‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 750 sur 975 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

JULIETTE, puis LÉON.

JULIETTE, seule. A merveille! ces dames m'abandonnent, et me voilà seule chargée de la rupture; mais c'est égal, je veux agir franchement, et tout avouer à Léon. Il est trop juste pour ne pas comprendre mes motifs.

LÉON, entrant par la porte à droite. Ah! vous voilà, mademoiselle Juliette; où sont donc toutes ces dames?

JULIETTE. Je pense qu'elles i^ont à leur toilette; mais écoutez-moi, Léon, j'ai à vous parler d'une aUaire importante: j'ai appris qu'on voulait nous marier.

LÉON. Que dites-vous? nous marier!

JULIETTE. Eh! oui; c'est l'intention de mon père, de toute la famille : on veut que vous épousiez moi ou ma sœur. Est-ce que vous ne saviez pas ?

LÉON. Du tout : en voici la première nouvelle.

JULIETTE. Est-ce étonnant qu'il ne soit pas prévenu ! Eh bien ! écoutez-moi. Nous avons été élevés ensemble ; nous nous aimons d'amitié : je pense alors qu'il faut nous expliquer .'ans façons et sans détours.

LÉON. Vous avez raison.

JULIETTE. Je vous avouerai avec franchise que ce mariagelà me contrarierait beaucoup.

LÉON. Eh bien ! et moi aussi.

JULIETTE, étonnée. Comment! Monsieur...

LÉON. Puisque nous avons promis de tout dire.

JULIETTE. C'est égal, ce n'est pas bien à vous; moi qui complais que vous alliez être fâché.

AiB de Turenne.

Ne fût-ce que par politesse.

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