‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 398 sur 975 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

PROSPER, GUILLEMAIN, trois CRÉANCiEns.

CIIŒIJR.

Oui, sans laçons, , Nous Venons Furibonds ; Il faut vite Qu'on s'acquîtttei Ou nous allons, Avec juste raison.

Tout saisir dans la maison PROSPER, à table.

Sans façon, un verre on deux; Car, Messieurs, je le suppose, Si vous venez dans ces lieux, C'est pour prendre queUpie chose.

CHŒUR

Ouï, sans façons, etc.

cui.i.EMAiN. \b.ili^ieiir, il iies'at;it pasilr cela, il f.uit nous payei'.

PROsi'ER. Oli! je n'aime pas les criailleries, père TiuilliMnain , arrangez cela avec ces m scieurs, vous qui êtes le plus furt ; j'aime autant ne deviiir qu'à un.

(a ii.i.EMAiN.. Monsieur, Mnnsieur! point de mauvaises plaisaiileries, mes iiiomeiits sont complês.

PRosi'ER. lili bien ! voire ai'gent ne l'est pas.

r.iiiLLEMAiN. Alors, Monsieur, nous saisirons le mobilier.

PROSPER. Saisissez, qu'est-ce que ça me fait? je logo en garni, et l'on est obligé de me fournir; mais, tenez, quand ou a des affaires un peu embrouillées, il faut so décider à des sacrifices, et je vous abandonne ma tr.igédie de Cicéroil.

cri(.i,EM4iN, «ux KJK/rM. Bah! bail! inventorions toujours, d'abord, ouvmns Iv socrétaire.

PROSPER, toujiycUrs mani/mnl. D'est là que vous le trouverez, un ouvrage snlilime ! c'est de l'or en barre.

ciii.LEMAm,^rMifl)i( le rorile'a'ft, et avec surprise. C'est de l'or!

roi's, regardant. l)c l'or !

MtospER, conli}iuanf'de manç/er, H ,««»,? se détourner. l'A! mii, je vous le disais bii'ii, et pourtant je vous le «■'de, 30 vous l'aliandoune; je suis sûr que [lour vous oija vaut mille écris, içiouT le mnins.

cun.i.EMAiN. Pas tout à fait; mais cnliii, tel que cela ost, nous nous 011 conton^f roiis. (flaw , aux au'res rréniiciers.) UitcS doTlc, vcrtis auiîT^s, trois rouleaux, qirnz.' cents l'ra^vcs , wnus (louvo»»*, sans y perdre, ii'i n preiidi-e que mo^tW',

ruEnnîR ciiitwïacR . Mais oui.

rifn\itsiEfni:;\*(îiif.ii. C'est aussi mon avis.

T.lii.i.KMAiN. C'est bmi, c'^est bon. Je suis chargé |iar M. ^'osii'er t1«> ré-gler les coniptes.

LES CRÉANCIERS, ensonble. AliTOSieur, voici nos quittances.

r.vn.i.EiiAiN. Voici la mienne aussi.

PROSPER, les regardant. Comment! il snait possible? eh bien ! je no l'aurais pas cru , et voilà 1111 trait qui fait honneur au corps des usuriers. IPrenant les quittances ) Ah çà! monsieui' GuiUeiiiain, vous aimez donc l-i- littérature*

Giin.LEMAiN. Mais dame! Monsieur, qu'est-ce que vous appi'Icz la liltérature?

PROSPER. J'entends que vous êtes capable d'apprécier un pareil trésor.

(UjLj,EMAiN. Parbleu ! je iic connais pas de meilleure valeur, quand les pièces sont lionnes.

PROSPER. Excellente, celle-là, excellente, je vous en réponds ; c'était ma fortune! mais, heureusement, je ne suis pas encore épuise! et j'aurai longtemps des ressources de ce gciire-là.

f.nixEMAiN, vivement. J'espère conserver la pratique de Monsieur, et mes magasins...

PREMIER CRÉANCIER. Moii rcstaiiraiil. ..

DEUXIÈME CRÉANCIER. Ma bourse...

TOUS. Sont au service de Monsieur.

pROSPEii. 0 Cicéron ! voilà de tes prodiges. Vois ces modernes Calilinaconfiindus à ton aspect.

GU1U.EMA1N. Catilina; vous êtes bien bon; la vérité est que Monsieur est toujours sûr de nous trouver.

Air : Le magistrat.

Je crois connaître un peu les hommes Et de parler, s'il m'est permis.

Des créanciers tels que nous sommes Sont bien plus sûrs que des amis; L'amour que ceux-ci vous témoignent

LE iMÉNAGE DE GARÇON.

PBOSPBD. Et] Dieu me paidonne... je crois que ce sont des viïK),

Disparaît avec les beaux jours ; Le malheur vient, tous les amis s'éloignent : Les créanciers restent toujours.

PROSPER. Mes amis, j'accepte. {A Guillemain.) Il me faudrait un habillement complet, plus une redingote Irès-éligante, pour la ville, et une robe de chambre pour rester chez moi. (Au premier usurier.) Il me faudra aussi des meubles; car je suis las de loger en garni. (Au deui'ième.) Et vous : [Comme une idée qui lui vient.) parbleu! il me faut ce soir, le plus joli petit souper, des vins fins, une chair exquise, et qu";i neuf heures tout soit ici. Je veux inviter deux ou trois amis pour rire avec eux de l'aventure. (.1 Guillemain.) Tu passeras chez Saint-Ch.irles, Ernest et les deux Senneville, leur dire que je les attends.

CHOEUR, entourant Prospèr.

Air connu.

Nous vous nourrirons, Vous habillerons.

Et sur votre t^ible

(In vin délectable Va couler soudain.

PEOSPEB.

Ah! père GuillemaÎD.

(Les créanciers sortent.)

PROSPER, seul. Comment! ce n'est point un r(îvct voilà toutes mes dettes acquittées?

Air (lu vaudeville de Tiirenne.

0 Cieéron! rien ne manque h ta gloire : Toi, qui renilais les Romains attentifs.

Qui jamais Aurait pu le croire

Le même pouvoir sur des juifs?

Puisqu'on orateur mis on scèn.\

Aux créanciers fait donner des reçus;

Demain j'emprunte milli> Ocus

Et j'achève mon Démoslhèu&. .

LE MÉNAGE DE GARÇON

dudocaGB. Il esl toul à fait chez lui, moiblcn ! — Scène 18.

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