JULIETTE, THÉRIGNY
THÉRiGNY. Eh bien! Madame?
JULIETTE. Eh bien! Monsieur?..
THÉRIGNY. Votre mari eunsent...
JULIETTE. A qui la faute?.. A vous!., car, d'abord, il refusait... et c'est vous qui, par vos explications...
THÉRIGNY. Pouvais-je ne pas les demander?., pouvais-je seulement laisser planer l'oinbre d'un soupçon sur celle qu'^ j'aime?
JULIETTE. Non, sans doute... L'intention était nolile et louable... mais dans le monde, ce sont toujours les bonnes intentions qui nous perdent.
THÉRIGNY. J'ai donc eu tort ?
JULIETTE. Un tort qui vous vaut mon estime et ma protection!..
THÉRIGNY. Vous êtcs bicu boniic... mais, eu attendant, voilà un rival !..
JULIETTE. Qui a cinquante ans!..
THÉRIGNY. Et quinze mille livres de rente et une noblesse... un désintéressement...
JULIETTE. Que je ne comprends pas, et qu'il n'a jamais eus... C'est jouer de malheur!..
THÉRIGNY. C'est fait pour moi... Car, enfin, votre mari lui a formellement donné sa parù!c...
JULIETTE. Qu'il lui était impossible de refuser... Mais il se peut qu'il la retire.
THÉRIGNY. Et qui pouiTait l'y contraindre... Qui pourrait nous sauver?..
JULIETTE, souriant. Du nouveaux alliés. {Elle sonne.)
THÉRIGNY. Qui; iaitCS-VOUS?
JULIETTE. Je sonne Manette, ma femme de clnnibre.
THÉRIGNY. Celle que vous avez envovée à ce rendezvous?
JULIETTE. N'en croyez pas un mot... Manette est une honnête fille... qui ne va à aucun rendez-vous, pas même par procuration.
THÉRIGNY. Et |)OUl'i|uiii, aloi'S, avcz-vous dit?..
JULIETTE. Poucquoi?.. PaiTC quc le men-onge rapporte souvent plu» que la vérité... Vous en aurez la preuve...