‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 730 sur 975 · ANTOINE, THÉRÈSE · texte numérisé non relu

ANTOINE, THÉRÈSE

ANTomE, les regardant sortir. C'est ça, j'aime autant qn'iN s'en aillent; j)arce que, s'il faut vous le dire, madeniuiscll<'

Thi'rcsc, je ne suis pas fâché de me trouver seul avec vous.

THEnESE. Et pourquoi?

AMOiNK Oh ! pourquoi. Tenez, Uioi, j'ai un style de négociant, et, dans'mes conver;ationsconuni! dans mes lettres de commerce, je vais droit au l'ait. Voici donc l'affaire eu question. Je suis le meilleur ami de votre frère, je suis son associe : tout entier à mon négoce, rien jusqu'ici n'avait manipié à mon bonheur; mais, depuis quelque temps, ça n'est plus ça, je ne suis plus heureux.

THÉRÈSE. Viius, monsieur .\ntoiue, il se pourrait!

AxroiNE. J'étais bien sur ((ue cela vous ferait du chagrin, parce que vous êtes bonne. Oui, mademoiselle Thérèse, je trouve que ma maison est trop vase, que mon comptoir est trop grand; il y a toujours là, à côté de moi, quelque chose que je cherche et que je ue trouve pas. Enfin, ce qui me manque, c'est une bonne femme, et si vous le voulez, Mideuioiselle, nous arrangerons cette affaire-là ; car c'est de vous que je suis amoureux,

ruKRESE. 0 cicI'. je n'en reviens pas, m'avouer ainsi tout uniuiint...

AMOiisE, froidement. Uame! je vous le dis comme ça est :

RODOLPHE

j'ai ti'cntc-ciiiq ans, une jolie fortune et une bonne réputation. Vous ne trouverez pas en moi un malin, mais un Imn enliuit. Vous niénorez tout à votre gré, comme ici, comme chez votre Irér.'; ou iiliilùt. comme vous l'aimez alitant que moi, noub ne nous quilleroiis pas. nous ferons ménanc ensemlilo. r,i' n'rsi p.is fpiand je vais être heureux, que je veux qu'il cesse il'ètic ii^on associé.

Tin-nKsi;. Anfoiue, que de bonté! que de générosité !..

AMoi.NR. On (jiut ! CI ne nie coûte rien ; votre Imiiheur d'ahrn-d ! et puis le mien après, si ça se peut sans vous gêner.

TiiKiitsi:. Si voii.ssaviez Jansquel end)ilrras je me trouve! Je ne sais coniuienl rec.Jimailrc, comment vous répondre. Pourquoi n'avi'z-vou.s ijas parlé de cela à mon frère?

A^Tul^E. Je in'i'n serais bien gardé 1 Rodolphe est mon ami, mon débiteur, puisque j'ai clé assez heureux pour lui rendre quelques services ; et si je lui avais dit : frère, j'aime ta sœur, veux-tu nie la donner? il m'aurait répondu sOr-lechamp, comme moi C'.-, matin à Julien : Tiens, la voila, elle esta toi; et peut-i'tre, lliérèse, cela ne vous aurait-il pas convenu, parce qu'il peut y avoir des raisons, des caU'cs que les frères ne connaissent pas; par ainsi je me suis dit ■ Je vais d'abord en parler à Thérèse, et si elle y consent, le reste ne sera pas long.

THËRKSK. Peut-èlre vous trompez-vous; car si ma franchise doit égaler la vôtre, je vous avouerai que je n'ai pas l'idée de me marier.

AMOi>E. Je comprends, vous en aimez un autre.

TiiKiu sii. Non, et même, si j'avais un choix à faire, c'est vous, Antoine, (pic je préférerais.

axtùi.m;. Il soi-ait possible?

THLiiKSK. Mais je vous l'ai dit, je ne vois en vous que l'ami de mon Ii'ère, que le mien ; je crains de vous fâcher eu Vous ravùuanl, mais je n'ai point d'amour pour vous, je n'ai tjUe mon amitié à vous offrir.

AMOiNK. iJites-vousvrai? eh bien! morbleu! c'est tout te que je demande, et puis le reste viendra plus tard. Qu'ilii joli garçon soit exigeant, rien de mieux. Mais moi, je suis encore trop heureux de ce que vous voulez bien m'accorder. {Lui baisant la ma i.) Oui, ma petite Thérèse, je vous juro que cet aveu-là suflit à mon bonheur, et que jamais...

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