SCÈNE ni
arMànd, madame de sénange.
MADA.MEDESÊfiAKr.E. Quc vicus-je d'apprendre. Monsieur? et que signifie ce projet? comment! vous nous quittez, et par surprise!
ARMA.NP. Moi, Madame! qui vous a dit...
MADAME DE SÉNANGE. Madeleine elle-même, à qui vous aviez donné des ordres pour votre dépm't.
AiiMAxu. Il est vrai que des affaires me rappelliMt à Paris.
MADAME DE SÉNANGE. Vous me fcrcz bien le sacrifice d'un jour, pour que je puisse au moins vous présenter à mon oncle et à notre société, qui vous plaira, j'en sOis sûre.
ARMAND. J'en doute. Madame.
Air : J'aime Henriette (d'Une heure de foue).
Je n'ai jamais cherché la solitude ; Mais avec vous je me trouvais si bien ! De tous vos goûts j'avais fait une étude. Et votre esprit semblait s'unir au mien. Fuyant le bruit, dans une paix proloudo, Je veux garJer des souvenirs si doux : Je serais seul au milieu du grand mondé. Et je m'en vais pour rester avec vous.
D'ailleurs, Madame, je n'aime pas la société, car je sens (]uc je suis peu fait pour y briller.
MADAME DE SÉNANGE. 11 luc Semble que VOUS vous défiez beaucoup trop de vous-même. Je dois vous rassurer et vous apprendre, puisque vous l'ignorez, que quand vous voulez. Monsieur, vous êtes fort aimable.
ARMAND. Quoi! Madame, c'est là votre avis?
MADAME DE SÉNANGE. Permettez, je puis me tromper; et c'est pour être plus sûre de nion opinion que je veux consulter celle des autres; j'ai idée qu'elle sera conforme à la mienne; mais encore faut-il voirj et vous ne pnuvez me priver du plaisir d'entendre ap prouver mon jugement. Ainsi, voilà qui est dit, ii'estil pas vrai, vous rcstei !
ARMAND. Puis-je vous l'ésistcr ! (.-1 part.) Au fait, je trouverai peut-être d'ici à demain l'occasion de me déclarer. [Haut.) Vous avez reçu plusieurs lettres de Paris; ipielle nouvelle y a-t-il?
MADAME iJE SÉNANGE. Ou parle cilcore du duel du jeune Versac avec iM. de Saint-André, cette mauvaise lète dont vous avez sans doute entendu parler. Heureusement, M. de 'Versac est tout à fut rétabli ; et j'en suis charmée, car j'y prenais grand intérêt : vous savez qu'il est un peil de nos parents.
ARMANii. Je ne m'étonne plus alors de la haine que vous portez à son adversaire.
MADAME DE SÉNANGE, en riant. Oh! je le détesterais même sans cela! D'abord ce doit être un fort mauvais catactci-e ; mais ensuite il est impossible que ce ne Suit pas uii sot. Un homme qili n'a d'esprit que l'épée à la main, qui soutient un argument par un défi, et qui répond à une bonni; plaisanterie par uh coup de pistolet : vous conviendrez que cela doit tuer la cbnvei>atioii, et qu'il n'y a pas moyen de vivre avec Un homme conime celui-là.
ARMAND. J'ai cependant entendu dire qu'il n'avait jamais iirovoqtié personne, et qu'eW toiitè (jccâsion il n'avait fiit que se défendre.
MADAME v% SÊNANtife. Atissi souvent ! cela me pài-aît difficile.