‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 564 sur 783 · SCÈNE XL MATHILDE, entrant par la porte à gauche; LÉON · texte numérisé non relu

SCÈNE XL MATHILDE, entrant par la porte à gauche; LÉON

DUO

Ain de JocoNDE : Àhl Monseigneur, je suis tremblante.

MATHILDE

ieUj (piel moment! mon cœur paliùte :

ComuK'ul cacher mon embarras?

LÉdX.

Dieu, quel moment! mon cœur s'agite, Je n'ose, hélas! faire un seul pas."

EN<:EMnLE.

Dieu, quel moment! mon coeur | ," ., ' ' ' I palpite,

Gomment cacber mon embarras?

MATHILDE

Allons, couragj, Point de rrayciir.

Vengeons l'outrage Fait à mon cœur.

LÉOS.

Allons, courage, PoinV de frayeur.

Tout me présage Le vrai bonheur.

MATHILDE. L'ob.scurité nie favorise, et si je puis con- Infaire ma voix, il ne me reconaailra pas. Étesvous là?

LÉOM. Oui, je vous attendais.

MATHILDE, o part. Comme il est ému! tuil mieux, c'est qu'il pense à moi, et ([u'il a des remords. 'Haut.) Je lais mal en venant ainsi, car je suis sûre que m'Us me trompez.

LKO.N, à part, et inlimidé. Ah ! mon Dieu, elle .>(• doute de quelque cho-sc. Haut.) .Non, .Madame, je n»; vous trompe pas.

MATHILDE, à part. Il veut aussi déguiser sa voix, mais mou cœur l'a reconnu. [Haut.) Eh bien! me vuilà; que voulez-vous me dire?

LÉo.N. Ne le devinez-vous pas î

MATHILDE. iNou, jo veux quo vous m'appreniez VOU.Smôme... vous hésitez. {Lui prenant la main.) Vous avez raison.

LÉOM. Vous croyez que j'ai raison? La jolie main! il me semble que ma fi'ayeur se dissipe; oh! que c'est jolie, une femmel

MATHILDE, à pari. H n'ose parler, s;i main trcmlde dans la mienne ; j'étais bien sùrc qu'il no pourrait se résoudre à me trahir; voyons encore. [Haut.) Eh bien, mon auii...

LÉON. Mon ami! Que ce nom-là est doux! jamais on ne m'appela ainsi. {S' encourageant.) Oui, c'est le moment ; souveiions-nous des leçons du colonel. Haut.) Eh bien! oui, Madame; oui, je crois que je vous aime.

MATHILDE. Vous m'aimcz?

LÉON. Ah! ne vous fâchez pas.

MATHILDE, retirant sa main. Le perfide!

Air : Ce que j'éprouve en vous voyant.

Après cette trahison-là, Non, je ne veux plus lui répondre; Et je veux voir, pour le conlondre.

Jusqu'à quel point il m'outiliiTa.

LEO!», lui reprenant la main.

Rendez-moi cette main si chère...

Mais à pciue elle se défend, {bis.) Du courage! de moi, j'ospère, Le colonel sera content.

DEUXIÈME COUPLET

Oui, mou cœur bat en ce moment De crainte ainsi que d'espcranoo ; {.ipercevant l'anneau qui est au doigt de Malhild" ) Gaure d'amuur et de constance.

Laissez-moi cet anneau chariuaiil.

{A part.) .\ mes vœux loin d'être conUaire, Elle se tait... elle y consent.

{Mettant l'anneau à son doigt.) Eh mais! vraiment, elle y consent.

Du courage! de moi. j'espère, Le colonei sera content.

(// baise la main de Matlmlde, -H dit à part :)

MÉMOIRES D'UN COLONEL DE HUSSARDS

Allons, miintrons-nous digne de notre maifre... Chautrk IV. [On entend à la porte à gauche le bruit des verrous que l'on tire.)

.MATiiii.i)E, s'enfuyant et rentrant par la porte secrète. Qui peut venir? fuyons.

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