‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 595 sur 975 · GENEVIÈVE, ADRIEN · texte numérisé non relu

GENEVIÈVE, ADRIEN

ADRIEN, entrant. Ah! mademoiselle Geneviève!. ,i Gf.iiK\[F.\E, se retournant. Cal Adrien!.. Qu'avezvous donc? comme vous êtes pâle!

ADRIEN. Je crois bien! si vous saviez.,. j"étais dans mon bureau qui touche au peiit salon... et j'ai entendu votre père parler à voix haute... bien plus... il était en colère, et c'était si nouveau pour moi que j'ai écouté... j'ai peut-être eu tort.

GENEVIEVE. Du lout... il y a des moments... où c'est un devoir...

ADRIEN. N'est-ce pas? car il disait ; Non, monsieur le Colonel... Donc, il se disputait avec un militaire...

GENEVIÈVE. Se disputer, lui!., à son âge!..

ADRIEN, avec impatience. Eh non ! c'est bien pis ! . . j'ai compris à leur conversation... que le colonel de Sacy.. autorisé par votre tante...

GENEVIÈVE, vivement. C'est bien cela... justement ce que tout à l'heure... achevez!..

ADRIEN. Eh! mon Dieu! dans quel trouble... je vous vois.

GENEVIÈVE. Peu importc!.. achevez, de grâce!

ADRIEN. Eh bien!.. Mademoiselle... le colonel venait demander à votre père,., vous.., vous-méiiic... on mariage !

GENEVIÈVE, t'i'uemenf. Plus de doute ! . {.-ivec inquiétude.) Et vous dites que mim |HM'e a refusé?

ADRIEN, l'observant avec émotion. Non... Mademoiselle... non, rassurez-vous! il n'a pas refusé... mais il a répondu avec une impatience... une aigreur qui étaient toutes naturelles ; « Croyez-vous donc, mon- « sieur le colonel, que l'on marie ainsi sa fille... du « jour au lendemain , sans connaître son gendre, ses « mœurs, son caractère... » Ce qui est vrai... car enfin... il y a tant de colonels qui plaisent, qui séduisent parce qu'ils ont une épaulette...

GENEVIÈVE, vivc7nenl. 11 ne s'agit pas de cela... mais de mon père!.. Il s'est donc fâché... emporté?

ADRIEN. 11 a été encore trop bon... et moi, à sa place...

GENEVIÈVE. Je ne vous parle pas de vous, Adrien... mais de lui... comment cela s'est-il terminé?

ADRIEN. Ainsi donc, s'est écrié le colonel, malgré

madame de Sancrrre votre sœur, qui me connaît, m'i'stiine et me protège... vous me refusez? — Je n'ai pas (lit cela, a répondu votre père av("c une colère toujours croissante... mais je verrai... je m'infonnerai... je ileinande du temps... beaucoup de temps... il faut que je consulte ma Mlle.

GENEVIÈVE. Moi..

ADRIEN, essayant de sourire. Oui, Mademoiselle, c'est vous... et s'il n'y a pas d'autre obstacle... GENEVIÈVE. C'est bien! laissez-moi!

ADRIEN

Air : Voici déjà l'aurore (Code noir.)

A vos ordres fidèles

Je vous l.iisse et iii'uii vits!

Adieu, Mademoiselle.

(A part) Elle ne m'entend p,is!

C'est à lui qu'elle pense ; Elle est auprès du lui :

Allons, plus d'c.spéiunce.

Pour moi tout est lini!

ENSEMBLE

GENEVIÈVE, rêvant, à part.

Oui, je dois iivnr z('le L'examiner, hélas!

A mon repinl fidèle Il n'écliappera pas!

AUUIEN.

A son ordre fidèle, ■Sans la troubler, hélas !

Je puis m'éloig-ner d'elle :

Elle ne me voit pas.

■. '(^Adrien sort par le fond.)

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