‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 704 sur 783 · JENNY · texte numérisé non relu

JENNY

Mais voyez donc quelle grande perte.

LEON

Me voilà vraiment tout interdit !

Si n'étant qu'amant surnuméraire^

Telle est déjà ma timidité,

Grands dieux! que devenir et que faire.

Si j'obtenais de l'activité?

Aussi, je suis bien bon; avec une petite fille!..

JEMSY. Une petite fille!

LÉON. Oui, une petite fille, qui est bien heureuse de ni'avoir; car, sans moi, vous n'auriez pas d'amoureux.

JEN.NY, piquée. Ah! je n'en aurais pas; eh bien ! c'est ce qui vous trompe. Monsieur; j'en ai un tout nouveau, d'hier, au bal champêtre; et un bel officier...

LÉON, ému. Comment! Mademoiselle?

JENNY. Ecoutez, Léon; vous ne m'en voudrez pas; moi, ce n'est pas ma faute. 11 était auprès de la femme du notaire, madame Guicliard, qui est si co-

quette; mais, dès qu'il m'a entendu nommer, comment! s'est-il écrié, mademniscjle de Roslanges!.. il s'est approché, et puis il m'a parlé de mon père, de ma sœur; combien il désirait être iircsentéchez nous... Vous comprenez ce que cela veut dire.

Air : Vos maris en Palestine., Depuis hier de ma mémoire Rien ne peut le détacher.

Mais au moins n'allez pas croire Que ce soit j)our vous fàdier!

Oui, si sa grâce est extrême.

Vous êtes fort bien aussi.

Et j'en conviens, aujourd'hui,

(Avec tendresse.) Vous seriez celui (pie j"aime...

LÉON, parlant, et vivement. Serait-il vrai!

JENNY, finissant l'air.

Si vous étiez comme lui.

LÉON. C'est-à-dire que c'est lui que vous aimez? Eh bien ! Mademoiselle, c'est affreux ! et je le dirai à votre papa; après ce que nous nous étions promis... d'ail-

LA PETITE SŒLR.

leurs, il viendra peut-être au château, ce beau monsieur; si je le rencontre...

JEN>Y. Léon, je vous prie de ne pas faire d'extravagance.

LÉON. Oh! nous verrons! je porte aussi runifornii-, et entre militaires... hein! qu'est-ce qui vient là? quel est ce monsieur en noir?

Jt>NV, à part. Je ne me trompe pas, c'est lui-même! J'étais bien sûre c|u'il chercherait à me revoir. [Cachant sa tête dans ses mains.) Ah ! mon Dieu ! mon Dieu ! ils vont se battre î

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