SCÈNE VIII
MADAME DE BRIENNE; OLIVIER, entrant vivement et courant soutenir madame de Brienne qu'il voit chanceler.
OLIVIER. Qu'avez-vous?
MADAME DE BRIENNE, poussant un cri. Olivier!..
OLIVIER. Je partais, je venais prendre congé de vous; mais vous souffrez, je reste.. . Je réclame mes droits, je réclame vos chagrins; parlez : qu'avez-vous?
MADAME DE BRIENNE, avcc déscspoir. Il en aime une autre !
OLIVIER, stupéfait. Lui! Poligni!.. On vous a trompée
ce n'est pas possible!
MADAME DE BRIENNE, de même. Il veut l'épouser !..
OLIVIER. L'épouser ! et qui donc ?
MADAME DE BRIENNE. La pupilIc de Dorbcval.
OLIVIER. Hermaiice! qui vous l'a dit?
MADAME DE BRIENNE. Lui-mèmC.
OLIVIER. Rassurez-vous! ce mariage ne se fora pas.
MADAME DE BRIENNE. QuG dites-vous? ct Comment? et qui pourrait l'empêcher?
OLIVIER, avec chaleur. Moi, qui suis votre ami; moi, dont le devoir est de vous consoler, de vous secourir ! moi, qui veux votre bonheur aux déiiens mêmes du mien !
MADAME DE BRIENNE. 01ivi( r!
OLIVIER. Il ne s'agit p:is de moi, mais de vous! i! faut rompre cet hymen, et j'en ai les moyens! Si vous saviez avec quelle légèreté, quelle coquetterie!.. Mais ne restons point dans CCS salons, où la foule va se rendre. Venez, vous s-iurez tout, vous déciderez vous-même , vous parlerez à Poligni ; et, après cela, j'ose le croire , il renoncera à ce mariage.
MADAME DE BRIENNE. 0 le meilleur des amis! que vous êtes bon! que vous êtes généreux!
OLIVIER. Non, je ne suis pas géni'renx, mais je vous aime, je ne vis que par vous, je soulfre d(; vos chagrins , et les adoucir, c'est diminuer les miens! venez, Madame, venez!.. (// rentre avec madame de Brienne dans son appartement.)