SCENE VIL Les précédents, ADOLPHE
ADOLPHE. Mes amis, pourriez-vous m'indiqucr...
LÉON, s'avançant. (^wc vois-je ?
ADOLPHE. Léon !
LÉuN, se jetant dans ses bras. C'est vous, mon cher...
ADOLPHE, bas. Chut ! ne me nomme pas, je t'en conjure.
JENNY. très-étonnée. Comment! ils s'embrassent à présent! qu'csl-cc que cela veut dire?
ADOLPHE, à Jenny. Pardon, Mademoiselle, de m'èlre présenté aussi brusquement ; mais mon empressement... [Bas, à Léon.) Tâche donc d'éloigner cette petite; il faut absolument que je te parle.
JENNY. Monsieur, certainement, nous sommes trèsflatlés... [Bas, à Léon ) Conuucnt ! vous ne vous disl)ut(z pas?., mais c'est lui... c'est lui, vous dis-je.
LÉON. C'est bon. Mademoiselle, je ne me bats pas pour ces raisères-là; et vous oubliez d'ailleurs que vntre papa vous attend.
JENNY. On y va, Monsieur, on v va. (A part.) Comme il me regarde; c'est sur, c'est pour moi qu'il est venu ! [A Léon.) et peut-on savoir quel est Monsieur?
LÉON. Oh! c'est!..
ADOLPHE. Le notaire... que vous attendez.
LÉON, étonné, et contenu par un geste d'Adolphe. Le notaire!
.lENNY. Comment! le notaire... le vieux M. Guichard...
ADOLPHE. C'est-à-dire, l'un des notaires, le collègue de M. Guichard, qui m'a même confié des papiers, et si vous aviez la bonté de prévenir...
JENNY, le regardant. Tout de suite, Monsieur, tout de suite; c'est drôle, moi j avais idée que Monsieur était militaire; il me semble même que ça allait mieux à sa figure. [A part.) C'est qu'il est très-bien, ce jeune homme ! [Haut.) C'est égal. Monsieur; notaire, c'est un fort bel état; et puis on peut acheter une étude à Paris!..
LÉON, qui cause bas avec Adolphe. Mais allez donc, ma cousiuL', vous voyez que Monsieur est pressé.
JENNY. les regardant.. J'y vais, j'y vais, mon cousin, j'y vais. [A part.) Je vois ce que c'est : Léon a peur de lui, et puis il y a encore (juelque mystère làdessous; mais celui-ci je le saurai. [Faisant la réLk-rence.) Je vais vous annoncer, Monsieur... [Au milieu de sa révérence, Léon la pousse .]y]ii\s, Unissez donc, Monsieur, vous me l'avez fait manquer. [Elle la recommence et sort.)