‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 411 sur 975 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ARMAND, seul. Oui, c'est de Paris. (72 ouvre la Ifitre et la lit.) Dieu soit loué! il est hors de danger; il y a même six lignes de sa main.

« Mon ami, ma blessure est tout à fait guérie, parce donnez-moi comme je vous pardonne; car iious « avions tort tous les deux ; mais je me répète tous « les jours que c'est l'aventure la plus heureuse qui « pût nous arriver, si elle nous corrige l'un et l'autre « de notre mauvaise lète.

« Signé Vérsac. »

(il Cite ses besicles.)

Oui, certes, je suis corrigé, et pour la vie; avoir menacé ses jours Je ne me le pardonnerai jamais : je ne vois pas en lui le neveu du minisire, mais mon ami, mon camarade. Nous battre ! el pourquoi? pour une discussion, pour un mot que j'aurais peine maintenant à me rappeler; et le plus terrible, c'est que voilà sept ou huit fois que cela m'ariive, à moi, le plus doux et le plus pacifique de tous les hommes; avec cela que j'ai la vue basse, et que je suis toujours obligé de me mettre à cinq pas.

Am : Cet arbre apporté do Provence.

N'y pas voir est un défaut teirible; Cela seul m'a fait des eniiè'rii'is :

On a l'air, (pioiqu'liomiêle H stHSible,

De lorgner jusqu'à ses amis.

Contre moi plus d'un tat s'en irrite : Est-ce ma faute, ou bien un lait exiirés, Si, pour apercevoir leur mérite.

Il faut y regarder d'aussi près?

Mais c'est fini, et maintenant je me brûlerais la cervelle plutôt que d'avoir une alfaire. Celle-ci a fait assez de bruit... Obligé de ipiitter Paris, de changer de nom. Et mon mal-iage! 11 n'y faut plus puiser... Un mariage superbe! que, sans m'en rien dire, mon père méditait depuis deux ans ; mais ou lui a répondu derniéronient qu'on n'épouserait jamais une mauvai>c tète, un duelliste, un ferrailleur... Morbleu! ce n'était rien jusque-là; car quelque aimable et jolie que fût, dit-on, ma prétendue, je ne la connaissais pas, et je l'aurais eu bien vile oubliée; mais dans ma fuite, à quarante lieues de la capitale, ma voiture se brise, et, à moitié mort, le bras fracassé, on me transporte ici, dans ce château... et cii suis-je? chez ujadamo de Sénange, celle que je devais épouser, celle qui me refuse, qui me déteste, et qui sans doute m'aurait déjà congédié, si elle connaissait mon véritable nom; mais je me garderai bien de le lui dire. Il y a d'autres choses plus importantes dont je n'ai jamais osé lui parler. Croirait-elle que cet homme qu'elle a- représente si terrible tremble devant elle, et qu'apri's avoir passé ici quinze jours en tète-à-létc, il partira sans avoir seulement osé lui dire qu'il l'aimait?.. Ah ! mon Dieu, c'est elle ! Pourvu qu'elle ne m'ait pas entendu.

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