PROSPER, ERNESTINE
PROSPER. Eh bien ! madame votre tante a-t-elle eu la bonté de m'excuser?
ERNESTi.NE, très-froidement et très-sévèrement. Oui, .Monsieur, elle vous attend pour vous [larler.
PROSPER. Ah! mon Dieu, quel air froid et solennel!
ERNESTINE. C'cst le seul qui me convienne, .Monsieur; ma tante m'a chargée, en outre, de vous dire qu'elle était indisposée, et qu'elle vous priait iiu'on voulût bien souper dans l'autre pièce, au coin du feu.
M. DUBOCAGE, toussunt. Hum! hinu!
PROSPER. Je suis à vos ordres; mais daignez m'expliquer d'où vient le changement que je n'Uiai'que dans vos manières, moi qui conqitais (|ue nous allions faire un repas charmant, et qui voulais vous denuinder la permission d'amener un ami.
ERNESTINE. Justeuicnt uia tante ne veut recevoir personne que vous. Monsieur.
M. DUBOCAGE, toussant. Hum! hum!
PROSPER. Ah ! diable! je suis désolé.
ERNESTINE. Elle VOUS prie de congédier les deux ou trois amis que vous avez eu la délicatesse d'inviter.
PROSPER. Ah! mon Dieu! n'est-ce que cela qui vous fâche ?
ERNESTINE. Je sais tout, ma tante m'a tout confié, jusqu'aux liens qui vuus unis.sent.
M. DUBOCAGE. Morbleu!
PROSPER. Les liens qui m'unissent à elle! il y a ici quelque méprise que je veux éclaircir, et je vole auprès d'elle.
M. DUBOCAGE. Ah! c'cn est trop, Monsieur, vous m'avez enfermé.
PROSPER. C'est sans le vouloir; attendez un instant, je suis à vous. (Allant au fond et criant.)
LE MÉNAGE DE GARÇON
VA
M. WBOCAGE, frappant la porte.
Air du Château de mon oncle.
Depuis trop longtemps, je voi Qu'on veut se jouer du moi,
Ouviez-moi,
Seul je doi Dans ces lieux faire la loi.