‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 338 sur 783 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

Ees i>re(;edenis, hOlUÎEVAL.

DORBEVAL, entrant du fond en rêvant, et tenant un carnet a la main. La spéculation est superbe; elle est sùiv. Si nous avons quelques centimes de hausse... soixante-quinze, vingtcin(| .. cela nous fait... (// écrit sur son carnet.)

MADAME DE BRIENNE, bas, à madame Dt>rbevai. Esl-ce qu'il compose?

MADAME DORBEVAL, de même. Du tout, il revient de la Bourse.

DOUIM.VAL, toujours à part et tenant .voh craijon. Cette loi d'indemnité ouvre un vaste champ aux spéiiilations ; et c'est

LE MARIAGE D'ARGENT

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OLIVIER, revient, s'approche d'elle, et après

.-- , ^.. „.. moment de silrnce lui dit douloureusement

Vous l'aimes donc? — Acte 3, scène U^,

justement dans ce moment que ce Lajaunais va nous embrouiller notre fin de mois ! Si je pouvais arranger cette adaire-là avec celle de Poligni ! Oui, il le faut : ce serait un coup de maître...

MADAME DE BRiENNE. Tàclie donc qu'il nous aperçoive ! Estce que les banquiers ne regardent personne?

MADAME DORBEVAL, o SOU mari. Mousicur.

DORBEVAL. Qu'est-cc eiicore? Vous voyez que je travaille.

MADAME DORBEVAL. Cette amie que je vous ai annoncée ce matin, et que je voulais vous présenter...

DORBEVAL, saluaut madame de Brienne. Mille pardons, belle dame! Une amie de ma chère Élise, et mieux encore une femme charmante! Madame nous donne-t-elle quelques jours?

MADAME DORBEVAL. Oui, saus doutc, elle a bien voulu accepter l'appartement que je lui offrais, et j'espère que madame de Brienne...

DORBEWL, vivement . Madame de Brienne... Ah ! mon Dieu !

MADAME DORBEVAL. Qu'eSt-CC doUC ?

DORBEVAL, de même. Cette amie d'enfance qui,de[)uis trois ans, était eu pays étranger, en Russie, peut-être?

MADAME DE BRIENNE. Précisément.

DORBEVAL. El son mari, M. de Brienne, un ancien militaire?

MADAME DE BRIENNE. Jc l'ai pcrdu, Mousieur.

DOHBEVAL. 0 ciel! vous êtes veuve! (.1 part.) Il ne manquait plus que cela!

MADAME DE BRIENNE. Je SUIS bicu seusibic, Mousicur, à l'intérêt que vous daignez prendre...

MADAME DORBEVAL. D'autaiit quc uous aurons besoin de vos avis; car la mort de M. de Brienne la laisse dans une .situation...

MADAME DE BRIENNE, lut imposant sûence. Elise!

DORBEVAL, atvf/"ro/£/eur. Oui, saus doute... nous verrons... nous en causerons... Moi, j'ai fort peu de protection; je n'aime pas à demander; je ne dis i)as cependant que si l'occasion se présente... Voici une nouvelle loi, une loi d'indemnités qui, peut-être, vous concerne, ou, du moins, M. de Brienne; c'est à vous de voir cela..

MADAME DE BRIENNE. Nou, Mousicùr, iiiou mari était le dernier enfant d'une famille nombreuse; et comme il n'avait rien avant la révolution, comme il n'y a rien perdu, il n'a rien à réclamer.

LE MARIAGE D'ARGENT

DORBEVAL. Qu'imiiortc? on réclame t(Mi>>iirs; cela no coùtt; rien fie se plaindre, cl (luelquefois ei r.ii>;iiiit(î... M ils p.irdiu, belle dame, je vous deniamierai la permission ilo vons quitter : des affaires impi»rlantes... 11 est si diffi -iîe d'être aim ible quand on a des occupations.

MADA^n-: i)i: hiuknne. Et .Monsieiir, je le vois, esl toujours si occupé ! C'esl nous qui vous laissons. [EH -s sortent par la i>ork' à droite.)

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