SCÈNE XL MATHILDE, entrant par la porte à gauche; LÉON
DUO
Ain de JocoNDE : Àhl Monseigneur, je suis tremblante.
MATHILDE
ieUj (piel moment! mon cœur paliùte :
ComuK'ul cacher mon embarras?
LÉdX.
Dieu, quel moment! mon cœur s'agite, Je n'ose, hélas! faire un seul pas."
EN<:EMnLE.
Dieu, quel moment! mon coeur | ," ., ' ' ' I palpite,
Gomment cacber mon embarras?
MATHILDE
Allons, couragj, Point de rrayciir.
Vengeons l'outrage Fait à mon cœur.
LÉOS.
Allons, courage, PoinV de frayeur.
Tout me présage Le vrai bonheur.
MATHILDE. L'ob.scurité nie favorise, et si je puis con- Infaire ma voix, il ne me reconaailra pas. Étesvous là?
LÉOM. Oui, je vous attendais.
MATHILDE, o part. Comme il est ému! tuil mieux, c'est qu'il pense à moi, et ([u'il a des remords. 'Haut.) Je lais mal en venant ainsi, car je suis sûre que m'Us me trompez.
LKO.N, à part, et inlimidé. Ah ! mon Dieu, elle .>(• doute de quelque cho-sc. Haut.) .Non, .Madame, je n»; vous trompe pas.
MATHILDE, à part. Il veut aussi déguiser sa voix, mais mou cœur l'a reconnu. [Haut.) Eh bien! me vuilà; que voulez-vous me dire?
LÉo.N. Ne le devinez-vous pas î
MATHILDE. iNou, jo veux quo vous m'appreniez VOU.Smôme... vous hésitez. {Lui prenant la main.) Vous avez raison.
LÉOM. Vous croyez que j'ai raison? La jolie main! il me semble que ma fi'ayeur se dissipe; oh! que c'est jolie, une femmel
MATHILDE, à pari. H n'ose parler, s;i main trcmlde dans la mienne ; j'étais bien sùrc qu'il no pourrait se résoudre à me trahir; voyons encore. [Haut.) Eh bien, mon auii...
LÉON. Mon ami! Que ce nom-là est doux! jamais on ne m'appela ainsi. {S' encourageant.) Oui, c'est le moment ; souveiions-nous des leçons du colonel. Haut.) Eh bien! oui, Madame; oui, je crois que je vous aime.
MATHILDE. Vous m'aimcz?
LÉON. Ah! ne vous fâchez pas.
MATHILDE, retirant sa main. Le perfide!
Air : Ce que j'éprouve en vous voyant.
Après cette trahison-là, Non, je ne veux plus lui répondre; Et je veux voir, pour le conlondre.
Jusqu'à quel point il m'outiliiTa.
LEO!», lui reprenant la main.
Rendez-moi cette main si chère...
Mais à pciue elle se défend, {bis.) Du courage! de moi, j'ospère, Le colonel sera content.
DEUXIÈME COUPLET
Oui, mou cœur bat en ce moment De crainte ainsi que d'espcranoo ; {.ipercevant l'anneau qui est au doigt de Malhild" ) Gaure d'amuur et de constance.
Laissez-moi cet anneau chariuaiil.
{A part.) .\ mes vœux loin d'être conUaire, Elle se tait... elle y consent.
{Mettant l'anneau à son doigt.) Eh mais! vraiment, elle y consent.
Du courage! de moi. j'espère, Le colonei sera content.
(// baise la main de Matlmlde, -H dit à part :)
MÉMOIRES D'UN COLONEL DE HUSSARDS
Allons, miintrons-nous digne de notre maifre... Chautrk IV. [On entend à la porte à gauche le bruit des verrous que l'on tire.)
.MATiiii.i)E, s'enfuyant et rentrant par la porte secrète. Qui peut venir? fuyons.