‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 891 sur 975 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

JEPHTÈLE, RUBEN, AZAEL, pensif, depuis la fin de cette scène, et comme préoccupé d'un projet. Ruben, appuyé sur Jephtélc, se retire. Àzaël le retient par son mantoau.

AZAEL.

Je voudrais vous parler !.. A vous ! en confidence.

RiBES, à Jephtèle, avec bonté.

Ma fille, laisse-nous !

JEPHTÈLE, à part, avec inquiétude.

Quel est donc son dessein' AZAEL, resté seul avec son père, et après un moment de

silence et d'hésitation.

Vous devez envoyer à Memphis, dés demain, Le vieux Jéroboam 1

RIBEN.

Qui soigna ton enfance!

AZAEL.

Je suis jeune et je puis mieux que lui. .

RiBENj le regardant attentivement.

Toi, mon fils!

AZAEL.

Servir vos intérêts!

RUBEN, poussant un cri.

Ah!

(S'orrétont et le regardant d'un a'T aèvi'iv.)

Tu veux voir Mempliis î

L'ENFANT PRODIGUE

DUO

}c t'observais tout à l'heure.

Mes veux suivaient tes yeux !..

Tu viu\ fuir celte demeure, Tu veux resser il'iMre heureux!

ÀIXV.L.

Faut-il cloiM' 1411'irije meure!., i.aissez-moi. tjuittant ees lieux, Fuir un instant ma ilemeijrSj Pour y rentrer plus h^tireqt!

[Avec exultation.) Un rêve ardent, auquel je m'aban4onno.

Brûle luon sanir, égare ma raison!

Je veux franth r cet étroit horizon Où le devoir m'enchahie et m'emprisonne! Oui, dussé-je changer mou iHinheur en tourment^ De vie et d'air nouveau je suis impatient !

Fatate et couiialile folie, .\ la I ertc tu veux courir!

Vainement la voix me supplie.

Non, non, je n'y puis consentir!

AZAEL.

Désir dont mon Ame est ravie, Et sans Iccpiel mieux vaut mourir I Cédez à ma voix ipii supplie I Mon père, laissez-moi partir !

AZAEL.

Je veux de leurs cités contempler les morveiUes !

BtBEH.

N'est-ce rien que l'éclat et la pompe, des cieui '?

AZAliL.

Aies récils, au retour, charmeiuut vos oreilles!

lUBtN.

Et iiol chariuf ne vaut ta présence, à mes yeux i

AZAEL,

Au jour fixé par vous, pom notre mariage, Je reviens '

Quels dangers men.\ccnt ton jeune âge!

AZAEL.

Partout des voyageurs le plaisir suit les pas.

RUBEN

F.l là-haut l'Éternel punit les fil§ ingrats.

ENSEMBLE

RHBEN.

Fatale et coupable folie, A la perte tu veux courir; Mais en vain ta voix me supplie :

Non, non, je n'y puis consentir !

AZAEL.

Désir dont mon àme est ravie.

Et sans lequel mieux vaut mourir !

A genoux, je vous en supplie.

Daignez, mou père, y consentir!

[àiaët est aux pied4 de RubMt qui le npouese.)

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