‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 620 sur 975 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

Les mêmes, MANETTE.

MANETTE. Les caisscs à chajKauxqne Madame attendait lie Paris viennent d'arriver ..

JULIETTE C'est bien... c'est bien... je les verrai plus tard.

THÉRIGNY. Ah! Madame... un pareil sacrifice!..

JULIETTE, souriant. Oui, il y a comme cela, dans la vie, des moments d'héroïsme...., l'amitié d'abord. (Haut.) Approche ici. Manette. ..Te plais -tu chez moi, et tiens-tu à y rester?

MANETTE. Si OH pcut dcfliaiî-df r wia! .. La meilleure maison de la ville... Et Madame est si généreuse et si bonne!.. Pas d'humeur, pas de fajjj'^ces... et cependant, plus que [lersonnc elle auî^jjt df'oit àcn avnir... Je m'en rapporte à Monsieur..,

JULIETTE, souriant, Je te remercie ! [Froidement .) Crois-tu aussi <)«£ je sois réellement la maîtresse?

MANETTE, vivement et étendant la main. Oui... quoique ça n'en ait pas l'air; car Monsieur, qui a le pouvoir et l'autorité en main, ne commande jamais ijue ce que Madame a dans l'idée.

JULIETTE. Très-bien !

jiANETTE. Et c'est si bicn, que ce sera ainsi dans mou ménage... quand j'aurai épousé Cbaiileloup.

JULIETTE. A merveille... Mais pour épouser Chanteloup, écoute-moi bien, il faut aujourd'hui m'obéir de point eu point.

MANETTE. C'eSt facile...

JULIETTE. Sans répliquer, sans raisonner, et sans rien demander.

MANETTE. C'cst plus difficile, parce que j'aime à savoir... mais c'est égal.

JULIETTE. Tu vas aller trouver ton maître, qui est dans son cabinet avec sou oncle, à écrire un contrat de mariage... Tu t'approcheras de lui doucement, et lu lui diras à voix ba.sse : « Je ne veux pas que ce mariage ait lieu, je vous le défends. »

M.\NETTE. Moi!

JULIETTE. Toi-même!

.MANETTE. J'irais dire à mon maître, à monsieur votre mari, que je respecte et que j'hunore...

JULIETTE, S('('t)rHif)i(. Tu lui diras, OU sinon...

MANETTE. Mais quaiK.l j'auraîs cette audace... cdinmeut imaginer qu'il pourra m'entcndre i-ans me mettre à la porte !

JULIETTE, jroidement. Il t'écouteia avec égard.s...

MANETTE. Moi!

OSCAR

JULIETTE. T(ii-mi''mp!.. Et, s'il résistait, tu ajoiileras : « Je vous Ip (IpIViuIs, ou je dis tmit ! »

MANETTE, vivemeut. Il y a donc un secret?

JiT.TETTE, sévèremml. Déjà!.. Et nos conditions?

MANETTE. Ce n'estpas curiosité... Mais dans l'intérêt de Madame. Ce qu'elle me charge de dire...

JULIETTE. Est facile à retenir : « .le vous le défends...»

MANETTE. « Ou je dis tout!.. » Ça suppose que je sais quelque chose... et si je ne sais rien...

JULIETTE. Cela iiroduiraexactemeut le même effet. .. Va vite, obéis.

MM^ETTE, s'approchant du cabinet. Oui, Madame... C'est égal, voilà une commission liien extraordinaire... J'aurais autant aimé que Madame s'en cliargeàt ellemême. [Voyant la porte qui s'ouvre, et retournant vivement près lie Juliette.) Le voici.

JULIETTE. Raison de plus... Dis ce (pie je t'ai dit, rien de plus, rien de moins!., ci no sors pas de là... (.4 Thérigmj.) Nous, Monsieur, occupons-nous de choses plus importantes.

THÉRiCNY, étonné. De quoi donc?

JULIETTE. De eetlc maison de campagne dont nous n'avons pas encore parlé... et c'est là pourtant l'essentiel.

THÈKiGNY. A vos ordres. Madame... (Tous deux s'asseie7tt près de la table à (jauche , examinant les titres et les plans de la propriété.)

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