‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 82 sur 975 · SCÈNE PREiMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREiMIÈRE

M. DE MIREMONT, assis a gauche, en robe de chambre, dans un fautead ; CÉSARIME, debout, prés de lui, reprenant une tasse où il vient de boirs.

.M. DE MiRE.MONT. Et tu Bs bien sùre, ma chère amie, que ce procès politi(|ue s'ouvrira à la chambre des pairs la semaine prochaine?..

CF.SARi.NE. Personne no le sait onf-orc; mais la femme du ministre nie l'a confié à moi en secret; et vous qui n'éles pas di'jii bien portant... vous n'auriez qu'à tomber sérieoso ment malade au moment de l'ouverture .. cela produirait le plus mauvais elTet.

M. HE MIREMOMT. C'c^t Vl'ai !

CÉSARINE. Tandis qu'en vous soignant huit ou di\ jours d'avance, ce ne sera rien, ou si cela devient plus grave, ce n'est pas votre faute... On s:iit depuis longtemps que vous êtes indisposé.

M. DE MIREMONT. C'cst justc... je ne pouvais pas prévoir.

CÉSARINE. Mais pour cela il ne faut pas commettre d'impriuleiiccs; il faut rester chez soi bien chaudement, ne voir personne.

M. DE MIREMONT. Oui, ma clière.

CÉSARINE. Et surtout ne pas sortir, comme vous vouliez le faire tout à l'heure.

M. DE MIREMONT. S lis douc tranquille... une fois que j'ai pris un parti... tu sais que j'y tiens... Et qu'est-ce que j'ai ? qu'est-ce que dit \c docteur?

ci:sARiNE. Il dit cpie c'est une grande irritation de poitrine.

M. DE MIREMONT, essayant de tousser. C'est vrai ! je nie sens là une chaleur...

CÉSARINE. Qui n'est rien en apparence, mais qui peut devenir très-grave, si vous contiiuiez à suivre vos ti'a\anx

liailrm 'utaircs. Vous avez voulu aller hier à la Chambre malgré mes avis...

M. DE MiREiioNf. Ji' u'y ai pas parlé.

CES^R'NE. Qu'importe?

M. DE MiREMO.Nv. Il cst Vrai que j'ai c .oulé avec beaucoup d'action.

CESARINE. V(jus voyez bien !

M. DE MIREMONT. Yollà cc qul nous fait mal... v lilà ce qui nous tue, nous autres hommes de tribun •... surlnul ces maudits procès... J'aime m'eux vingt discu-sions comme celle d'Iiier, quelque fatigantes qu'elles soient, que ces débats où, bon gré mal gré, on est obligé de se prei:ioncer...

CÉSARINE. Restez chcz VOUS, cclu vaut mieuv.

M. DE MIREMONT. D'autunt quc Ça n'empêche pas d'avoir son avis.

CÉSARINE. Mais on ne le dit pas.

M. DE MIREMONT. Voilà toutj,, OU y met do la discrélion.

CÉSARINE. Et puis, que vo:is le vouliez ou non, c'est convenu, vous m'avez promis de rester.

M. DE MIREMONT. Eh ! qu'esl-cc quc je fais dniie? . Toi, de ton coté, tu m'as promis de ne plus inc parler d'Oscar.

CÉSARINE. Je vous le juiv encore I

M. DE MIREMONT. De uc plus t'iuti'ivsser à lui!

CEi\RiNE Dès que cela vous déplaît... et (pielque injn^t s que Soient vos soupçons... mon devoir est d'y faire droit... je ne vmis dirai plus un mot en sa faveur... et même si vous Voulez que je cesse de le voir,., parlez.

M. DE MIREMONT. C'cst Irop, mille fois... et je n'en veux pas tant... mais |iuisquc tu es dans ton jour de générosité, j'aurais une autre grâce à tt demander.

CESARINE. Et laquelle?

M. DE MIREMONT. 11 cst Un uom quc par hasard tu as prononcé tout à l'heure, et suis le vouloir lu m'as rappelé qu' j'avais dû autrefois ma fortune et ma vie à M. do Varemies le pi'ie, mon ancien ami, ce qui ne nous a pas empêchés depuis longtemps de négliger beaucoup son bis, M. Edmond, que j'aime inruiimcnt et que In ne peux pas souffrir.

CÉSARINE, C'est vrai! je ni dis pas qu'il n'ait beaucoup de talent et de mérite... cl vous qui p.arliez tout à l'heure de député... je conviendrai avec vous qu'il a autant et plus de droits qu'un autre; mais que voulez-vous? c'est une antipathie que je ne peux, vaincre.

M. DE MIREMONT. Eh bien ! Je te demande d'e5sayer, pour moi, pour un' faire plaisir.

CÉSARINE. A coup sûr, ce n'est pas anjunrd'hui, et dans l'état où vous êle-, que je vaudrais vous contrarier. M us pourtant... qui vient là?

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