SCÈNE XII. Les PRÉCÉDENTS, MADAME f.ESLlN
MADAME r.ESLiN. Madauic fait demander à Monsieur à quelle heure il faudra la voiture pour Passy.
DHENNEBON. Passy !.. ah ! mou Dieu !.. je n'y peii-sais plus ! je dîne aujourd'hui avec ma femme et ma fille...
M. DE ROUVRAY. Tu y dîiies tous les jours !
DHENNEBON. Ouî ! mais c'est à Passy , chez mon chef de division!., un homme à ménager !
M. DE ROUVRAY. Est-cc loi quc j'entends?., un homme libre! un homme qui a de la fierté dans le coîur! lu préférerais le dîner du pouvoir à celui de l'amitié?
DHENNEBON. Noii, saiisdoute!
LES INDEPENDANTS
M. DE roiivuay. Vi\ fliiipr aussi hiiniiliant! un dîner qui ost presque Miiiii>;t(''iic'l, oxcepti'; qu'il in" sera pas aussi bon !..
iiiii-.NNEBON. Ce nVst pas le dîner... e'cst ma femme!
M. lE itorvR.w. Ta femme!., mais alors tu os donc esclave?., tu ne peux pas aller au Uoclier de Cancale sans sa permission?
DiiE?<NEBON, à demi-voix. Mou ami , tu veux me débaucher !.. tu veux que je devienne mauvais sujet !
M. DE ROuvRAY. Je vcux... que tu deviennes le maître! et il n'y a pour cela que le premier pas qui coûte!
MADAME GESLiN , qut s'est tcHue à l'écart, s'avançant en ce moment. Eli bien! Monsieur... que dirai-je à Madame?..
M. DE ROLVR.w. Qu'il uMra pas à Passy! qu'il ne veut pas!
DHENNEBiiN, fièrement. Oui ! {D'une voix plus douce.) Je ne veux pas !.. une obligation, une affaire imprévue que je lui dirai... {A part.) T en inventerai une... {A M. de liouvray.) Eh bien ! mou ami, tout à toi!
.M. DK RoivR.w. A la bonne heure!
DHENNEiiON. Je suis libre!
M. DE ROLVR.w. Allous douc ! .. . . Jc me pri'sentc chez ta belle-sœur... et ici, tantôt, rendez-vous à six heures ! .
DHENNEBpN. A six bcurcs!.. {Voyant madame Geslin qui sort par le fond, il poursuit à voix haute .) car, (h'cidément, je n'irai pas à Passy!
M. DE ROCVRAY. Bravo ! . . le gant est jeté ! c'est la déclaration d'indépendance des États-Unis! (il entre par la porte à droite chez Esther, Dhenmbon sort par la porte à yauche.)