‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 269 sur 783 · CÉCILE · texte numérisé non relu

CÉCILE

C'est douteux.

Car maintenant, dans le genre ennuyeux.

On trouve tant de concurrence !

DE JORDY, vivement. Aussi, je me suis bien gardé de la laisser à Paris. Je lui ai persuadé de venir dans celle terre, où je lui fais la cour tout seul et à mon aise.

CÉCILE. C'est singulier, hier toute la journée elle n'a fait que bâiller.

CE JORDY, avec joie. C'est cela même; commencement de mon système! Mais ce qui me contrarie encore, c'est ce petit Edouard, son filleul, que je n'ai pas invité et qui vient d'arriver.

CÉCILE. Où est le mal? Un filleul peut bien venir sans façon chez sa marraine.

DE JORDY. Oui ; mais quand le filleul et la marraine sont tous deux du même âge, quand ils ont à peine dix-neuf ans...

CÉCILE. N'avez-vous pas peur de celui-là? le fils d'un soldat ! un pauvre orphelin que les anciens maîtres du château ont recueilli et fait élever à leurs frais.

DE JORDY. Non certainement; mais ce petit gaillardlà a un air goguenard. A peine sorti du collège, il se moque déjà de moi ; je ne sais pas maintenant comment on élève la jeunesse.

CÉCILE, regardait par la porte du fond qui donne sur le jardin. Voici madame de Néris : elle vient de ce côté^ un livre à la main, et elle bcàille encore.

DE JORDY. Peut-être qu'elle pense à moi. Le moment est favorable. [A Cécile.) Laisse-nous. {Cécile entre dans la chambre à droite.)

Page 1