‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 683 sur 975 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

FLORVAL, seul. Hc vite! lié vite! quelles nouvelles? c'est de mon ami. Jf iiii demandais de l'argent. L'excellent ami! courrier par courrier! sûrement il m en envoie. Que vois-jc! . {Il lit.) » Le lansquenet m'a ruini'... » [S' interrompant.) H est ruiné! c'est bien prendre ^on temps. (Lisant.) « Mais je t'envoie... » {S'inleirumpan/.) Voyons au moins ce qu'il m'envoie, ce pauvre ami! [Lisinit.) «Je t envoie un bon conseil. »

Air ; Veis le teivp'e de l'Hymen.

« Ton oncle a (|iiiltu Pans,

« Et. pour loniljlc de disgr.ices,

« On (lit ipi il est sur tes traces.

« Prolilc de mon avis ■

« Puisipiil est il ta poin'suitc,

« Sans 1 attendre, prends la fuite:

« Sous li'S drapeaux reviens vile;

« Car il est mal, eeire nous,

« Loi-s(pie Belloiie t'appelle,

« De faire attendre une belle

« Qui te donne un rendez-vous. »

Eb! c'est bien de cela qu'il s'agit. Fuir! le puis-je?

on me retient en gage!.. {On apporte à déjeuner, il se met â table.) Ma foi, vogue \<\ galère ! je n'ai pas peur de- déranger mes affaires, elles le sont bien, de par tous 11 s diables! 5ion oncle Scudéri it sa doct-sœur, qui l'niit des romans où per.soime n'entend rien, et où eii\-mèmes n'enteiidi nt pas graud'clio.=e, seraient bien I tiiniiés de savoir leur fugitil' neveu dans une mécli,uit(> auberge, au milieu des Pyrénées Après tout, c'est leur laule;, de quoi veulent-ils s'aviser? vouloir ni'apprendie à gagner de l'argent, mui qui ne sais ipi> le dépenser ; enfin me faire procureur ! j 'avais trop de délicatesse, et je me suis fait mousquetaire. A cette nouvel'e, ma famille prend ses arrangements; je prends aussi les miens, et me voilà en pays étranger, commençant le cours de mes voyages. .l'ai parcouru l'Lui'ope. et partout je me suis ennuyé : en Italie, il fait trop chaud; en Russie, il fait trop froid; en Angleterre i's sont trop tristes ; en France, on n'est jamais trop gai! vive Paris! vive le séjour des amours et de la gaieté! on végète au dehors, on n'est heureux que dans ma patrie.

iOG

L'AUBERGE

Ain : Ange des nuits.

J'ai voulu fuir nue terre cliérie, Prenilre les poi'its, les mœurs Je lï'trnntrer. Tout homme, hélas! |icut changer de jiatne, De raradèie il ne saurait changer.

Dès qiu' je vois une belle,

Euflanmié jiar ses attraits,

.Ahi je sens hien, auprès d'elle,

Que je suis toujours Français.

Enlii), après deux ans d'absencr, mos amis m'obtiennent une liculcnance; jo brave tout, je rentre en l'^iMnce, et lorsi|iie j'arrive sur la froiilii're, je me vois arrêté dans celte aulierge, faute d'nr;,'ent. Qoe faire'? Mais eomment' il me semble que je irlléehis! paspo;sible! quoi! je me dérangerais à ce point! Allons donc, ne pinsons plus à l'avenir, redi-veiions l'étourdi, rinsoueiaiit Florval, et aciievons mon di'jeuner... Eli bien! plus du vin! comme tout passe! Holà! garçon! garçon !

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