PARTIE ET REVANCHE
AiH : Du partage de ta richesse.
Tout iii-Tcsseur ne veut que se défendre :
Aussi voyons-nous tous les jours Mainte coquette et gémir et prétendre Qu'elle ne peut se soustraire aux amours. Toujours par eux elle fyt provoquée ; Mais je me dis, sans vouloir l'outrager : Lorsque l'on est si souvent attaqu ;e, C'est que peut-être on aime le danger.
AR,MAND. Le danger, le danger... certainement on ne court pas au-devant ; mais c'est que vous ne savez pas. Madame, qu'il est des circonstances où Thommc le plus tranquille, le plus flegmatique, n'est pas maître d'un premier mouvement : le monde n'est plein que de gens qui vous impatientent, qui vous contrarient; on ne vous fait pas injure ii vous personnellement, il est vrai ; mais faut-il laisser outrager la vérité, ou insulter les personnes que l'on coiniait? Par exemple, Madame (si toutefois la tlinse était poss-ible), si l'on osait attaquer votre caractère ou votre personne, pourriez-vous blâmer un ami qui vous défendrait, même au prix de son sang?
MADAME DE sÉ>ANGE. Eli mais ! monsicur Armand, je ne vous reconnais pas; vous dontj'admirais le calme et le sang-froid.
ARMAND. C'est que toute injustice me révolte; et si vous aviez vu une seule fois M. de Saint-André...
MADAME DE sÉNANGE. N'en pai'loiis plus, je VOUS prie : l'action la plus sage que j'aie faite est de refuser de l'épouser; cl si celui que mou oncle me destine doit lui ressembler, je vous promets bien...
ARMAND. Comment! Madame, monsieur voire oncle.
MADAME DE sÉNAXGE. Eh mais ! qu'avcz-vous donc?
ARMAND. Ce que j'ai. Madame, ce que j'ai!.. Ali! si vous saviez, si vous pouviez soupçonner! mais jamais je n'oserai vous révéler un pareil secret. '^-rP',
MADAME DE sÉKANGE. Vous auricz uu sccret à me confier? à moi? eh! mon Dieu, parlez vite.
ARMAND. Quoi, Vraiment ! vous le voulez? Eh bien, Madame...