SCÈNE XI, PROSPEK, HUBERT
HUBERT. Qu'est-ce que je vois la?
pnosPKR. C'est toi , maître Hubert?
iiuiiEiiT. Oui, Monsieur, mais par oùèles-vous donc rentré? je ne vous ai pus aperçu.
PROSPER. Voilà ce que c'est que de ne pas être dans fa loge; je parie que tu étais chez le portier du n'IS, à faire de la politique.
HUBERT, troublé. Oui , Monsieur, c'était son jour de recevoir. (.4 part.) Eh bien! par exemple, me voilà dans de beaux draps. {Haut.) Vous savez que c'est après-demain le terme.
PROSPER , élevant la voix. Eh bien ! ne t'ai-je pas payé d'avance? le jour oii j'ai gagné ces cinquante écus à l'écarté.
HUBERT. Mon Dieu! je sais bien, il n'est pas nécessaire de parli'r si haut; je voulais vous dire qu'ignorant si vous vouliez renouveler...
PROSPER. Ah ! bien oui, un juif, un arabe tel que toi ; je suis seulement fâché de ne pas pouvoir te jouer quelque tour avant de nous séparer.
HUBERT. Vous uc m'en avcz pas assez joué, peut-être?
Air de Partie carrée.
Avec vous jamais je ne gagne, De me ruiner vous avez fait le plan, Et vous allez toujours à la campagne.
Aux approches du jour de l'an.
Enlin vous êtes, la saison deruiére.
Resté pans bois l'hiver entier.
Afin d'ùter, à moi propr.étairc, La bûche du portier.
PROSPER. Dès demain je te quitte : je ne veux plus d'hôlel garni , je uie mets dans mes meubles.
HiBERT, à part. Demain ! si cette idée-là avait pu lui priiidre aujourd'hui. {Haut.) Vous ne savez donc pas. Monsieur, qu'il y a ce soir une première représentation à l'Ambigu-Coinique? j'en ai entendu parler. Un ouvrage qui a été refusé au Théâtre-Français.
PROSPER. Diable! mais cela pourrait être bon; n'im-
LAGNY. — Imprimerie de Yialat et Cio. — K° 0 —
LE MÉNAGE DE GARÇON
porlo, jo 110 puis: je donne ce soir à souiioi' à une (loiiii-doiizaine de mes amis.
HUBERT. Commenl, Monsieur? Jésus-Maria, c'est fait de nous.
PROsi'ER. Ah ç.'i ! qu'est-ce que tu as donc , depuis une heure ! je te trouve un air tout cxtiaordinaire, une physionomie renversée.
HUBERT. Ce n'est pas sans raison; imaginez-vous, Monsieur, que pendant votre absence, il est venu ici très-souvent cette plaideuse que vous ne vouliez pas voir.
PROSPER. Serait-ce cette dame de iirovince.quenion père m'a recommandée dans ses dernières lettres? depuis qu''il me croit avocat, il m'envoie des afïaires tous les mois. J'espère bieçt que tu as toujours 4(t que j'clais à lacam|iague?
HUBERT. Oui, Monsieurj mais Je ne sais pas qi4 lui a dit que vous deviez revenir aujourd'hui ; elle fart antichambre ici à côté ^ivcç sa nièce ^ bien décidtje ^ attendre votre retour.
PROSPEu. Il parait que mon père ^^^ëniioi* WB-ftr talion. Parbleu! elle m'attendra loflnVîmps, car jj^^ sauve ; dnjine-nioi mon chapeau..
HL'BEiiT. Bravo ! le voilà dehoiïs.