‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 589 sur 783 · DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE

CAr«LO BROSCIll

AV[S DES lUHTEERS.

Il est pirmi nos premiers (écrivains bien peu de noms aussi populaires que celui de iM, Scribe. Depuis plus de trente ans, il a été le principal représentant de l'art théâtral; son nom semble immédiatement lié à celui de la scène française. Des vaudevilles, qui ne semblaient pas avant lui des œuvres de haute imiiorfauce littéraire, lui avaient déjà ouvert les portes de l'Académie lors(pie des

comédies, représentées an premier théâtre, l'ont placé au rang le plus élevé des auteurs dramaliqui's. Le talent de M. Scribe, éminemment Irançais par l'esprit joint au sentiment, a eu cela de remarquable que, tenant essentiellement au caractère de notre nation, en représentant les délicaî.ssi's de caractère les plus exquises, il a été cepciidaiit coniui, apprécié et reçu avec le même enthousiasme

1 AC.ÎÎY - liMir

VliLir el C\i.

AVIS DKS ÉDITEURS.

dans Ions les autres pays do l'iMiropc; ces pièces^ depuis leur apparition^ sont eujiossession de cliarmer le public d'élite dans les cours et les villes étrangères depuis Londres et Madrid jusqu'à Saint- Pétershoiu'g.

Ce succès universel est certainement dû aux études profondes qui, dans ces (JKuvres, se cachent sous les formes les plus légères. La nature humaine est partout la même, et on trouve dans les scènes de ces nombreuses comédies une aiiaivse aussi Une que savante des sentiments ou des passions.

La littérature est un miroir où le monde aime pardessus tout à voir représenter fidèlemi'nt son image. Ce que M. de Balzac a fait dans les romans, ÏNI. Scribe l'a fait sur la scène; il y a une même vérité de caractère, une même habileté de développements philosophiques, et cette lumière répandue sur les moindres impressions, grâce à laquelle lecteurs et spectateurs se sentent révélés à eux-mêmes.

Mais après cette[similitude, M. Scribe a sur untre grand romancier un remarquable avantage.

Ses œuvres peuvent être lues partout et de tout le monde ; le sens moral qui y domine les i);iirûnô d'une manière toute -puissante. Les sentiments d'honneur et de vertu dont elles sont empreintes, les font apprécier parles chefe de famille de toutes les classes qui tiennent à conserver la pureté de leur intérieur domestique; et jamais un mot ou une situation hasardés ne peut les faire retiier même des mains des plus jeunes filles.

En dehors du théâtre, M. Scribe a publié desno- 3IANS, des NOUVELLES, desPROTEi'.BEsqui cusscntsulli à lui faire un beau nom comme romancier s'ils ne lussent pas sortis d'une plume à la réputation de laquelle on ne pouvait guère ajouter. Aux yeux du public, les romans de cet écrivain se perdent souvent dans sa grande célébrité théâtrale : mais pour celui qui lit leurs pages avec entraînement, et les mt'dilcaxi'i ;ilh'iilii)ii, ces livres se [)lacenl à un jin'-

mier rang dans le genre au^piel ilsaj^arlii-nnent.

Cependant, malgré' leur immense iKipnlarité, ces romans et même ces pièces si sonvimt ailmirées sur la scène, sont encore peu répandus en volumes, et ne comptent qu'un nombre restreint de lecteurs.

C'est qu'en effet jusqu'ici IcsŒuvres de .>L Scribe n'ont été publiées (ju'à un prix tellement élevé que peu de personnes pouvaient y atteindre.

Nous pensons donc que là, pins que partout ailleurs, il manque une édition, à la fois élé'gaute comme l'esprit de l'ingénieux auteur et accessible à tout le monde.

En France, où les dépenses de luxe sont excessives, où des sommes énormes sont prodiguées tous les jours pour la parure, les équipages et la table, on ne fait généralement aucun frais pour les bibliothèques; les plus riches habitations en sont souvent dépourvues. Par une de ces contradictions si fréquentes dans la nature humaioe, la Franc.}, la terre la ])lus lettrée de l'Europe, est celle où on achète le moins de livres.

En publiant une édition des Œuvres de M. Scribe à un prix beaucoup plus restreint , nous croyons donc offrir au public une heureuse occasion de connaître davantage un des écrivains le plus digne de l'être, et en même temps nous adresser à toutes les classes, puisque les unes et les autres ne sauraient affecter beaucoup d'argent aux œuvres les plus précieuses de la littérature.

Dds vignettes dues à nos meilleurs artistes, comme dessinateurs et comme graveurs, et dont nous surveillerons avec le plus grand soin le choix et l'exécution, riihausscront cette publicati< n. Nous ne pensons pas qu'aucun ornement puisse rien ajouter au mérite de l'ouvrage, mais du moins nous ne voulons rien négliger pour en rendre l'aspect et la lecture plus agréables.

Cette édition est la seule complète jusqu'à nos

Œuvres Coni|ilèlc$

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