SCENE XIII
ALBERTINE, COELIE, DULISTEL, LÉOPOLD.
DULISTEL. Ah! vous voilà. Mademoiselle; arrivez, arrivez, il est question de vous...
coELiE. De moi... eh! comment cela?
LÉOPOLD, vivement, à Dulistel et à voix basse. Silence... Monsieur... pas un mot devant elle de mes projets.
DULISTEL. Eh! pourquoi donc?
LÉOPOLD, avec embarras et regardant toujours Albertine. Pourquoi?., mais c'est que je veux... lui apprendre moimême...
DULISTEL. Vous qui tout à l'heure étiez si pressé... en tout cas vous aurez le temps. [Haut.) Car nous le gardons à dîner... il le faut et pour cause.
cccLiE. Une bonne idée que vous avez là.
DULISTEL. N'est-il pas vrai ? et quant à vous, petite sœur, je vous conseille pour ce soir de vous faire belle , et de ne rien négliger.
cœLiE, étonnée. Moi!., me faire belle!
LÉOPOLD, bas, à Dulistel. Monsieur!., de grâce!
COELIE, /e« regardant tous. Ah çà!.. qu'est-ce qu'il y a donc... à qui fait-on une surprise?., ils ont tous un air gêné et mal à leur aise !.. est-ce que ce serait votre fête?..
DULISTEL. Du tout, cc n'cst pas la mienne!.. {A Léopold.) Je ne dis rien, je dis seulement qu'aujourd'hui tout va bien, tout nous réussit. Et en faveur de bonnes nouvelles, nous voulons qu'on soit gai, n'est-il pas vrai, ma femme? [Albertine qui rêvait, et s' était assise, se lève vivement etclierche à cacher son trouble.) Ah ! mon Dieu ! et Defrène qui doit m'atlendre!.. je vais lui parler; de là, chez Archambaud, mon notaire; vous. Mesdames, à votre toilette... et tantôt, à six heures, rendez-vous dans la salle à manger. [Il entraîne par la porte à droite Léopold, qui voudrait toujours se rapprocher d' Albertine. Celle-ci sort par la porte à gauche avec Cœlie, qui les regarde tous d'un air étonné.)