CHOPARD
Tous les hommes ont leurs manies :
Dans tous les temps, nous le savons, L;i jeunesse lit des folies.
Et la viuill«!<?e des semions :
Entre ces deuv partis coolraire.s J'en prend.'; un plus sage à mon sens : Moi, je laisse diie Is pères, El je laiïsc agir les enfants.
PHiLiBRRT, au public.
|te to» iMiiilég dont on s'honore L« «oHvtnir est toujours cher, Et je crois vous entendre encore Aiiplaudir les Deux Philibert '.
VICTOR ET AMELIE.
Nous ne sommes pas légataires De leur esprit, de leurs talents; Mais, !\Icssieurs, en faveur des pères.
Ne maltraitez pas les enfants.
* Charmante iiièce do M. Picard, donnée avec un trèsgrand succès, au tliéàtre de l'Odéon. Le rède de Philibert le m.unais sujet était joué avec un l;Ueut très-reiivirquablj liar M. Clozel. Cet acteur s'é.tant eng;igé depuis au théâtre du (Jvmnase dramatique, l'ouvrage ([u'on vient de lire fut composé pour ses drlnils et dut sa rcussile à la coiilinu.ttion assez exacte du caractère principal, (pii appartient tout entier à M. Picard.
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MÉMOIRES D'UN COLONEL DE HUSSARDS
MÉMOIRES D'UN COLONEL DE HUSSARDS
COMÉDIE-VAIDKVILLE E> l> ACTE
Représentée, ponr la première fols, à Paris, .sur le théiKrcdii Gyniunsc tlranintlqne, le 9t février 1S99.
ES SOCIETE AVEC M. iULESVlLLB.
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îJersonnngeg,
GUSTAVE DE MONTEMART.
MATHILDE, sa femme.
LÉON , sous-lieutenant.
Le théâtre représente l'intérieur d'une prison, en foi me de tour ronde. Sur le premier plan, à la droite du spectateur, une fenêtre grillée; sur le second plan, la porte d'entrée; au fond, une grande fenêtre d'où l'on peut voir la terrasse ou s 3 promènent les prisonniers; à gauche, sur le premier plan, une porte secrète. Sur le second plan, une lucarne élevée, et grillée, et auprès de la fenêtre du fpnd, une porte qui conduit à la chambre à coucher de Gustave.
SCÈiNE PREMIÈRE.
GUSTAVE, en négligé de prison, assis devant une table et regardatU sa montre. La journée ne finira pas! Cinq heures viennent à peine de sonner à la grande tour, et moi, qui vais bien , j'ai cinq heures trentecinq : ces horloges de prisons, ça retarde toujours! [Il se lève.) Ma foi, c'est une chose assez ennuyeuse que d'être en prison; cela m'a amusé le premier jour, parce qu'un colonel en prison , c'est assez original, mais on se fait à tout... Heureusement me voilà au huitième et dernier jour, ce sera demain que je retournerai àParis;queje reverrai ma femme! Ma jolie petite Mathilde, il y a si longtemps que je ne l'ai embrassée. Allons! allons! encore un peu de patience. [Se promenant.) Mais qu'est-ce que je vais faire d'ici là? Je me suis donné tous les divertissements que comportait ma situation; je me suis méthodiquement promené en long et en large ; j'ai dessiné le plan de la dernière bataille; j'ai chante tous. mes airs d'opéracomique, j'ai pensé à ma femme... 11 fallait bien s'en occuper! Mais à présent à qui vais-jc penser? {S'approchant de la lucarne à gauche.) Qu'est-ce que je vois là de mon belvédère? c'est un uniforme qui c?t à la croisée en face. Comment diable établir une ligne télégraphique ? {Agitant son mouchoir par la croisée.) Il m'a vu , car il répond à mes signes. [Criant.) Bonjour, camarfule ! ça vous va-t-il bien ? [Écoutant comme si on lui répondait.) Ah! vous vous ennuyez! moi, c'est difïérent, je m'amuse beaucoup. [Écoutant.) Qui je suis? Gustave de Montcmart , colonel au sixième de hussards. Et vous? Hein !.. A peine si on entend. Léon, sous-lieutenant. Mais il s'en va... [Quittant la croisée.) Tiens, Léon; eh! nous nous sommes déjà vus... oui, lors de la dernière affaire: un officier de dix-sept ans , qu'on prendrait pour une demoiselle, qui ne boit pas, ne jure jamais, et qui rougit en saluant une dame. Ah ! c'est lui qui est en prison ; à la bonne heure , il commence à se lancer. Ah! le voilà qui revient. [Retournant à la fenêtre et écoutant.) Hein!., vous voudriez me parler? et moi aussi. Attendez, j'aperçois M. Doucct, le geôlier, (|ui se promène dans la cour, la pipe àla bouche. [Criant.) Bonjour, monsieur Doucet! [Écoutant.) Si j'ai été content? oui , le dîner était bon, mais un peu cher. J'ai autre chose à vous demander : voulez-vous que le prisonnier en face vienne me rendre visite? [Écoutant.] Comment, si on nAnitendait ! [Criant de foutes ses forces.) Et ! qui voulez-vous qui m'entende? votre conscience? (.1 part.) Oh bien alors j'y suis. [Tirant ta bourse )
Air du Bouffe et te Tailleur.
Allons, la place va se rendre.
Je sais comment il faut s'y pjvndre Potir la faire caiiitulcr...
Aussitôt qu'on entend parler Un tendron de son innocence.
Un geôlier de sa conscience, C'est qu'ils veulent nous indiquer Les endroits qu'il faut attaquer.
[Lui jetant la bourse.) A vous!., c'est ça; la conscience ne dit plus rien: je savais bien quejela ferais taire. [A Léon.) Camarade, on va vous ouvrir. [Revenant sur le devant du théâtre.) Ma foi, je suis charmé de la rencontre; je ne passerai pas ma soirée lout seul. Et quant à notre jeune sous-lieutenant , je devine pour.iuoi il veut me parler; sans doute pour mu remercier du service que je lui ai rendu dans la dernièi'e aftiire... Je ris encore en y pensant; je le vois, pendant que les balles sifflaient autour de nous , arrangeant sa cravate et les boucles de ses cheveux ! Un instant après, il éfciit au milieu des enuenjis , et au moment du plus grand danger, lorstiu'une vingtaine de sabres le menaçaient... ne voilà-t-ii pas qu'il se baisse pour ramasser un flacon d'eau de Cologne qu'il avait laissé tomber... Eh! le voici. [On entend tirer les verrous de la porte à droite,)