‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 148 sur 783 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

DHENNEBON; ESTHER, qui est entrée en rêvant, et

sur un fautiuil à droite.

s'assied il n'v a

ESTHER, à part. 11 part!.. Oui, ma sœur a raison, plus d'espoir... il no m'aime plus!

DHENNEBON, (i part. Demander de nouveau... et rocoinnieneer les mêmes phrases... Dieu! quel ennui!.. {S'approchant d'Esther.) Ma clière belle-sœur!

ESTHER. Ah! c'est vous, Dhennebon!..

DHENNEBON, ouec cmbarvas. Oui, j'aurais un service, ou plutôt un conseil à vous demander.

EsiHER. Lecpiel?

DiiENNEHON, à part. Elle va me refuser... {Hésitant.) C'est ■ài\ sujet de ces chemins de fer, dont j'ai pris îles actions sans en parler à ma femme.

ESTHKu. le le savais par M. de Rouvray, qui prétend même (p\'(■lle^ sont en perte dans ce moment.

LES INDÉPENDANTS

i>iii:NM;ii(iN. 11 Ndu.-, l'ii dit!., laiil uiioiix. {A part.) C'vsl toujours t'a do moins.

KSTHKR, « part. Et, grâce au cii'l, je mo suis déjà arrangée pour i|U(' ma sœur ne s'en aperçût pas... {Regardant Dhennebon.) ni lui non plus.

DiiENNKBON, toitjours ovec embarras. 11 est de fait qu'elles perdent beaucoup, ., ça remontera., c'estévident... [A part.) Elle ne m'aide pas du tout... {Haut.) 11 s'agit seulement d'attendre... mais un pauvre employé n'a pas de temps... et quelquefois même il n'a pas... ses capitaux ne dorment guère... et souvent il e.ît comme ses capitaux... quand il a de riiKjuictude... et ^''en ai!..

ESTHER. En vérité!

iiHENNF.ROxN. Oui, ma belle-sœur!.. Après ça, croyez bien que si je vous importune d'une pareille confidence... que j'aurais voulu vous épargner, c'est que je ne peux pas faire autrement... je me suis adressé à des amis... à M. Edgaixl...

ESTHER, avec indignation. Qui vous a refusé?..

DiiENNEBON. Du lout!.. du tout!.. le pauvre garçon ne demandait pas mieux; mais quand on ne peut pas!., quand on n'a rien!., quand on est ruiné!

ESTHER, vivement. Lui! est-il possible?..

DHENNEBON, de même. Non, il ne l'est pas!., c'est un secret!..

ESTHER, de même. Et je le garderai!., je vous le jure! achevez... expliquez-vous! ruiné!..

DHENNEBON, Pour uu uiotif houorablc... son frère! et c'est pour cela même qu'il faut se taire !

ESTHER. Je me tairai!.. [A part.) Ah! s'il était vrai!.. Edgard si noble! si généreux!.. Oui! oui!., c'est cela même... il n'avait plus rien, et moi riche, il n'aura pas voulu me devoir...

DHENNEBON, à part. Elle se consulte!

ESTHER, allaiit à lui. Mon cher beau-frère l.. mon ami! si vous saviez combien je suis heureuse!..

DHENNEBON. Vous ne m'en voulez donc pas?

ESTHER. Au contraire!..

DHENNEBON, à part. Elle va me prêter!

ESTHER. Mais vous en êtes bien sûr au moins?., vous ne vous trompez pas?

DHENNEBON. Uu jXHi plus... uu pcu nioius... c'cst à peu lires dix mille francs qu'il me faut !..

ESTHER, voyant entrer Edgard. C'est lui!., ah! je saurai la vérité !

DHENNEBON. Et si VOUS pouvcz me les avancer sans que ma femme en sache rien...

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