‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 71 sur 975 · GUATTINARA, CHARLES-QUINT, ÉLÉONORE, ISABELLE · texte numérisé non relu

GUATTINARA, CHARLES-QUINT, ÉLÉONORE, ISABELLE

ciiARLES-QUiNT, la regardant sortir et se levant. C'est à confondre!.. Cet air joyeux et triomphant quand je la croy.iis accablée... quand la captivité de ce frère qu'elle adore es! plus étroite quii jamais!., songer à (juoi !.. à sa tnilelte... Cette femmc-là est inexplicable ..

ELÉONORE, qui voit me son frère ne lui parle pas. Votre Majesté m'a fait demander !..

eiiARi.ES-guiNT, avec impatience. Pour la dernière fuis, Eléonore, voulez-vous obéir à votre frère, à votre roi, ser- \ir ses d(^sseiusetépiiuser le eianélable de Bourbon?..

Éi.É'iNoHE, timidement. J'avais dit à Votre M.ijes'é que je préférais le couvent.

ciiARi.ESQuiNT. Et maintenant que vous avez réfléchi?..

Éi.É iNoBE. Ma vocation est la même.

CIIARI.ES-QUINT. Soit!

Ji.wiELiE, intercédant pour elle. Ah!., sire!..

niiARLES-auiNT. Guattiiiara, tu préviendras la duchesse d'OvSone, qu'elle aura à accompagner ma sœur au couvent de Saint-lldel'onse.... C'est Babicça qui y conduira ces dames dès ce soir !

ISABELLE. Dès ce soir?

CHARLES-QUINT. Il est iiiutile que celte future religieuse assiste à voire soirée... et puis... il y a cnlre elle l't .Marguerite (|uelques intelligences... quelques intrigues de femmes... que je sens... que je ne puis deviner... et contre b'spielles je suis las de lutter. Nœud gordien que je n'ai pas le temps de dénouer et que je tranchi-rai. {A Isabelle.) Madame, vous direz ce soir à la princesse Marguerite qu'elle ait à (piitler Madrid dès demain.

ISABELLE, avec effroi. 0 ciel!,, elle croirait ((ue c'est moi qui suis la cause de ce départ... et pourrait iiien alors ne |)as me le pardonner!..

CHARLES-QUINT. Lc grand mal! Eh bien, toi, r.uattinar.i, tu te chargeras de lui intimer ce coiLseil... ou plutôt cet onlri'.

GUATTINARA, tremblant. Que Voire Majesté m'en dispense! Rien 111^ pourrait l'empèch t de croire que c'est moi (|ui l'ai desservie auprès de vous... et dans sou ressentiment. .

CHARLES-QuiNT. .\h çà. .. tout le monde, à ma cour, ti'emble donc devant elle et ii*ose affronter sou courroux ?.. Elle est donc plus l'eiue à Madrid, que je ne suisroi?.. Je l'ai dit : {A Isabelle, « voix haute.) Ma sœur à Saint-Ildelonse... (.1 demi-voix, à Gualinara.) Le roi de France à Vaihubdid... et ([uant il Margnerile... c'est moi qui me charge de son dé- |iart, et nous verrons dès demain qui gouverne ma cour, d'elle ou de moi! Viens, Gualtinara... (Il sort par la gauche avec Gualtinara.)

Page 1