SCÈNE X
CLÉRAMiioiRG. Taut micux... e'e>t plus durable...
GENEVIÈVE. Pour dcs scnliineuls exaltés... et riuna-
ADRIEN, qui s'est jeté dans un faulrud prés du bu-
ii'fques, je n'en ai pas.
rtau adroite. GENEVIÈVE, i'appror.hant de lui après
CEÉRAMnoiRG, gaiement à Adrien. C'est vrai; car elle
xm instant de sitencn
me proposait ce matin de t'eloigner d'ici, de t'étalilir
ailleurs!
GENEVIÈVE. 11 faut convcuir, monsieur Adrien, que
AnnuiN, reijardant Geneciécc avec douleur. Est-il
vous êtes bien singulier cl bien impatientant...
possible?
ADRIEN. Moi 1
GENEVIEVE, lifemenMlans vgt^xî intérêt, Monsieur!
GENEVIÈVE. Si j'avais un peu d'ammir-propre... je
cEÈRAMiuunG, ('( Adrien. Et par raison!., la raison
ne vous regarderais plus... je no vous adresserais
avant tout! c'est l'cssenliel eu ménage... aussi, mes
même pas la parole... cummeut, il ne tient qu'à vous
eiif;mts...meschersenl'aiUs... c'est ce quejedemande...
de m'épouser! ninu père dit : oui... moi je ne dis pas
ce ipieje veux...
non ! on vous offre ma main, et vous la refusez!
AiiRiEN, qui jusque-là a écouté avec une impatience
ADRIEN. Parce que vous ne m'aimez pas... et moi je
qu'il a cherché vainement à calmer. Et moi. Monsieur,
vous aime tant... vous ne saurez jamais, Geneviève,
c'est ce que je ne veux pas.
tout ce qui .s'est passé dans mon cœur de souffianees
CLÉRAMUGURG. Que ditcs-vous?
et de combats.
ADRIEN. Que je refuse! je l'aime trop pour ne la de-
GENEVIÈVE. C'est ce qui vous trompe encore... je
voir qu'à l'obéissance!., sa froideur causerait mon
sais tout.
désespoir, et ma tendi-essc à moi lui serait nnportune!
ADRIEN. Et qui a pu vous l'apprendre?
un tel mariage... ferait deu.v malheureux... il vaut
GENEVIEVE, le regardant. Quelqu'un... en qui j'ai
micux qu'il n'y en ait qu'un, et que ce soit moi...
connancc. "■'■■ ■•'-""^'''
CLÉR.v.MBOL'RG. Allous! c'csl couime une fatalité... je
ADRIEN. Qui a pu frahil'itn sccrel que seul je possé-
le disais tout à l'heure... je ne puurrai jamais marier cette enfant-là!
GENEVIEVE. Mais, uion père...
CLÉRAMBOURG. Ail !..
dais?
GENEVIÈVE. Vous-même L ADRIEN. Quoi! malgré mon silence...
GENEVIÈVE. C'est peut-ètrc lui qui m'a tout dit... et
ENSEMBLE
depuis longtemps... ■ ADRIEN. Depuis longtemps alors cet amour vousof-
.\iR ; 0 rage! ô colère! (la BACinouE.y
fense... et vous me haïssez.
GENEVIÈVE. Je n'ai pas dit cela. Monsieur, je n'ai
ADRIEN
pas besoin de m'expliquer là-dessus... mais si vous
Je vous remercie.
voulez réparer vos torts, il faut me jurer... une «o«-
Mou unie attendrie.
mission aveugle et absolue...
GKNEVIKVE.
ADRIEN. Je le jure.
GENEVIÈVE. Écoutez-moi donc!., il y a des cœurs trop tendres ou trop susceptibles... dont on doit, par devoir raciiager et cacher les faiblcÊses... et surtout celles d'un père.
ADRIEN. Que dites-vous?
GENEVIEVE. C'est un secret que moi, sa fille, je dois garder et respecler. Il faut donc V'ius fier à moi... me laisser faire... et quoi qu'il arrive... ne pas vous fâcher... comme tout à l'heuro... à propos de rien.
ADRIEN. De rien ! quand vous déclarez ne pas ui 'aimer!
GENEVIÈVE. Et quand je vous détesterais.,.
Am de Mademoiselle Oarin.
Il faut, Monsieur, je dois vous en instruire, Croire très-peu ce que vous entendez; Et croire un peu ce que l'on craint do dire : Mais pour le reste, en silence attendez! Quoi d'un délai, dont le lemps vous effraie, Vous, négociant, vous redoutez les frais! Qu'importe enfin ! si plus tard on vous paie Le capital avec les iiiléréls.
ADRIEN. Mais cependant...
GENEVIÈVE, vivement, à dcmi-votx. Oui, Monsieur, pour votre bonheur il faut que vous me soyez tout à fait indifférent, que mon pénj en soit liien persuadé, et vous-même aussi... car si vous pouviez seidemeiit supposer le contraire, il y autalt dans voire air quelque chose d'heureux et de triomphant qui perdrait tout... et il faut que vous m'épolisiez...
ADRIEN, vwement..Jd\\,. avec amour...
GENsviÊTE. Non! avec désespoir...
ADRIEN. Je ne vous comprends pas.
GENEVIÈVE. Tant mieux,..
ADRIEN. Mais, en attendant, si seulement je pouvais entrevoir une lueur d'espérance...
GENEVIÈVE. Maintenant, aucune!., plus tard, je ne dis pas...
ADRIEN. Ah! c'est qu'être aimé de vous, est un bonheur si grand... un rêve si doux... qu'à peine à présent oserais-je y croire même si je l'entendais...
GENEVIÈVE. Impossible... ce mot-là, si je le prononçais, nous perdrait tous les deux.
ADRIEN. Et moi, pour l'entendre, je consentirais à ma perte.
Ain : J'ai reçu ta promesse (final du Serment).
ADRIEN
Ce mot seul, je vous prie, Et dussi5-je en mourir.
Même au prix de ma vie.
Je voudrais l'obtenir!
GENEVIÈVE
Taisez-vous, je vous prie, Et laissez-moi partir; Calmez une folie Qui pourrait nous trahir.
" "■ ' ADRIEN
Oui, GenctîlvB, ait nom de mon amour exlrèmc ..
-U««aUO .. -16101 Ml' GENEVIÈVE.
Rclevcz-VOHS, et ne demandez rien!
ADRIEN
Au nom de mes tourments, ce mol, co mol suprême. Et jo puis tout braver si de vous je l'obtiens.
GENEVIEVE
Puisque vous l'exigez, oui, Monsieur, je vous aiinç Deiiuis longlemps... et je n'aime que vous!