DE CHAMBRE
[Au lever du rideau Pauline est debout, en grande toilette de mariée, devant une glace- la corb''ille de mariage est sur une table près d'elle ; les femmes de chambre achèvent de la coiffer; M. de Rostanges, assis de l'autre côté, tient un écrin qu'il admire ; la petite Jenny arrange la ceinture de sa sœur, déploie le cachemire, etc.)
M. DE ROSTANGES, l'écrîn à la main. Eh bien! vous ne mettez pas le collier de diamants?
JENNY. Mais du tout, mon papa, les diamants, c'est pour le jour de la noce ; pour la signature du contrat, il ne faut qu'une demi-toilette.
M. DE ROSTANGES. Ah ! mon Dieu ! que de choses l'on a à faire le jour de la signature d'un contrat.
Air : Tenez, moi je suis un bon homme. Il faut penser à la corbeille, Il faut penser à son écrin,
A la toilette de la veille.
Puis à celle du lendemain!
Penser au bal de la journée; A peine enfin, moi, j'en suis sur, Trouve-t-on dans la matinée Le temps de penser au futur.
L>E FEMME DE CHAMBRE, qui rentre. Le notaii-(> de la ville voisine, que vous avez fait demander, vient d'arriver au château.
PAULINE, troublée. Ah! mon Dieu! le notaire, déjà!
M. DE R0ST.\NGES. 11 attendra. Le futur, M. Legrand, n'est pas encore descendu.
JENNY, tenant un bouquet. Et le bouquet de la mariée n'est pas attaché.
M. DE ROSTANGES. Qu'il attende.
JENNY, regardant le bouquet et l'attachant à sa swur. Oui, qu'il attende! Ah! les belles fleurs! que c'est joli de se marier, et que je voudrais être raînce. Je ne sais pas pourquoi ma sœur est si triste et si chagrine ; il est vrai ([ue toutes les mariées sont d'abord comme cela! peut-être que les mamans le recommandent ; car je ne sais pas ce que la mienne a dit ce matin à ma sœur.
M. DE ROSTANGES, à Jcnnij. Ail cà! Jenny, finiras-tu
LA PETITE SœUT?.
tt s bavardages. Eh! j'enlcnds notre ami, et Pauline n'(!?t pas prête.