‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 672 sur 783 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ALBERT, ANTOMA, CORINNE.

ANTONIA. à part. S'il était vrai!., une telle indignité...

CORINNE, s'approchant d'elle. Eh bien!., tu as entendu mon père...

ANTONIA, Vivement. Non, ce n'est pas possible!.... lont me l'altesie, et d'ailleurs, je me suis engigée de moi-même, j'ai donné librement ma parole à .\L de Marignan'... et à moins qu'il ne me lareiide...

CORINNE. Quoi!., si la rupture venait de lui...

ALBERT, vivement et voyant (c geste affirmatif d' Antonia. Je n'en demande pas davantage.

ANTONIA, effrayée. 0 ciel! que voulez-vous faire?

ALBERT. Ce soir vous serez libre ou je ne serai pas témoin de votre mariage... car sa vie ou la mienne...

ANTONIA, hors d'elle-même. Et moi je vous défends un éclat qui nous perdrait. Il faut que, sans se brouiller avec mon frère, M. de Marignan renonce de luimême...

CORINNE. A ce mariage?

.\LBERT. C'est impossible!

CORINNE. Etpourquoi donc?., il s'agit de chercher... de trouver, c'i>st de l'imagination cela me regarde. . .

ALBERT, vivement. Et vous espérez inventer...

CORINNE. Certainement !

ALBERT. Un moyiMi neuf?

CORINNE. Non pas! le neuf est dangereux... mais avec du commun on est toujours sûr de réussir! et si je cotmais M. de Marignan, de toutes tes virtus, celle en qui il a le plus de confiance, c'est ta dot... et si l'on |iouvail lui inspirer le moindre doute sur cette vertu-là...

ALBERT. Est-ce quc cela se peut 1

ANTONIA. Avec lui qui est si adroit!

CORLNNE. Sans cela, où serait le mérite?., mais sois

LE PUFF

bien persuadée que si tu avais, j'ignore commcnl, le bonlieur de pi rdre tout ou partie du miilinn qui rehausse tes charmes... les idées de M. de Marignan se trouveraient soudain modifiées... ou changi''es; c'est de tous les temps... c'est le dénoùmcnt des Femmes savantes, celsi me va à moi.,, femme de lettres!

ANTOMA. Par malheur, M. de Marignan n'est pas un trissotin.

. CORINNE. Extérieurement, non. La forme change! Les trissotins de nos jours ont plus de savoir-faire, plus de tenue, plus d'importatice... ils sont éligihles, tiu mieux encore!., mais c'est la môme famille... cela no nous regarde pas... je ne songe qu'à umn plan!., laissez-moi tous deux!.. [A Albert.) D'ailleurs... je vous verrai ce soir... à ce dîner, ., [A Antonia.) oh il est invité.

Ai-BERT. Et que je refuse.

CORINNE. Non, vi'aiment...

ANTOMA. Elle a raison... Je vous prie. Monsieur, de iK-rien faire... (pii puisse donner à penser ou attirer l'attention...

CORINNE, fl demi-voix. Oui, oui... et puis elle désire que vous y veniez, vous le voyez bien?

ALBERT, vivement. Ah ! s'il est vrai !

c.OR\yTir., lui montrant Antonia qui baisse les yeux. C'est sûr... partez!

ALBERT. Et la veuve de mon général... Ah! vous me feriez tout oublier...

CORINNE, saluant de la main Antonia qui sort par la porte a yauche et Albert qui sort par le fond. Adieu ! adieu! .

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