‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 731 sur 975 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

Les précédents, RODOLPHE, qui est entré avant ta fin de la scène.

KODOLPHË. Qu'ai-je entendu !

TiuiiiÉSE. Ah ! mon frère !

ANTOl^E, Eh bien ! il arrive à propos, et il va être joliment content. (Allant a lui.) Viens donc, mon ami, si tu savais...

iiODOLPHE, brusquement. Laissez-moi.

ANTOINE. Eh bien! à qui en as-tu donc? est-ce à moi que tu parles?

RODOLPHE. A vous-même.

ineiiESE. Mon frère.

RODOLPHE, avec emportement. Taisez-vous; nièlcz-xous de ce qui vous regarde.

AMoiNE. Ah! je vois ce que c'est: parce que toi, qui es sévère en diable, tu m'as vu lui baiser la main; mais sois tranquille, quand tu connaîtras mes intentions...

RODOLPHE. Du tout, Mousicur, du tout; ce n'est pas cela. Ma sœur... ma sœur est sa maîtresse; qu'on lui fasse la cour, qu'elle prèle l'oreille à tous les propos, cela m'est parfaitement indillei'enl.

TnÊiiKSE. Ah! mon Dieu! qu'est-ce qu'il a donc?

RODOLPHE. Ce qu'il m'importe, c'est d'avoir un associé qui

s'occupe de son ('lat et qui songe à ses affaires. {S'apprncluiiit de la table.) J'en étais sur, le compte n'est (las arrêté, le reçu n'est pas fait ; vous aviez apparemment d'antres soins plus itilpoflants.

ANTOINE. Que diable de quirelli' \irnt-il me chei'cluT là? niie je le .signe à pr.'SiMil on dans une heure, qu'est-ce que cela fait?

iioDOLPilE. teia fait... Cela fait que chaque jour il en est ainsi, que toutes 1rs aflaires sont négligées, et pourquoi? parce qu'au lieu de rester à son comptoir, Monsieur est toute la journée hors de chez lui, et c'est sur moi seul que retond)) tout le travail.

AM(U>E. Eh mais! au bout de dix ans, voilà la première fois qu'il s'en plaint.

RODOLPHE, cchilant. Parce qu'il y a un terme à tout, parce tjuecela devient ii!snppoi'lali!e,et que je ne peux pins y tenir.

ANTOiSE. Ah çà, moihieu! tu le prends là sur un Ion...

RODOLPHE. J'en ai le droit ; et s'il ne vous couvienl pas, il y a un moyen de nous mettre d'accord. Dans nue heure, vous recevrez l'argent qui vous revient, celui qui^ je vous dois. J'en ai fait le compte ca matin, et désormais nous ne travaillerons plus ensemble.

THÉRÈSE. Rodolphe, qu'est-ce que tu dis là?

AMOlNE, stupéfa,:. Counnent!

RODOLt'HE. Il faut que cela finisse ; quand on ne s'entend plus, le mieux est de ne pas se voir.

AKTOiNE. Comment! lu me chasses de chez t 'i! Tu te souviendras que c'est toi.

TtiÊiiESE. Antoine! Antoine ! moi, je vous conjure de l'ester.

ANTOi?<E. Non pas; je suis lier aussi, moi, et si jamais je remets les pieds ici...

liOboLPHE. A la bonne heure.

ANToixE. .\prés un pareil traitement, il faudrait que je fusse bien lâche. {En sanf/lolant.} ^'e crois pas que je te regrette, ail moins.

RODOLPHE. Et moi donc.

AMoijiE. Un mauvais caractère.

RODOLPHE. Un brouillon.

A.NToiNE. Un ingrat.

RODOLPHE. Un fou.

AMOiNE. Je trouverai dix amis qui vaudront mieux que toi RODOLPHE. Eh bien! prends-les, et que je n'entende plus

parier de toi.

ANTOINE, étouffant. C'est dit, oui, oui, et je suis enelianté

de ne plus te revoir. (.1 part, en s'en allant.) Ah! mon Dieu,

mon Dieu ! j'étoulle ; j'en mourrai, c'est sur.

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