINE

Air du Lendemain.

Laissez-les donc, je vous prie.

Puisque vous prenez ce ton.

LIZV.

Dune telle économie .le devine la raison :

Cela se voit de soi-même, Madame dans ce [liiiàer Les ^arde pour le baptême De son premier.

cÉLixE. N'est-ce pas. Monsieur?.. {Apercevant une grande corbeille que l'on vient de placer sur la table.) Ah! regarde donc, une corbeille! que c'est joli de se marier! C'est très-bien à mon beau-père d'avoir pensé à cela... {S'approchant de la table, et s'élevant sur la pointe des pieds.) Mais comment voulez-vous que je la voie? c'est trop luiul; ôtez-la donc de dessus cette table.

poT-DE-viN, aux paysans. C'est trop juste, posez-la à terre... {Pendant gîte Céline regarde.) Je profiterai de cette occasion pour présenter une pétition à monsieur le baron et à madame la baronne... J'ai mon fils, un excellent sujet... il est vrai de dire que c'est moi qui l'ai élevé... il a tantôt onze ans, et commence l'arithmétique; je désirerais le placer auprès de Monseigneur comme intendant.

Li'ZY. C'est trop juste : voilà un petit intendant très-bien proportionné; et je ne doute point qu'avec les soins de monsieur Pot-de-Vin, la maison de monsieur le baron ne soit bientôt montée sur un pied très-respectable.

POT-DE-VIN. Sans doute; j'ai mon petit dernier, que je compte vous offrir en qualité de coureur, des qu'il commencera à marcher.

CÉLINE, qui pendant ce temps a regardé la corbeille. C'est bon, nous le prendrons... Les belles dentelles!

{D'un air de dédain.) Par exemple, une poupée... {.i Octave.) Il me scnibliî, mon ami, que monsieur votre père pouvait très-bien se dispenser de me faire ce cadeau-là.

LUZY. On dit pourtant que vous y jouez à ravir*.

CÉLINE, faisant la révérence. Monsieur, je vous rends grâces, mais je voulais vous dire... {Bas, à Octave.) Renvoie donc tout ce monde-là, afin que nous puissions parler au moins de nos aiïaires.

OCTAVE, aux pai/sans. Oui, mes amis retirez-vous, laissez-moi avec ma femme.

CÉLINE, aux paysans. Attendez, attendçz. {Bas, à Octave.) Donne-leur donc de l'argent.

OCTAVE, tdtant son gou-iset. C'est que je n'en ai pas.

CÉLINE. Comme si les gens de qualité en avaient jamais, puisqu'on a un intendant.

OCTAVE. C'est juste. Monsieur Pot-de-Yiii, vous vous chargerez, vous ou votre fils, de distribuer de l'argent de ma part à ces bonnes gens. {Aux pay.sans.] Allez. {Octave et Céline se placent à côté l'un de t'hulr"; tous tes paysans passent devant eiu: en chantant le chœur.)

Célébrons le mariage, etc.

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