‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 788 sur 975 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

LE CHEVALIER, LA Dl'CHESSE.

LA DUCHESSE, à soii ///s. Jc VOUS écoute.

LE CHEVALIER. Victime d'un ordre de choses qui me prive de tons les avantages accordés à mon frère, je mesuisdi'puis longtemiis résigné à la distance que le sort a mise entre nous. Je pardonne au marquis sa torlune. ses titres, et je ne sollicite de vos bontés que la permission de vivre obscur, et peut-être heureux.

LA DUCHESSE. Est-cc là ceits soumission dont vous me pai'licz?

LE CHEVALIER. Mon cœur renferme un secret dont je vous ilois l'aven. La compagne, l'amie de ma sœur, cette jeune et intéressante or|)heline que vous avez recueillie dans votre hôtel, et dont vous faisiez si souvent l'éloge...

LA DUCHESSE, sowiant. Julie!

LE CHEVALIER. Je n'ai pu la voir sans l'aimer; tant de vertus, de grâces, de talents, m'ont inspiré l'amour le plus sincère. Daignez m'accorder la main de Julie. Si vos regards sont blessés par cet hynu'n, dès que je serai son époux, nous partirons, nous ([oitterons la France.

LA DiCHESSE, froidevidit. Celte union est impossible.

LE CHEVALIER. JuUc counaît et partage mon amour ; le ciel a reçu nos serments.

LA mcHESSE. Je vous le répète, chevalier, cette union est maintenant impossible, et vous en connaîtrez bientôt vousmême les raisons. Mon fils, on ne met point en défaut la vigihmee maternelle; cette folle passion que vous avez cru me cacher, j'en ai suivi tous les progrès, j'en ai calculé les dangers, j'en ai prévenu les suites; et ma prudence a élevé entre vous et Julie une barrière insurmontable.

LE CHEVALIER. Quc ditcs-vous, uia mère?

LA"bi'c.HESSE. Vous me remercierez un jour du parti que j'ai pris. Croyez-moi, mon fils, n'irritez point le duc par une résistance inutile, et soumettez-vous aux ordresde voire père. (La duchesse sort.)

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